Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Paul-Antoine Pichard

Photographe humaniste. Né en 1970. Marié à Julie, papa d’une petite Margot. Vit à Cergy. France


Récits

En cure  

Paul-Antoine souffre de poly-addictions. Il tient le journal de sa cure de sevrage en hôpital psychiatrique.

J’ai accepté ma structure psychique, je suis « addict ». Tous les psychotropes me sont interdits. Je ne sais et ne peux pas gérer. Ici, chaque jour est une victoire.

Publication : 30 janvier 2014

Durée de lecture : 26 mn

Nombre de mots : 5230

La classe de neige  

Avertissement : ce récit est susceptible de choquer le lecteur.

Souvenirs d’école, voyage de classe qui marquera l’auteur à jamais.

La classe de neige ! Putain quel pied ! Trois semaines de ski, école le matin, activités l’après-midi. C’était l’année du CM2. Le père Martin était notre instit.

Publication : 12 février 2014

Durée de lecture : 7 mn

Nombre de mots : 1520

Bibliothèque


Ses derniers commentaires

  • Je comprends et j’ai ressentie exactement les mêmes choses. L’impression d’être prédestiné à la souffrance et l’auto-destruction. On a tout et on gache tout sans retour. Il faut ce dire qu’il n’y a jamais de point de non retour. On peut toujours changer de chemin quand on s’est égaré, il n’est jamais trop tard. Je te trouve super lucide et tu as la capacité de l’exprimer, profites en. Il me semble que tu te poses les bonnes questions.

  • L’addiction est une maladie, tu leur cacherais ton diabète, un cancer ? L’addiction est une maladie très grave et mortelle ! A vouloir protéger tes parents tu risques de mourrir avant eux ! Et ca pour des parents c’est inconcevable ! La pire des souffrances ! Il faut te recentrer sur toi, tu es la personne la plus importante. Il faut savoir se mettre entre parenthèse le temps qu’il te faut pour te rétablir, pour être encore plus éfficace après. Il y a un temps pour tout et dans quelques années quand tu seras bien, tes parents seront fier et admiratif de ton courage et ton parcourt. Le Subutex c’est pour ne pas être en manque, c’est un pensement mais ca ne "guéri" pas. Le protocole Méthadone me semble plus adapté à ton cas, tu peux avoir une vie sociale sur le long terme, continué à travaillé sans douleur ni souffrance et obsessions, bien dosé personne ne s’en rendra compte, tu sera "normale" et te reconstruira doucement. L’addiction est une maladie "familliale", tu devrais entamer un psychothérapie avec un psychologue dans un centre de soin pour addict. c’est gratuit et anonyme et ils sont compétents et en on vu défilé pas mal des comme nous. Passe une bonne semaine, plein de courage... Tu sais ou me trouver. Peace !

  • Tu es comme un livre ouvert pour moi. Quand j’ai décidé de me prendre en main j’ai écris un long mail à tous les gens important pour moi, mais parents étaient sur la liste. J’ai tout avoué ! Mes agressions sexuelles enfant, ma dépréssion profonde, ma poly-addiction, alcoolisme et ma dépendance aux drogues dures que je ne pouvais plus gérer. Ce mail a été une bombe atomique ! Il y a des personnes qui on compris et d’autres qui m’on rejetté et j’ai eu de drole de surprise sur la valeur des gens, j’ai fais le tri. Il faut beaucoup de courage pour faire sont "coming out" de toxico. On ne veut jamais décevoir ses parents, on ne veut pas qu’ils se sentent coupable, déçus, trahis. Pourtant c’est la plus grande preuve d’amour que tu puisses leur donner, celle d’être honnète envers eux. C’est en cachant la vérité de qui tu es, de l’épreuve que tu traverse que tu es malhonnète envers eux, toi et ceux que tu aimes. Avouer sa maladie c’est la fin du déni et donc le début des soins...

  • Un petit message pour Aze Arts. C’est effectivement très dur mais tu as tout à gagner à t’en sortir. Plus tu attends plus c’est compliqué mais je crois qu’il faut parfois toucher le fond pour avoir le déclic. Il y n’y a alors plus que deux choix : la VIE ou la MORT. A toi de choisir... C’est dur mais pas impossible ! Parcontre il faut que tu intègres un centre de soin si ce n’est pas déja fait, il y en a dans toute la france. Là, tu y vas à ton ryhtme, peu importe le temps qu’il te faut. N’ais pas peur de te faire hospitaliser mais choisi bien le lieu qui te convient. C’est long de réaprendre à vivre sans produit et puis peu à peu le bonheur revient, le vrai, et là, tout redevient beau et la vie agréable. Tu redécouvres tout. Si tu as une passion appuis toi dessus et vas y à fond. Personnelement je me suis mis à écrire des textes, au début c’était brouillon et petit à petit tout se structure. Mon projet est de terminer un roman autobiographique, j’en ai déja écrit la moitié. Peut-être qu’il sera publié un jour mais je m’en fout, c’est pour moi que j’écris avant tout. Ca vas faire bientôt 3 ans que je suis clean, aujourd’hui je fais du Tai Chi et du parapente...

  • Je viens de relire vos commentaires et je tiens vivement à vous remercier tous. Vous transpirez l’humanisme et vous me nourrissez. Mille merci à vous tous. Love, Peace & Unity.
    Paul-Antoine

  • A l’attention d’Aze Arts

    C’est marrant les coïncidences, je viens de poster cette petite lettre pour ma fille sur Facebook à l’instant, insomnie… Et en allant se ma boite mail je tombe sur votre commentaire qui me vas droit au cœur. Merci à vous.
    Paul-Antoine (3 ans d’abstinence le 12 décembre prochain !)

    On me dit que j’ai 3200 caractère de trop pour poster cette lettre, dommage, sinon vous pouvez la lire sur ma page Facebook

    Dis moi Papa, c’est aujourd’hui demain ?
    Dis moi mon ange, mon cœur, mon sang, ma chair, tu en as beaucoup de questions comme celle là ? Alors qu’Hélène finissait de couler dans mes veine, pas fier d’être ce Papa cassé, tout cabossé, déchiré a chercher les cotons encore humide dans la poubelle où hier encore je jetais ses couches.
    Papa, hier tu m’as dit demain j’arrête de me faire saigner alors c’est aujourd’hui demain ? Ca sert à ça les cotons, à essuyer ton sang et tes larmes ?
    Pas vraiment, enfin un peu, tu sais demain sera toujours hier pour moi.
    C’est ca ta maladie Papa ? Demain c’est hier ? Elle est blizzard ta maladie.
    Tu as dit blizzard ?
    Oui ! Pourquoi Papa ?
    J’aime tes mots Margot, ils me cognent si justement. (A suivre...)

  • Tous vos commentaires me touche profondement, ça m’aide réellement dans une lente reconstruction. Merci à vous. Amitié.
    Paul-Antoine

  • Part 2. Ma tante, une des soeurs de ma mère né en 1942 a épousé Joseph Strauss, un allemand ( Les méchants ! ) mais lui il était "gentil" m’a t-on expliqué dans mon petit cerveau d’enfant qui avait vu "Nacht und nebel" à 7ans. Une épreuve pour mes grand-parents maternelle, une provocation presque. J’ai donc quatre cousins/cousines franco-allemand. Chacun d’eux a réagis différement, Une cousine a épousé un allemand et est bilingue, les trois autres on fait un blocage total, un véritable refus de cette chance d’être bi-culturelle. Mon cousin Igor, en pleine crise d’adolescence a traité son père de "sale nazi"... Dur comme héritage...

  • Quand j’étais enfant je rêvais d’épouser une femme d’une autre culture que la miennes, une autre religion, une autre gastronomie, un autre continent... Avoir des enfants bi-culturel. J’ai épousé ma voisine, on était à 4 ans, en maternelle, déjà amoureux et on voulait se marier ensemble. Elle est hôtesse de l’air, ce n’est pas une vocation juste une stratégie pour visiter le monde, aller voir ailleurs, découvrir les autres à moindre frais. Moi, j’ai "choisi" un métier alibi, toujours pour voyager. Et puis je suis passionné de Géo-politique, alors, forcement, ma bibliothèque croule de livres sur la première guerre mondiale, puis la seconde, des lettres de poilus ou des premiers reporters de guerre en 24X36 et puis bien sur la Shoa, je ressens très bien cette notion de judéophilie et je la partage, la guerre froide, partir seul en 4l le 9 novembre 1989 à Berlin, pas d’ami pour m’accompagner, "qu’est-ce-que tu vas aller faire à Berlin ? C’est pas ton histoire ! "

  • Je suis tout à fait d’accord mais vous avez eu à mon égard une curieuse manière d’engager l’échange ou le dialogue. Je me suis senti exécuté sans jugement. C’est mon ressenti de personne très fragile tout en ayant une grande capacité de résilience. Echangeons positivement, déja, ce dernier mail m’apaise. Pour ce qui est de l’écriture thérapeutique, c’est une évidence pour moi. Mais la photographie aussi, je ne photographie que la souffrance humaine et particulièrement celle des enfants. Mon dernier travail s’appelle "Poussière de vies" c’est le nom que l’on donne en vietnamien aux enfants des rues. J’ai parcouru le monde pendant 3 ans pour raconter la vie des enfants dans la rue et leurs conséquences : Prison pour mineur, ados toxicomanes, prostitution, la vie dans les égouts de Bucarest, les orphelinats en Mongolie etc. Ce travail est exposé à Montréal jusqu’a la fin du mois mais je ne l’ai pas encore mis sur le net. Il n’y a pas besoin d’être psychologue pour comprendre ma démarche... Et vous, pourquoi vous n’êtes pas professeur... d’espagnol ?

  • Ou est ma méchanceté ? Je me défend simplement. Je vous cite :" Voilà. J’ai donc eu la sensation que cette histoire était une fiction trash, je le répète, et gratuite, bref, malsaine."
    Vous rendez vous compte de la violence, de l’humiliation, de la bêtise, de la méchanceté gratuite de cette phrase ? Mettez-vous une seconde à ma place... Vous me jugez, prononcez une sentence sans rien connaître à mon histoire... La police connait la vérité, la justice aussi, il y a eu aveux... Vous n’êtes pas au dessus du système... Vous avez votre véritié "ressentie", elle n’appartient qu’à vous... Je suis honnête et je serai terriblement mal avec ma conscience si j’avais écrit une "fiction" sur raconter la vie. Dans quel but ? Vous croyez que ce n’est pas douloureux pour moi encore aujourd’hui de mettre des mots sur un point noir de ma vie. Et puis j’ai subis une seconde agréssion sexuel dans un train Paris-La Rochelle, 2 ans plus tard. Je devais sniffer des solvants des l’âge de douze ans pour affronter ma peur de l’adulte masculin... Juste pour pouvoir aller à l’école...

  • http://www.youtube.com/watch?v=pZGj3qUc4bE

    Copiez ce lien ou allez sur youtube et cherchez "N’oublie pas que l’on souffre ici" de Paul-Antoine. Regardez, attention c’est "Trash" mais là il n’y a pas de débat... Ce sont des photos... Même pas truquées... C’est ma réalité et Madame Aussenac relativera ses problèmes et ouvrira les yeux sur la vie des autres... Quelle surprise ! L’existence de l’autre...

  • Part 2. Dans cette clinique psychothérapeutique, il y a un rituel, écrire son récit de vie pour mieux se faire connaître du groupe de thérapie. Un récit de vie ou l’on parle de ses points noirs et de ses bons moments. Mon récit de vie était résumé en 3 pages. En accord avec "Raconter la vie", ils m’ont suggéré de reprendre chaque points noirs et d’en faire un texte à part. J’ai hésité, puis accepter. Je n’ai aucune prétention d’écriture, je fais de nombreuses fautes d’orthographe parce qu’à 10 ans, j’ai "boycoté"... l’école. Curieux ? Je suis photo-journaliste et j’aime mon métier. Cependant, graçe à "Raconter la vie" j’ai découvert un plaisir d’écrire et je continuerais avec mon style qui m’est propre et des récits "Trash"... Donc les prochains récits que vous lirez peut-être sont mon expérience de jeune reporter de guerre en Bosnie-Herzegovine, à Mostar exactement (Juillet 1995), je vous raconterais le bruit, les râles d’un homme qui se fait trancher la tête avec un couteau. Comment, après on joue au Foot avec sa tête... Trash... Mon incarcération en prison durant un reportage que j’ai fais au Sénégal, ce qui se passe lorsqu’on est 12 dans 6 M2 et qu’un gamin des rues accusé à tord s’est coupé la langue en claquant son menton de toute ses force contre les barreaux horizontaux de la grille de la cellule... Trash... Peut-être que j’écrirais aussi un récit sur la grossesse de ma femme et la joie de la naissance de ma fille...

  • C’est la dernière fois que j’interviens. Après je vous laisse à vos "délires". Je ne sais pas avant d’écrire un texte sur un point noir de ma vie si il va faire 2 pages, 4 ou 30. La genèse de ce récit, je maintiens bien récit. C’est "Raconter la vie" qui me la suggéré. J’ai publié un premier texte : "En cure", que je vous propose de lire. D’un texte de 70 pages je suis passé à 30 pages (50 000 caractères exactement) puis à 10 pages. Ce texte est le journal que je tenais durant mon hospitalisation pour une cure de sevrage de 10 semaines.

  • Madame Aussenac, vous venez de me faire prendre conscience de ce que des déportés de camps de concentration ont pu ressentir face aux négationistes (toute proportion gardé bien évidement) La réalité est tellement inssuportable qu’elle ne peut-être que fictive... Vous me coller une putain de crise d’angoisse et vous me faite revivre une longue bataille judiciaire très éprouvante pour moi...

  • Madame Aussenac, je ne voulais pas intervenir dans ces échanges de "points de vues". Sachez que vos propos me sont inssuportables. Tout est tellement vrai... Qu’il y eu différentes plaintes d’autres élèves, qu’il y a eu jugement et condamnation après que monsieur G. est reconnu les faits. Par respect pour sa femme et ses enfants, j’ai juste changé le nom de mon instituteur. Si vous pouvez m’épargner la publication de mon dossier judiciaire sur ce site, ça me soulagerait... Vous êtes extrêmement loin de la réalité de notre monde...

  • Le plus dur après 33 ans c’est d’avoir toujours à faire face à des «  ? » inquisiteurs…

  • Merci pour tous vos soutiens, alors je vous réponds par un mail collectif, allez voir sur ce lien mon travail de photographe. Merci encore.
    Paul-Antoine
    http://www.youtube.com/watch?v=pZGj3qUc4bE