Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Martial Gottraux

J’aime écrire, comme on peut aimer cuisiner. Au fait : je passe souvent du fourneau à l’ordinateur. Il m’arrive d’écrire un roman dont les personnes que j’aime sont les héros ou les héroïnes.


Récits

Je suis vieux  

Un jeune retraité raconte les deux premiers « repas des aînés » auquel ses voisins l’ont invité avec insistance. Mais être « vieux » ou « jeune », avoir des goûts de jeune ou de vieux a-t-il quelque chose à voir avec l’âge ? Avoir cessé son activité professionnelle oblige-t-il à apprécier les soirées « loto » organisées par la club des anciens ?

Moi, Martial, sain de corps, certes retraité, mais vert comme un chêne, moi, me considérer comme un vieux, un rabougri, un de ces types qui devrait s’émouvoir face aux piaillées d’enfants mal élevés.

Publication : 7 avril 2014

Durée de lecture : 16 mn

Nombre de mots : 3260

Ma machine et moi  

Les secrets d’un mode d’emploi.

Tout mode d’emploi digne d’un manuel de torture certifié ISO comporte un plan de la machine, avec des flèches, renvoyant à des numéros, renvoyant à une liste des fonctions et des composants, renvoyant aux différentes sections du mode d’emploi.

Publication : 6 octobre 2014

Durée de lecture : 11 mn

Nombre de mots : 2250

Bibliothèque


Ses derniers commentaires

  • Plusieurs lecteurs ont fait état de la tendresse parsemée dans ce texte, avec la pudeur que permet l’humour, effectivement. Vous avez lu autre chose et vous en avez évidemment le droit. Cele dit, je suis fils de vacher et j’ai grandi dans les étables. Ce ne sont pas des lieux dévalorisants, bien au contraire.

  • Vous mettez le doigt (ou plutôt la fourchette !) sur un problème réel : les repas de famille sont très souvent ennuyeux, les conflits sont remisés sous la nappe où ils s’agitent tout de même, les sauces des rôtis sont souvent assaisonnées de mauvaise foi. Les repas communautaires offrent une forme d’évasion, pour beaucoup de vieux et...de jeunes. Les banquets de jeunes existent dans ma région (Fribourg, Suisse) et sont très fréquentés, offrent souvent des formes de convivialité intergénérationnelle. Un exemple : Dans mon village les jeunes, à début mai, viennent chanter sur le pas de porte des maisons, on discute, on rigole, et ils s’en vont, récompensés de quelque monnaie, juchés sur des chars tirés par des tracteurs. Jolie coutume.

  • Dans un zoo, l’évidente altérité des animaux est rassurante. Il est possible, sans risques pour notre identité, de rire de leurs facéties, et quelquefois aussi de vivre des émotions, de la tendresse par exemple, sans trop craindre le fait que ce qui nous trouble parle de nous-mêmes. Le zoo parisien que présente ce texte, très bien écrit, m’amène alors à me poser une question toute simple : Quelle est la différence entre les personnages observés et ceux, écrivain et dessinateur, qui les regardent. Le texte n’offre pas de réponses à cette question, quelques indices, au plus. J’aurais peut-être aimé que les auteurs acceptent de faire partie, eux aussi, de ce zoo humain

  • 69, pas si vieux, en fait !

  • Il fallait qu’il sorte. Marcher pour se décider. La nuit était comme une robe de chambre, sale et mouillée. Une lumière, jaune, comme une étoile d’urine dans la nuit. Tant pis. Il entra. Dans le bar, une femme, éclatée de son passé, pianotait sur son I-phone. Il s’approcha. "Attention lui dit-il, tout ce que vous écrivez est conservé, calibré, vous êtes en surveillance constante, cela ne vous fait pas peur ?" Elle éclata de rire, orgues abandonnées dans sa bouche. "Non, je n’ai pas peur ! dit-elle. Voyez-vous, monsieur, je n’ai rien à cacher. Rien. La liberté qui nous reste, Monsieur, c’est de tout dire, vous comprenez ? Apple n’est qu’une sorte de concierge impuissante face à la liberté de tout dire. On prend un verre ?"
    Il rentra. Il riait. La nuit était comme une robe de chambre, primesautière et piquetée de douce folie.

  • Vous le savez, France : Comme les larmes sont, souvent, une déclinaison liquide de l’amour, l’humour est un voile pudique, jeté sur la tendresse. Après tout, Marguerite2 vaut bien Nabilla, non ?

  • L’été dernier j’ai effectué une marche de1500 km, dormant sous tente. Les gens que je rencontrais me disais quelquefois que j’étais courageux. "non, je leur disais, le vrai courage c’est celui d’une nettoyeuse, seule, dans un bureau, à 9 heures du soir". J’aurais aussi pu prendre l’exemple d’Anaelle !