Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Céleste

Elle a commencé à écrire après la naissance de sa petite soeur, à l’âge de sept ans, pour garder la trace des contes qu’elle inventait pour la distraire. A l’époque, elle pensait que les histoires aidaient les personnes à s’évader de ce qu’elle ressentait déjà comme un monde angoissant. Lorsqu’on lui demandait ce qu’elle voulait faire plus tard, elle répondait écrivain, ou dragonologue. Sa mère répliqua que ce n’étaient pas des métiers. A l’adolescence, elle s’orienta vers le journalisme. Elle s’imaginait qu’il fallait écrire pour dire des choses "importantes". Aujourd’hui sa conception de l’écriture a bien changé.


Récits

le Patronyme  

Avoir plusieurs noms et plusieurs parents.

J’ai vingt ans, et déjà trois noms de famille.

Publication : 22 juillet 2015

Durée de lecture : 9 mn

Nombre de mots : 1800

Le patron, c’était elle  

Fonder un magasin de décoration.

On a souvent une fenêtre ouverte sur la vie des gens lorsqu’on leur vend des meubles : on a un pied dans leur foyer, leur intimité.

Publication : 7 octobre 2015

Durée de lecture : 13 mn

Nombre de mots : 2610

Bibliothèque


Ses derniers commentaires

  • A la fois attendrissant et révoltant.La citation est très bien choisie.

  • Une approche très poétique d’une expérience qui l’est moins.

  • Un récit lucide et touchant qui éclaire les pratiques d’une génération et de celles à venir.

  • Un très beau récit pour un très beau métier. Beaucoup d’étudiants en lettres et de jeunes diplômés dans mon entourage envisage de se reconvertir dans des métiers manuels. Je ne suis pas certaine qu’ils trouveront la reconnaissance qui leur fait défaut dans leur secteur d’étude peu gratifiant puisque, pour beaucoup de monde, "écrire" n’est pas "faire" ni "construire". Un grand nombre de personnes n’accordent de valeur qu’à ce qui est matériellement palpable et, puisqu’ils ne peuvent pas toucher les heures passées à la création et à l’entretien d’un site, à la correction ou à la traduction d’un texte, à la recherche et la mise en forme d’informations pour un article. A l’inverse, certains "intellectuels" demeurent persuadés qu’user son corps ne demande pas d’user son esprit, et que la fatigue physique, qu’ils appellent entre eux la "bonne fatigue", et préférable à la fatigue morale. Le constat que vous faites dans votre corps de métier est le même partout. Grâce à votre témoignage et à ceux des autres bénéficiaires du site, peut-être arriverons nous un jour à estimer le travail de chacun pour ce qu’il est et ce qu’il requiert en savoir-faire.

    Merci.

  • C’est vrai, cet aspect m’était complètement sorti de la tête ! Peut-être aurais-je la chance de lire la version complète de votre récit un jour.
    Merci encore pour votre témoignage.

  • Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’est votre métier. Tout est très bien tourné et illustré, et on comprend parfaitement où vous voulez en venir. Je regrette un peu que vous n’ayez pas ponctué votre récit d’anecdotes "amusantes", qui auraient rendu votre texte un peu plus fluide dans la mesure où, même si on sent bien que vous vous êtes efforcé de vulgariser, reste technique.
    Je vous remercie de m’avoir fait découvrir votre travail,
    et je vous souhaite bon courage.

  • Ca ne me dérangerait pas d’acheter 80 pages d’anecdotes grinçantes, cinglantes et rugissantes comme celles-ci. J’en achèterais même volontiers plusieurs exemplaires pour les distribuer à la sortie des fastfood (pas à l’entrée, j’aurais trop peur qu’ils se torchent les mains et la bouche avec...). Belle écriture : j’ai ris devant la bêtise humaine.

  • "le campus des berges du Rhône se mérite" ah, ça, c’est peu dire, mais je ne vais pas mentir : j’ai beaucoup aimé Bron, ce campus ouvert, plein d’espaces verts et d’initiatives, et j’ai aimé toutes ses défaillances qui remplissent désormais mes souvenirs.

    "il n’y a pas que dans ma famille que les lettres sont reléguées au sous-sol"
    Dans le fond, je me dis que les littéraires sont les seuls à pouvoir supporter d’étudier dans les caves et les greniers dans la mesure où nous avons l’imaginaire pétrie de ce genre de décors légèrement occultes.

  • Je suis tombée amoureuse d’une phrase de votre court récit : "Un petit brouillon d’être vivant".
    Je suis passée par une hypokhâgne et je crois comprendre et partager ce que vous éprouvez.
    Bravo, pour votre récit et pour vos choix.