Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Marie Renoult

Récits de voyages, histoires de vie en France, en Espagne.
http://belenchroniques.canalblog.com


Récits

J’attends vos démissions  

Soutenir une collègue insultée et défendre son poste peut coûter cher.

Nous connaissons tous la perversité du bonhomme, je ne m’attendais pas à ce qu’il s’attaque à sa secrétaire, fragilisée par sa maladie.

Publication : 10 mars 2014

Durée de lecture : 11 mn

Nombre de mots : 2320

Les coulisses de la politique  

Une chargée de communication nous raconte les coulisses d’une élection municipale.

Il faudra rédiger ses discours et donner l’impression qu’il en est l’auteur. Il prend depuis peu des cours d’expression corporelle et de diction. Je te transmettrai les diverses informations qui forgeront les allocutions que tu rédigeras.

Publication : 27 mars 2014

Durée de lecture : 11 mn

Nombre de mots : 2260

Femme de pouvoir  

Le passé d’une femme devenue impitoyable.

Odile avait intégré la société quatre mois auparavant à un poste de dirigeante. Son embauche avait suscité quelques remous dans le milieu du transport.

Publication : 6 mai 2014

Durée de lecture : 9 mn

Nombre de mots : 1900

L’exil  

Naître et grandir en Normandie, en étant fille d’Espagnols qui ont fui le Franquisme. Trouver sa place et s’intégrer, en portant le poids de l’exil et en cultivant la diversité.

À cette époque, j’ai eu une grande famille d’adoption, celle des exilés. La mienne, ou ce qu’il en advenait, était restée en Espagne. Je ne parlais qu’une langue, l’espagnol.

Publication : 10 avril 2014

Durée de lecture : 9 mn

Nombre de mots : 1990

Bibliothèque


Ses derniers commentaires

  • Merci pour vos commentaires.
    J’ai rencontré des personnes similaires, au personnage du récit, dans les divers secteurs professionnels où j’ai travaillé. Ce qui m’a marqué dans ces profils, c’est leur absence totale de culpabilité. Les actes posés étaient portés et conditionnés par leur mission. Le système leur permettait d’accomplir leurs fonctions, de les justifier et de les légaliser. A aucun moment, la compassion, l’humanité n’interféraient dans leurs choix. L’action se présentait, il fallait la finaliser, quel que soit le prix à payer.
    D’ailleurs, avec le recul, tous se moquaient des conséquences. Ce qui importait, était la réalisation de ce qui devait être accompli. Leur efficacité les comblait et la reconnaissance de leur direction était leur moteur.
    J’avais rêvé d’un autre monde professionnel. Malheureusement, je garde le goût amer de celui que j’ai connu ces dernières années.
    Je suis retraitée depuis peu, et je revis....

  • Bonjour,
    Très beau texte sur la vie simple d’une personne discrète, et sa finalité.
    Un questionnement sur les êtres qui se sont éloignés, puis haïs pour enfin s’ignorer.
    Continuez à écrire.

  • Bonjour,
    J’ai aimé votre récit car si on peut le percevoir comme léger, par l’écriture, il y a une profondeur.
    Cette profondeur me semble liée à des questionnements et à ce CDD qui fait obstacle à tout projet.
    Vous vous ouvrez sur tout ce que vous aimez ou n’aimez pas et je pense comme vous que "l’amour, il est quelque part. Entre un tas de poussières et une chasse au trésor."
    Accrochez-vous et continuez à écrire.

  • Merci pour vos deux commentaires.
    Ils m’incitent à poursuivre l’écriture sur la diversité, l’ouverture aux autres et la tolérance.
    Ce sont des valeurs auxquelles je suis attachée.
    Cordialement.
    Marie RENOULT

  • Une lucidité à laquelle vient s’ajouter une prise de conscience qui vous mène vers une nouvelle étape de vie.
    "Faire de sa vie un rêve et de son rêve une réalité", vous l’avez vu cette phrase,elle était sous vos yeux, et vous avez eu raison de vous l’approprier. Comme vous le dites si bien "Vous pouvez guérir de la médecine" et cela vous a certainement aidée à franchir le pas.
    Merci pour votre récit.
    Marie

  • J’ai apprécié votre récit et les questionnements qui sont d’actualité. Les jeunes générations seraient-elles indifférentes aux combats passés et aux situations des ouvriers dans les pays où notre société consomme. Pour clore l’amorce de cet échange "Ils doivent y aller". Vous les avez dérangé, leurs préoccupations se situent sur un autre registre.
    Je souhaite que votre intervention fasse son chemin, modestement mais réellement.
    Et cette citation « L’humanité n’existe point encore ou elle existe à peine », superbe phrase quand on se trouve confronté à un simple point de vue que je crois juste comme vous.
    Amicalement.
    Marie

  • Un beau texte, une écriture riche de réflexions sur le sens de la vie, la génération d’après-guerre, tout ce qui aurait pu être et n’a pas été, enfin les multiples questionnements sur un parcours. Vous êtes lucide et ne vous épargnez pas, peut-être une recherche de perfection, je crois connaître. Ce terme : "d’exister contre soi-même", non vous n’êtes pas invisible et vos textes vous mettent dans la lumière. Continuez à écrire, c’est un plaisir de vous lire.
    Marie

  • Merci pour ce beau texte qui rend le témoignage acceptable. Quelle horreur que ce service militaire, heureusement que la société a évolué, pourtant ce n’est pas si lointain. L’humour rend la lecture agréable et l’on ressent la stupidité d’un certain personnage que vous avez eu à subir. Peut-on ajouter que cette période, pour certains jeunes, était un préambule à l’alcoolisme et comment parler d’égalité femmes/hommes quand, sous l’égide de la République, les femmes, que ces jeunes fréquentaient, n’étaient que de la pure consommation. L’armée ne rime pas avec éducation comme cela a été dit tout au long du 20ème siècle. Enfin, un homme qui ne se souvient pas du service militaire comme d’un souvenir "merveilleux", vous êtes une exception.
    Continuez à écrire, la lecture est plaisante.
    Amicalement.
    Marie

  • Effectivement l’orientation ne fait pas tout, surtout dans une société en mutation. Qui aurait pu prédire, il y a seulement 30 ans que des échanges pouvaient se faire par e-mail et que de nouveaux métiers émergeraient. Nous ne savons pas quels seront les métiers de demain, même si certains les pressentent. L’orientation permet de définir une personnalité et il est important d’avoir une bonne base éducative qui offre de rebondir et de reprendre soit des études, soit des formations qualifiantes. Pour l’entrée en formation, surtout sur les nouvelles technologies, le minimum demandé est un BAC. La formation tout au long de la vie est déjà en cours et sera indispensable dans ce qui va venir.
    Quant au management et à l’exigence des entreprises, elles ont eu toute latitude ces dernières années pour faire ce qu’elles ont voulu. On parle de la responsabilité sociale des entreprises, j’y ai cru en 2006 quand j’ai porté des actions de mobilisation dans le cadre de programmes européens. Aujourd’hui, je ne suis pas certaine qu’elles étaient sincères, c’était une façon de faire leur B.A. et de se faire de la publicité. Quant à la précarité, les entreprises usent de la fragilité des salariés, reste peu de moyens, mais attention une génération et une société qui souffrent doivent être considérées.
    Amicalement.

  • Très beau texte relatant le parcours d’un jeune homme qui n’est pas né dans une banlieue ou un quartier sensible.
    Un jeune éduqué dans une famille stable avec des parents aimants. Les dirigeants de nos démocraties pensent que cela arrive uniquement dans les familles défavorisées.Ils sont conscients des BAC+5 laissés pour compte, mais n’ont pas trouvé de réponses adéquates. Quand aux formations qui mènent au CAP, elles débouchent sur des emplois, souvent précaires. Les jeunes ne sont pas armés pour se défendre des patrons abusifs. Votre témoignage doit faire écho aux acteurs de l’éducation nationale. Les dégâts qu’occasionnent des orientations prises rapidement sont légion. Nous devons prendre exemple sur le Canada où le travail sur l’orientation professionnelle se pratique dès la classe de 5ème. On prend en compte la personnalité, les atouts et les aptitudes qu’ils nomment "habiletés". Celles-ci relèvent de l’apprentissage, de la créativité, etc... L’environnement socio-économique et les lieux où s’exerceront les emplois, toujours avec une anticipation sur les marchés du travail, la finalité étant que la personne devienne "actrice de sa vie". Ce monde éduqué, a peut-être commencé à émerger en France mais la crise de 2008 a remis tout en question, en n’apportant aucune réponse aux jeunes, aux séniors et aux femmes. Je souhaite à ce jeune papa du courage, je sais qu’il n’en manque pas, il l’a démontré plusieurs fois.
    Amicalement.

  • J’ai beaucoup apprécié votre récit. Vous êtes dotée d’une belle lucidité qui vous permettra d’aborder le parcours intéressant, mais également exigeant de votre enfant. Votre fille possède une hypersensibilité qui s’avérera être un atout, plus tard, à l’âge adulte. Ses parents l’auront guidée et elle comprendra rapidement les enjeux que la vie se chargera de lui dévoiler. Vous dites également ne pas laisser les choses se superposer, il me semble que c’est une attitude appropriée à sa personnalité.
    Amicalement.

  • Merci Franz pour votre commentaire, votre analyse est juste. Je vois que dans votre département un personnage présentant quelques similitudes avec ceux que j’ai connus vient d’être réélu. Effectivement, la réponse vous appartient à vous lecteurs. Je rassure Anne, je ne me suis pas perdue dans le milieu politique, j’ai eu la chance de le connaître dès mon enfance, mais du bon côté, du côté de ceux qui croyaient que le monde changerait et qui, innocemment, y ont cru toute leur vie. Ils ont vécu en démocratie et cela leur a suffit car ils avaient le droit à la parole. L’expérience de mon enfance m’a permise de faire largement la part des choses et d’aborder les milieux professionnels avec un certain recul et un œil critique, même si les idéaux étaient communs. Cela aussi m’a valu d’être sanctionnée, il faut prendre des risques pour être soi-même....
    Merci à Danielle Sigot-Mezuret, j’ajouterai que mes enfants, qui sont adultes, ne fréquentent pas du tout le milieu politique.
    Amicalement

  • Belle écriture rendant le texte percutant. Je souhaite que vous trouviez votre place et concomitamment une paix intérieure.

  • J’ai vécu une expérience similaire à la vôtre dans une commune de moins de 2000 habitants. Mon impression d’impuissance était constante, le maire et ses adjoints prenaient des décisions en privé et nous soumettaient leurs intentions. Comme vous l’exprimez, c’était une monarchie absolue, voire une dictature. Si l’un des conseillers demandait des précisions sur tel ou tel sujet, l’opprobre s’abattait sur lui. Le maire était venu me chercher pour entrer dans son équipe, j’avais exprimé mes projets et ma culture, bien différente de la culture locale. Il m’avait donné l’impression de m’écouter, mais en réalité, il avait simplement besoin de femmes pour respecter la parité.
    Nous fûmes deux conseillers à démissionner en cours de mandat. J’avais encore l’illusion que dans les petites communes, nous pouvions intervenir en étant à l’écoute de nos concitoyens. Je pense que ce fut un mauvais exemple et j’espère, de tout cœur, qu’il existe encore des territoires où les habitants peuvent s’exprimer et surtout être entendus.

  • Merci Clotilde de me donner vos impressions, le constat est néanmoins réaliste. Il n’y a aucune manipulation, un leader passe commande comme dans une entreprise, il choisit son candidat et, c’est ainsi. Nous sommes loin des citoyens qui s’engagent et qui font de l’engagement une réalisation de soi, tout en étant au service des autres. Se battre pour des idées, transmettre, éduquer et partager une société qui propose un bien être social s’avère être d’un autre temps. Nos démocraties européennes sont ainsi faites, Michel Serres nous alerte, il faut changer nos systèmes démocratiques et repenser la société. Des individus entrent en politique pour faire carrière, c’est un bizness. Néanmoins, il existe encore des lieux à taille humaine (en milieu rural notamment) où l’on peut rencontrer des personnes qui se mettent au service de la communauté de façon altruiste. J’ajouterai qu’il m’a été difficile de me confronter à ce milieu, je viens d’une famille engagée qui a connu la guerre civile, l’exil et la déportation. Certains y ont laissé leur vie, mais par de mort lente comme le chantait Georges Brassens.

  • Merci pour tous vos commentaires, ils m’encouragent à poursuivre l’écriture d’histoires de vies.
    Comme vous l’avez compris, cette histoire est très personnelle, car je la portais depuis cinq ans.
    Je ne pouvais me satisfaire de l’écrire et de passer à autre chose. Le site « Raconter la Vie » m’a permis de la transmettre. Je pense que dans nos pays occidentaux, nous sommes légion à vivre cette expérience de licenciement expéditif. Nous ne pouvons pas accepter, l’humain n’est pas jetable, sa dignité doit être préservée. Comme le dit si bien Gavroche, les états ont inventé des formes silencieuses pour assouvir, maltraiter, et tout cela gratuitement.
    L’analyse d’Antonio-Giuseppe Satta est pertinente. J’apprécie le commentaire de Danielle Sigot-Mezuret car j’avais peur que la forme narrative du courriel pose un problème de compréhension.
    Albert Camus disait « Il y a des êtres qui justifient le monde, qui aident à vivre par leur seule présence », j’aurai aimé les rencontrer dans l’institution où je travaillais.

  • Bravo pour votre texte et les commentaires qui l’accompagnent. Il est rare de voir un conseiller emploi dénoncer les pratiques actuelles de Pôle Emploi, vous pouvez désormais le faire et vous avez raison de pointer les dysfonctionnements de ce service qui se dit "public", il n’en a gardé que le nom. Pendant de nombreuses années, j’ai travaillé en partenariat avec l’ANPE et les rencontres humaines que j’y ai faites, avec les professionnels de l’emploi, me permettaient d’avancer et de croire que mes missions avaient réellement un sens. Rapidement, j’évoquerai le PNAE, mis en place en 1998, qui permettait à la personne de travailler sur son projet et de ne pas prendre n’importe quel poste. Ces actions donnaient de bons résultats sur du long terme. A l’époque, la politique du chiffre existait mais, ce qui comptait, c’était l’emploi durable. Quand le Pôle Emploi et les Maisons de l’Emploi sont arrivés, mon poste s’est révélé, bien malgré moi, un poste politique. Je n’avais plus ma place dans ce nid d’impostures et ai été licenciée.
    Merci encore pour votre récit.

    Marie RENOULT