Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Cinq semaines déjà !

par Pierre Rosanvallon , 10 février 2014 - Permalien : http://rlv.cc/a153

Cela fait maintenant cinq semaines que les premiers livres de Raconter la vie sont en librairie et que le site est ouvert. Il est bien sûr prématuré de faire un premier bilan. Mais on peut noter trois choses :

1) Les 60 récits postés sur le site ont été amplement commentés. La surprise a été de voir le caractère constructif et substantiel de ces commentaires. Tout le monde nous avait dit : "Vous verrez, internet, c’est le grand défouloir et le grand dépotoir." Cela n’a pas été le cas. Il y a même eu des propositions d’entraide qui ont été formulées. Cela prouve que lorsqu’on respecte l’internaute, avec un contenu d’une forte authenticité, nourri d’un fond de réalité vécue, cela suscite un autre style de réaction. Ce "cercle vertueux" des commentaires de Raconter la vie est encourageant.

2) Surprise positive aussi de voir le bon accueil reçu par le projet du côté des romanciers. Annie Ernaux que nous publierons fin mars s’est dite enthousiasmée par les premiers livres. Et Rachid Santaki, François Bégaudeau, Maylis de Kerangal signeront bientôt de nouveaux titres.

3) Autre fait intéressant : beaucoup d’associations, de municipalités et même des conseils généraux nous ont contactés pour prolonger dans le cadre de leurs activités la démarche de Raconter la vie. C’est très positif. La tâche à accomplir est énorme et il faut dont qu’elle fasse des petits. Notre tumblr "Parallèles" a commencé à se faire l’écho de ces multiples initiatives. C’est une façon d’élargir notre communauté.

En ces temps de déprime, Raconter la vie est une expérience qui montre que l’on peut faire des choses positives.

  • Bonsoir,

    J’aimerai savoir si vous allez publier un volume avec les récits du net, une sorte de volume regroupant par thème, les récits.
    Je suis adepte des livres papiers forcément et ... Lire sur le net j’aime bien, mais je préfère le papier.
    Une collection de livre que je lis et relis et relis. J’y découvre des tonnes d’arguments qui réparent dans cette société malade.
    En fait, je me suis dit aussi que votre initiative était une sorte de principe actif qui agit comme un médicament sur des symptômes déclarés.
    Aux personnes qui lisent et veulent que cela changent de réagir par osmose pour réparer cette société humaine qui n’en finit pas de souffrir.

    Merci de votre réponse,
    Bien à vous,
    Sandrine.


  • Bonsoir,

    Alors que le site vient de passer la barre des 100 récits publiés, je m’interroge parfois sur l’atteinte des objectifs que vous avez assignés à "raconter la vie". Je précise d’abord que je souscrit complètement à la volonté de faire émerger cette démocratie narrative des invisibles. Pour autant, au fil des lectures et du temps, je me demande si l’on ne s’éloigne pas un peu de cet objectif. En effet, en quoi la douleur d’un deuil ou celle d’une agression nous parlent-t-elles de notre époque ? n’est-ce pas universel au sens où cela ne caractérise pas notre société contemporaine ? Loin de moi l’idée de vouloir hiérarchiser les sujets ou de porter un jugement sur l’expérience relatée par certains auteurs ou encore moins sur leur style. Le principe d’un récit de tous par tous doit demeurer. Pour autant je me demande si le "tamis" éditorial ne devrait pas être resserré, ou alors ce sont peut-être les lectures transversales, comme en coupe, qu’il faudrait multiplier.
    Peut-être suis-je impatient que cette initiative fasse sens... Je vous remercie, quoi qu’il en soit, de l’avoir prise.
    Cordialement,
    Jérôme


  • Jérôme,
    Si Raconter la vie s’est effectivement donné des objectifs -faire comprendre des conditions et des situations caractéristiques de la société contemporaine, donner la parole à des individus largement invisibles des débats publics-, ceux-ci évoluent au rythme de la vie du site et des récits qui nous sont envoyés. Nous avons souhaité accueillir largement, et n’avons donc pas refusé des textes qui auraient pu sembler à certains lecteurs excessivement biographiques ou psychologiques -mais vous reconnaîtrez que la situation la plus singulière est aussi celle qui a le plus grand potentiel de généralisation.
    Le site a l’ambition d’être le lieu de dépôt d’un bien public que chacun puisse se réapproprier. Pour que les livres de la bibliothèque qui est en train de se composer restent lisibles, il nous a aussi semblé nécessaire de fournir régulièrement des coups d’éclairage. Chaque mois un lecteur invité propose donc sa lecture des récits du mois écoulé, partage avec la communauté des membres les connaissances qu’il en a tirées et le sentiment que ceux-ci lui inspirent -au mois de janvier, ce fut Sébastien Balibar, ce mois-ci, l’historien Nicolas Delalande livre son sentiment de lecteur et de chercheur en sciences sociales.



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