Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Patrice Obert

Auteur de nouvelles sur le quotidien.


Récits

Le stage de gestion de temps  

Le portrait de Viviane : deux enfants, un mari, un travail. Une vie ordinaire et une gestion du temps qui maîtrise, organise et vampirise tout. Lors d’un stage dédié à la gestion du temps, Viviane va réapprendre le sens de la perte et éprouver en même temps que la solitude, la réalité de la vie qui passe.

Viviane n’était pas seulement cadre dans l’Entreprise, elle était avant tout jongleuse professionnelle.

Publication : 9 avril 2014

Durée de lecture : 9 mn

Nombre de mots : 1810

Le téléphone portable  

Gaétan, 60 ans, travaille dans une administration. Lorsqu’on lui a proposé un iPhone, il s’est questionné sur son métier. Il raconte sa carrière, ses évolutions et livre sa pensée sur l’organisation du système administratif français.

L’Administration, elle, est toujours là, avec lui. Or, aujourd’hui, Gaétan, pour la première fois de sa vie, ne la comprend plus.

Publication : 2 avril 2014

Durée de lecture : 19 mn

Nombre de mots : 3910

Face au progrès  

Le grand-père est dépourvu face au maniement de tous les nouveaux outils numériques de ses petits-fils. Mais eux, qu’attendent-ils de lui ?

Ils se sentent handicapés. Rien, désormais, ne leur est simple. Si, quand même, soyons honnêtes, ils arrivent encore à téléphoner, mais ils doivent prendre un tel luxe de précaution pour utiliser le bel appareil que leurs enfants leur ont acheté pour Noël.

Publication : 11 avril 2014

Durée de lecture : 18 mn

Nombre de mots : 3770

Les incompétents  

Une immersion dans la tête d’un homme qui devrait être à l’apogée de sa carrière mais qui se sent déjà dépassé. Il revient sur son parcours et évoque la vanité de faire carrière, ces apparences trompeuses au sein du monde de l’entreprise. Une prise de conscience racontée par un homme désabusé.

Il ne produit plus, il subit. Il n’invente plus, il répète. Il ne tire plus en avant, il se laisse porter.

Publication : 7 mai 2014

Durée de lecture : 14 mn

Nombre de mots : 2850

Le tableau de bord  

Comment le tableau de bord est devenu un élément essentiel de la vie au bureau ?

Le tableau de bord a pour objectif de suivre une activité et d’améliorer le résultat obtenu. Parfois, cette activité se traduit facilement en un chiffre. Mais, dans le monde administratif, c’est souvent plus subtil.

Publication : 23 mai 2014

Durée de lecture : 5 mn

Nombre de mots : 1180

Il semblait ne rien faire  

Contraint à l’immobilité car convalescent, l’auteur passe ses journées à la terrasse d’un café en bas de chez lui. Et rencontre un inconnu, attablé au bar d’en face.

Cette rue banale de mon quartier devenait sous mes yeux, par la vertu de son verbe, une gigantesque scène déroulante, où s’exposaient sans retenue, fugitivement, mais dans une lumière implacable, les espoirs, les détresses, les rires et les joies d’un échantillon d’humanité.

Publication : 20 juin 2014

Durée de lecture : 18 mn

Nombre de mots : 3630

Le Grand Paris  

Le quotidien de périurbains.

Paris est si près, et si loin.

Publication : 30 juin 2014

Durée de lecture : 32 mn

Nombre de mots : 6440

L’immense carte blanche de son fils  

La disparition d’un fils.

Il faut faire et refaire les déclarations à la police, expliquer aux amis, juste aux amis intimes, car rien ne sort de la bouche, rien ne peut sortir de la gorge, que des larmes, que des larmes, que des larmes.

Publication : 13 janvier 2015

Durée de lecture : 21 mn

Nombre de mots : 4250

Cécile et son père  

Les cahiers d’un père.

Je savais qu’il en était rendu à se déplacer en fauteuil, tellement son organisme avait été bousillé par l’alcool. Je n’avais plus rien à lui dire.

Publication : 25 novembre 2014

Durée de lecture : 22 mn

Nombre de mots : 4400

Changement de poste  

Un fonctionnaire « déplacé ».

Faire et défaire, voir venir, défaire puis refaire, attendre le contre-ordre, savoir temporiser, ne pas hésiter à ne pas répondre immédiatement, laisser le temps, calmer les impatiences, rester attentif sans être agressif, être en veille sans se focaliser sur le détail, sentir intuitivement la vraie urgence, savoir alors agir vite et bien.

Publication : 13 février 2015

Durée de lecture : 6 mn

Nombre de mots : 1250

Courir sans fin  

La lassitude d’une vie domestique et conjugale.

Le lieu de leur rendez-vous a changé.

Publication : 31 mars 2015

Durée de lecture : 17 mn

Nombre de mots : 3450

Des bandes de vie qui se détachent  

20 ans d’une vie d’homme et de femme.

Quelques semaines plus tard, notre famille partait en lambeaux, mais ça n’apparaît pas dans les albums.

Publication : 10 mars 2015

Durée de lecture : 5 mn

Nombre de mots : 1050

Managère  

Une administration municipale face aux nouvelles méthodes de management.

Manipulation, amusement, mépris, inconscience ? Je ne trouvais pas la clé de ce comportement qui me rendait perplexe.

Publication : 13 mars 2015

Durée de lecture : 14 mn

Nombre de mots : 2970

Le retour d’Yves  

Un fils qui revient.

Yves est revenu comme il avait disparu, soudainement.

Publication : 5 mai 2015

Durée de lecture : 15 mn

Nombre de mots : 3000

Le plein d’essence  

Une virée en voiture.

Comment m’avait-il fait entrer dans sa voiture, chose que je ne fais jamais, en aucun cas ?

Publication : 9 juin 2015

Durée de lecture : 7 mn

Nombre de mots : 1490

Ils ont aimé :


La jeune patiente  

Dans la salle d’attente du médecin.

La salle d’attente est maintenant liquéfiée de chaleur. Elle est bondée, il n’y a plus un siège vacant.

Publication : 23 octobre 2015

Durée de lecture : 9 mn

Nombre de mots : 1850

Ils ont aimé :


Bibliothèque


Ses derniers commentaires

  • Merci pour ce "courant d’air" que tu as débusqué avec ton flair.
    Tu parles de "réparation". Tu as raison.
    On veut nous faire croire que ce genre d’événement est anodin, fait désormais partie des choses normales. 200 000 avortements par an en France. C’est énorme. beaucoup plus en proportion que dans les pays voisins.
    un silence pudique accompagne certaines conséquences sur les bébés nés vivants après avortements. le Centre européen pour le droit et la Justice s’en est saisi.
    Cette "culture du déchet" est bien de notre temps.
    Oui, il y a à réparer.

  • Une précision : ce récit fait suite au récit intitulé "L’immense carte blanche de mon fils " dont il constitue la suite.

  • Je réponds à Xiep. La suite de l’histoire a été publiée récemment sous le titre "Le retour d’Yves". Bonne lecture

  • C’est drôle, depuis que j’ai posté ce récit, j’ai bien reçu 6 messages d’amis me disant qu’ils avaient vécu une aventure similaire.
    Décidément, ces italiens ont du talent de comédien ! Mais, ça , on le savait !

  • Merci pour vos deux commentaires. Ils posent la même question : quel rapport avons -nous à l’autre, le tout proche, celui que nous croyons connaître, mais qui , bien souvent, nous échappe ? Le retour d’Yves s’est déroulé comme je l’ai écrit. Sans aucun reproche, effectivement. Sans aucun ressentiment. Avec, de la part de Maryvonne, la conviction que son fils avait besoin de cette distance Et l’acceptation des événements tels qu’ils se sont passés. Et le respect absolu de la liberté de son fils. Et la place à la joie des retrouvailles, que de la place pour que de la joie. ce fut ainsi. Aussi simple et étrange que cela.

  • C’est très vivant, on s’y croirait. Et vous décrivez très bien cette double vie et la place que prend le travail, progressivement.
    Ce qui m’étonne le plus, dans ce type de récit, ce sont les réactions des clients comme si chacun oubliait qu’il était aussi parfois de l’autre côté de la barrière, du comptoir. Est-il donc si difficile de se mettre à la place de l’Autre ?
    La plupart des étudiants qui doivent travailler durant leurs études ont de moins bons résultats que ceux qui s’y consacrent à plein temps. Comment s’en étonner quand on lit votre récit. Quel courage il faut pour mener ces deux activités de front ! Quelle leçon de vie !

  • Votre récit est neutre. pourtant il en ressort une terrible image. C’est peut-être cela le plus fort, avoir réussi à travers vos exemples à faire surgir le démon du mépris.

    Certaines salles de spectacles interdisent les pourboires ; c’est plus simple pour tout le monde. Mais quelqu’un dispose-t-il de chiffres : Combien peut-on gagner en étant ouvreuse payée au pourboire ?

    Merci en tout cas pour la lucidité de votre regard et finalement la bienveillance avec laquelle vous regardez tous ces gens qui hésitent à lâcher deux € quand ils ont payé cher une place et, comble de l’ingominie, quand ils ont été invité !

  • Managère, c’est d’abord Manager au féminin. Y-a-t-il pour les femmes une façon différente de manager ? Aurais-je raté ma cible que vos réactions évitent ce sujet ?

  • Votre commentaire me fait plaisir. Vous avez raison de parler de "guerrière". Une observation toutefois : je fais partie de ces technocrates que vous dénoncez. Les postes que j’ai occupés m’ont appris combien des projets aussi importants que le Grand Paris Expres sont des dossiers hyper-compliqués. Pour qu’ils émergent, il faut une collaboration entre élus responsables et technocrates mais qui s’appuie sur une vraie connaissance des besoins des gens. C’est ce triptyque qui est nécessaire. A ma façon, modestement, j’essaie d’être un technocrate à l’écoute.
    Si le grand paris expres me semble bien parti, le contour actuel que prend la Métropole du grand Paris ne manque pas de m’inquiéter car justement le dessein exprimé par les lectures parlementaires semble manquer d’une vraie vision...

  • "une ombre mégère" ? Et comment vouliez-vous que je nomme ce texte ? j’ai beaucoup hésité et "managère" est le plus neutre et le plus correct. Qu’auriez-vous pensé si j’avais écrit "Mamagère".
    Le texte est risqué mais je le mature depuis bien des mois. D’émoi ?

  • Merci pour vos deux commentaires. On dit souvent qu’on "refait sa vie " après une séparation. C’est faux. On la continue. Et c’est bien mieux ainsi.

  • J’ai reçu de nombreux messages en direct et je tiens à rassurer toutes celles et tous ceux qui m’ont amicalement salué.
    Yves est revenu. Un an après. Un an sans nouvelle.
    Je proposerai prochainement à Raconterlavie cet étrange retour.

  • Bonjour .
    Merci pour cette analyse, sans doute une des plus fines que nous ayons pu lire.
    Je trouve vos quatre questions (pourquoi ces gens écrivent ? Qui sont -ils ? quel est le statut de ces écrits ? pourquoi lit-on ces textes) très intéressantes. Vos réponses aussi, bien que la question du "statut" de ces textes mériterait d’être creusée.
    Vous soulevez trois problèmes :
    1° récit de vie réelle ou avec une pointe de fiction ? je ne pense pas qu’on puisse écrire sans introduire un minimum de fiction car l’écriture oblige à un regard extérieur et à une mise en forme
    2° Peu de thèmes politiques : Ca mériterait une lecture transversale dédiée à ce thème J’ai le sentiment - très intuitif - que, au contraire, une vraie critique de la société s’exprime Cette expression ne prend pas la forme de revendication politique, en quoi elle traduit bien la difficulté qu’ont les partis de porter le malaise ressenti.
    3°la faible proportion des "vrais" invisibles. On touche là à l’essentiel. Evidemment, ceux qui écrivent ( il semblerait que ce soit majoritairement des femmes, semblez-vous dire) sont des gens qui savent écrire, du moins un minimum ( ce qui représente beaucoup de monde dans un pays de 80% de bacheliers).Comment donner la parole à ceux qui ne savent pas la saisir et qui sont dans les marges de la société ? Et qui parfois surgissent en parlant avec leur langage, celui de la violence ?

  • je vous adresse à toutes fins uiles l’adresse de notre associatin
    www.lafontaineauxreligions.org

    j’ai bien prévu de venir samedi

  • Bonjour , je viens de finir votre livre que j’ai lu en entier.Très intéressant, sur le fond, comme récit d’une expérience, et sur la forme, car vous avez un vrai style, très agréable à lire ; On aurait envie que vous alliez davantage dans le détail dans certains chapitres. Mais LA BARBE ne fait que 80 pages, ce qui explique sans doute ce "creux" qui reste à combler.
    Vous indiqiez avoir une signature samedi 17 à la librairie du Monte en l’air.
    Pouvez-nous nous préciser l’adresse et l’heure. j’aurais plaisir à vous y rencontrer. Cordialement.
    P Obert

  • On entre facilement dans ce récit, on est pris par l’histoire, par la qualité de l’écriture, par ce style vif, imagé, vivant même quand il évoque la mort. Puis on comprend la construction et on voit réagir les différents personnages interpellés brutalement par cet événement stupéfiant, cette voiture en flamme et surtout, ce "rien" autour duquel tourne tout le récit.
    En chemin, on se demande comment ça va se terminer
    On lit la fin et on s’interroge. Alors on la relis. On a un peu de mal à la relier.
    Mais peut-être est-ce voulu, ce point d’interrogation posé sur la conclusion de ce texte sans conclusion.

  • Texte très violent, animalesque, très fort. Entre truismes et kafka et on s’en prend plein la gueule
    . C’est ce que je préfère, ce regard sans pitié pour les clients, nous, qui n’ont pas un seul regard humain dans toute cette tragique farce.

  • Kahina
    j’aime tout autant ce que vous dites en réponse aux commentaires que votre texte lui-même. Vos réponses éclairent votre texte, le complètent, l’enrichissent.
    Je trouve troublante cette façon dont vous finissez par enfanter votre frère, comme une mère.
    Merci pour ces lignes sobres et poignantes

  • Merci pour cet extrait. Membre d’un groupe de dialogue interreligieux dans l’est parisien, je suis particulièrement intéressé par votre témoignage.

  • Ca commence très fort en effet et on s’attache déjà à cette jeune juge

  • Merci pour votre récit qui illustre bien les multiples rôles du manager d’aujourd’hui. Toutefois...Votre comparaison finale par rapport au "bureaucrate coincé et prétentieux" me fait sourire car elle traduit l’image que vous avez des fonctionnaires, dont je suis. Avec un petit effort, vous comprendrez mieux pourquoi les gens vous regardent comme celui qui leur pique leur argent...
    Bon j’espère que vous ne travaillez pas pour une banque suisse ou luxembourgeoise, tout de même !

  • Beau récit, très bien écrit et plein d’une sourde tristesse. Merci pour ce voyage "en coulisse" sur cette ligne que je prends souvent en passager.

  • "Ecriture blanche sans fioriture", en effet. Ca m’amuserait de lire une version comique de ce récit. On pourrait sans doute en faire un sketch très drôle sans pour autant nier la dimension très humaine de cette histoire.

  • Merci pour ce texte et cette façon très limpide de présenter tous les récits cités. Ca donne envie de cliquer pour lire tel ou tel.
    Beaucoup d’humanité dans cette longue lecture. merci

  • Histoire très émouvante
    Le récit semble construit en deux parties, la première qui donne le décor sur un ton assez neutre, et puis la seconde qui nous fait rentrer dans la relation entre M K et Peguy.
    Merci pour ce texte très pudique qui nous fait toucher toute la détresse de ce Monsieur si sympathique mais qui n’en peut plus.

  • Merci pour vos commentaires qui me touchent

  • merci Clotilde pour avoir bien perçu l’astuce du récit...

  • merci pour vos réactions, la suggestion - tout à fait pertinente - et l’extrapolation