Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Bruno Avoledo

Giova, je me nomme. Fils d’immigré italien, je suis un homme aujourd’hui, âgé de 66 ans.
Rendu au terme d’une vie socioprofessionnelle particulièrement intense, quelque peu usé par des pratiques socio-éducatives exercées (durant plus d’une vingtaine d’années) auprès de jeunes de cités dites sensibles, j’aspire aujourd’hui à retrouver un cadre relativement pacifié, au sein duquel j’aurais plaisir à renouer avec l’Amitié.
J’aime en effet, disserter sur ces choses que l’on se dit, que l’on voie, que l’on entend, que l’on regarde ensemble. Conséquemment, j’aime parler pour ce faire une idée, pour comprendre comment va ce monde.
*Dans mes « deux pièces et demie » que je nomme familièrement « ma Tanière », se trouvent mes livres, ma table d’écriture, mon « atelier ordinateur ». C’est en cet espace quelque peu réduit, que d’aucun jugerait à l’étroit du monde que se trainent mes réflexions, mes hantises de partir un jour…sans avoir su donner une cohérence aux utopies de ma jeunesse : Ce quelque chose à horizon vague, évasif, plein de ces sentiments magiques et inaboutis qui flottaient parfois à la frontière de mon imagination associant, vie amoureuse et intellectuelle ; au respect de mes origines.
*Alors, au plus profond de ma solitude, _ afin de ne point me laisser envahir par des pensées sur l’absurdité de la vie_ je me suis autorisé à aborder l’écrire de mon roman autobiographique.
Voila maintenant plus d’une dizaine d’années que je gamberge sur le projet de signifier mon existence par l’écriture de mon parcours de vie.
Je sais combien il est parfois difficile de revenir dans le passé et, on ne garde pas toujours les archives de son patrimoine socio-culturel .Témoins inexorables du temps qui passe, les lettres, les photos contribuent à sceller l’histoire de nos vies.
Se réconcilier avec son histoire voilà la gageüre, se bricoler une image, être fidèle à ses origines même les plus troubles. Sans doute est-ce avec tout cela que se fabrique le récit à la fois singulier et universel d’un parcours de vie ?
Si de mes années d’école je n’ai rien appris, les Livres à l’instar de l’Amitié, ont remplis ma vie. Lieux de recherche de la réalité, j’ai placé au travers de mes lectures les marques profondément ancrées des apprentissages multiples de mon vécu.
Aussi, l’empreinte des livres sur mon imaginaire, sur mes désirs, mes valeurs, ma sexualité, me parait-elle immense. Comment traduire alors, la respiration de mes sentiments ?


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