Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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D’une classe à l’autre -
par S.

Attention, ce récit n'est pas publié

Publication : 5 février 2014

Durée de lecture : 22 mn

Nombre de mots : 4510

L’auteure, issue des classes populaires, est devenue professeure en classe préparatoire littéraire ; son ascension sociale, elle la doit à l’école. Elle témoigne ici de l’importance que peuvent avoir ces classes préparatoires dans l’acquisition d’un capital culturel par les "dominé(e)s".

S’il fallait dire, des dominants ou des dominés, de quel côté je suis née, c’est la deuxième catégorie qu’il faudrait choisir. Les faits le disent.


4 commentaires :

  • Bonsoir S.
    Votre texte est très éclairant et me renvoie à des bouts de ma propre expérience.
    Les querelles ovariennes, celle là on ne me l’a jamais faite, les rires par contre j’y ai eu droit...
    Vous décrivez de manière saisissante le conditions de travail des TZR et votre analyse des relations parmi les différentes catégories d’enseignants est très forte. J’ai participé aux formations des jeunes TZR dans le Nord et ils décrivaient tout cela, y compris les livres par niveau toujours prêts dans le coffre de leur voiture pour pouvoir s’adapter "au débotté" aux classes qu’on leur confiait d’une heure à l’autre, l’accueil délétère dans certaines écoles, l’impossibilité d’intégrer les équipes...
    Merci d’avoir mis des mots sur ces statuts peu connus et les conditions de travail rocambolesques de ceux qui les subissent.
    C’est absolument salutaire !


  • Bonjour,
    Pour avoir connu, dans des situations différentes, des sentiments et tiraillements similaires à ceux de votre récit, j’ai été saisie par les effets de "la domination" chez vos parents et leurs stratégies valorisant votre parcours scolaire, votre expérience à l’Ecole Normale Supérieure entre sentiment d’imposture et choc d’appartenances contraires, votre itinéraire professionnel entre âpretés et richesses. Je retiendrai aussi votre affirmation éclairante : les gens qui méprisent sont aussi ceux qui blâment. Votre témoignage devrait être lu aux dominants du moment !
    Catherine Martinez


  • La lecture de votre récit m’a remis en mémoire la belle collection de Jean Malaurie, "Terres humaines". Je suis frappée également par le fait que notre époque, cherche toujours à stigmatiser une catégorie sociale par rapport à une autre : ainsi on peut toujours être le dominé ou le dominant de quelqu’un , comme si c’était le seul rapport au monde.
    Votre parcours témoigne de la réussite d’un parcours scolaire. Aurait-on idée de stigmatiser de la même façon ceux qui intègrent le CAC 40 ou la liste des 100 personnes les plus riches du monde ?
    L’argent n’a pas d’odeur, c’est bien connu..Acquérir des connaissances, des méthodes de travail, développer des qualités de discernement ...pourraient en avoir ?
    Merci pour ce récit stimulant à bien des égards .


  • Mais alors... J’aurai toute ma vie, trainé en vain, une frustration, celle d’avoir quitté les bancs du "système solaire" pour reprendre votre expression, trop tôt, beaucoup trop tôt et regretté de n’avoir pas su profiter de l’enseignement pour me hisser hors de ma déroute, jusqu’à l’orbite du savoir.
    Il est vrai qu’un environnement familiale assez chaotique ne peut, d’aucune sorte engendrer un enfant prodige, et même si la nature ne m’a pas doté d’un brillant cerveau pour acquérir un savoir utile pour la société, je pris grand soins d’avoir les yeux grands ouverts pour observer mes semblables, sans condescendance aucune, sans les jalouser de leur réussite sociale...
    Observer le monde tel qu’il est pour me rendre compte à quel point je me dois d’être indifférent à cet énorme fossé façonné par tout ce qui nous sépare, je me dois de l’être, il en va de ma survie, de ma bipedie.
    A défaut de devenir quelqu’un par le biais des études, je suis devenu moi-même par la force des choses...



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