Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Marie Paule

"Rien de ce qui est humain ne m’est étranger." C’est ce que m’ont appris des dizaines d’années de la pratique de mon métier d’infirmière auprès de personnes de tout âge, toute culture, toute religion.


Récit

Des monstres dans la tête  

Le portrait d’une femme qui délire et qui fugue, recueillie par une voisine.

Elle avait, comme un chien perdu, gratté à la fenêtre. Et la femme, derrière un rideau de dentelle, avait perçu cet appel de quelques doigts.

Publication : 11 mars 2014

Durée de lecture : 4 mn

Nombre de mots : 800

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Ses derniers commentaires

  • Bonjour Viktorio, dans le monde des soins ce n’est pas seulement la taille des transmissions qui est limitée. Ici comme ailleurs, le fossé est immense entre les gens "de terrain" et les décideurs, l’encadrement de proximité n’ayant qu’une faible marge de manoeuvre. Cela dit il reste malgré tout le contact humain d’une grande richesse, en psychiatrie comme dans les autres spécialités que j’ai connues. C’est ainsi, que jusqu’à récemment, quand j’ai quitté mon poste (l’état civil l’a décidé), je n’avais pas, comme le disent les anarchistes "l’impression de perdre ma vie à la gagner.

  • Bonjour Viktorio, c’est sympa d’avoir lu un de mes mille souvenirs de soignante dont les transmissions, auxquelles vous faites allusion, sont maintenant informatisées et de plus en plus "normalisées". Cette situation où deux mondes différents se sont rencontrés, je l’ai en mémoire essentiellement à cause de la générosité de l’hôte de ma patiente. Et puis aussi parce que c’est à bicyclette que j’allais vers mon poste de travail, dans une unité de psychiatrie, en Savoie. Et, à l’issue de ce trajet dans de beaux paysages, à ma prise de service, il y avait ce moment de transition où le contraste entre la vie du dehors et la détresse régnant dans le pavillon m’interpellait.

  • Bonjour Jocelyne, très sympa votre regard sur les gens et très juste aussi.

  • Merci pour votre lecture Sandra, ça me fait plaisir d’être lue par quelqu’un qui connaît le monde des soins. Mais que l’on soit ou pas soignant, la vie est parsemée de belles petites histoires qui ressemblent à celle là. Cependant, elles passent trop souvent inaperçues. On parle davantage des événements "choc" car c’est de ceux là que la presse se fait l’écho et je pense que ça modifie insidieusement notre façon de voir les choses.

  • Merci Marie Hache pour le titre du livre. Je connais assez bien dans l’histoire des deux femmes de ce récit, celle de la plus jeune qui s’est égarée et de sa pathologie mais pas du tout celle de la seconde qui l’a accueillie. Cela dit votre remarque sur la mère aimante m’interpelle... Il y a malgré tout un peu de cela car j’ai eu connaissance du métier de l’hôtesse de Carine c’est sage femme.

  • Merci Marie Hache d’avoir lu l’histoire de ces deux femmes ; j’essaierai de trouver l’oeuvre à laquelle vous faites allusion. J’ai exercé dans d’autres spécialités que la psychiatrie auparavant : l’empathie est plus spontanée face à des pathologies d’origine somatique. Le regard qui est porté sur les personnes atteintes de "troubles du comportement" n’est pas toujours indulgent et l’humanité dont l’hôtesse de cette patiente a fait preuve m’a beaucoup émue. Et puis il y avait ce contraste frappant entre un monde paisible et celui, torturé, de la jeune femme en fugue. Celle-ci vivait ce jour là un épisode délirant mais, heureusement, ce n’était pas un état constant, car elle était, par ailleurs, une mère aimante de trois garçons ; un rôle que nous nous sommes efforcé(e)s de l’aider à retrouver au plus vite.