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raconté par ceux qui le vivent
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En prison -
par Véronique

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Publication : 29 septembre 2014

Durée de lecture : 8 mn

Nombre de mots : 1760

Les témoignages de trois détenus dans le cadre d’un atelier d’écriture.

Le parloir, c’est très bien mais pas suffisant : assis de chaque côté d’une table étroite, mais large comme un fossé infranchissable pour nos corps assoiffés l’un de l’autre, on ne sait plus, on hésite, on fait l’amour par le cœur, seulement par le cœur.


18 commentaires :

  • Chère Véronique,
    Merci pour ce récit, merci d’avoir rapporté le témoignage de ces trois hommes. L’univers carcéral est une grande inconnue pour beaucoup de gens. En donnant la parole à des personnes emprisonnées vous leurs rendez une certaine dignité et faites entendre leur voix. Les UVF leurs permettent de continuer à avoir une semblant de vie familiale, une intimité, elles devraient être développées à plus de prisons.

    Amicalement,

    Kahina


  • Je vous remercie de votre commentaire. Il me semble qu’on ne parlera jamais assez des prisons : quoi qu’ils aient fait, les détenus restent des hommes et un jour ou l’autre ils sortiront de l’univers carcéral. Dans quel état ? La prison devrait sans aucun doute punir, mais aussi aider, instruire, ouvrir d’autres horizons. Les prisons françaises font tout le contraire avec l’assentiment de la majorité de la population...
    Cordialement à vous,
    Véronique


  • "...avoir été volé par une société qui voulait se venger." et tout est dit.
    Depuis toujours, depuis tout petit, la prison m’a toujours fasciné, mais surtout sauté à la gueule comme étant un contre-sens, une sorte d’anomalie...enfermer des hommes pour faire qu’ils aillent mieux en sortant ?! La prison est choquante, et particulièrement en France !
    Donc je trouve que cette phrase est des plus importante ! Merci pour ces témoignages, dites-leur !
    Une emission fin août, très pédagogique, concernant les prisons ouvertes : http://info.arte.tv/fr/thema-prisons-ouvertes-un-pas-vers-la-reinsertion


  • Merci de votre commentaire ; la commission sera faite aux intéressés. Il est très important que l’opinion publique évolue dans ses idées sur les détenus, les prisons, les peines infligées. Tant que la majorité pensera qu’il faut enfermer certaines personnes le plus longtemps possible, en les humiliant, en les rejetant, en les traitant en sous-hommes, le pouvoir politique ne changera rien.


  • bonjour Véronique,
    le récit de Marius en particulier m’a touché. il parle bien de sa condition de détenu. je voulais citer certaines de ses phrases mais il faudrait les citer toutes tellement elles font mouche. privé de liberté mais surtout d’avenir. enfermé dans ses souvenirs, le temps arrêté, tandis que le temps continue à courir pour ses proches non détenus. se souvenir comment sa femme l’aimait. il fait bien comprendre comment la détention crée de la distance et de la frustration dans un couple et une famille.
    merci


  • Bonsoir,
    Votre commentaire sera transmis à "Marius". C’est vrai qu’une détention brise très souvent les familles, si ce n’est tout de suite, du moins dans la durée ; et c’est vrai aussi qu’une telle fracture n’aide en rien, au contraire, à la réinsertion d’un prisonnier. On peut donc réfléchir sur son utilité.
    Merci d’avoir réagi aux textes des détenus.


  • quelle superbe idée de leur donner une voix ! merci à vous merci à eux !


  • Merci de votre commentaire ; tout sera transmis aux détenus. Leur donner la parole parce qu’il faut que les gens sachent ce qui se passe réellement en prison ; je suis persuadée que si les gens savaient, ils changeraient d’avis sur le monde carcéral et que les choses pourraient évoluer vers plus d’humanité et d’efficacité.


  • Bonsoir Véronique,
    Bravo pour votre initiative auprès de ces hommes. Les conditions carcérales françaises sont aujourd’hui connues et dénoncées. Mais en ce domaine comme en plein d’autres, l’institution ne change pas ou si peu !
    Amicalement,
    Catherine


  • Je ne pense pas que les conditions de vie en prison soient réellement connues, car si elles l’étaient, l’opinion publique réagirait. Hors de toute question d’humanité, il faut penser, de façon pragmatique, que ces hommes ou ces femmes , quoi qu’ils aient fait, vont sortir et qu’il est de l’intérêt de tous qu’ils soient capables de vivre dans notre société. Je veux croire que l’institution changera si le regard de la société sur le monde carcéral change. Il me semble qu’actuellement, dans une vision très judéo-chrétienne, l’opinion publique veut que les délinquants ou les criminels expient leur crime ou leur délits ; elle ne veut pas du tout qu’ils se réinsèrent ou tout bêtement qu’ils s’insèrent en elle.


  • Bonjour Véronique,
    Je partage votre manière de pensée pragmatique quant aux conditions nécessaires pour favoriser le présent et l’avenir de ces personnes. Effectivement, "surveiller et punir" reste le point de vue dominant. Ce qui incite quelques-uns dont vous êtes d’agir et de dire pour penser, dévoiler ce qui est dénié.
    Catherine


  • Merci de votre réponse et tentons d’agir.


  • Bab :

    Au "parlement des invisibles", certains sont encore plus invisibles.....et par votre intermédiaire ils existent à nouveau.
    Transmettez-leur nos soutiens, que cette petite chaine de messages leur donne du courage...bravo aussi pour leurs récits, pour avoir osé les publier ; car je trouve que l’écriture ne va pas de soi et donner à lire ses récits est encore moins une évidence ! c’est à mon sens déjà un beau défi !
    bab


  • Un grand merci pour votre message plein de sympathie. Je vois les auteurs demain et je suis sûre que vos mots leur feront chaud au cœur.


  • Viktoriro :

    C’est très bien écrit au point d’être très maîtrisé, très canalisé, très bien traduit, comment faites -vous pour leur faciliter la voie, leur donner le goût d’écrire (un peu de liberté ?) et leur donner la voix à Marius et tous les je qui disent nous ? Viktoriro.


  • Les textes ne sont ni canalisés, ni traduits mais, en quelque sorte "bruts de décoffrage". Les auteurs viennent à un atelier de lecture ; lorsque je leur ai parlé du projet" raconter la vie" qui veut donner la parole à ceux qui ne l’ont jamais, c’est tout naturellement qu’ils ont écrit. Les auteurs des textes ont, comme toutes les personnes emprisonnées, beaucoup de choses à dire, mais, à la différence de la majorité, ils ont fait des études et savent écrire.
    Le texte a été censuré par l’équipe de "raconter la vie" 2 fois : une 1ère quand un détenu parlait de la masturbation en prison, car il est très vrai que la privation de vie sexuelle est parfaitement scandaleuse ; une seconde fois pour une phrase qui disait que les détenus étaient des gens comme les autres. Sinon, les textes sont tels qu’ils sont sortis des mains de leurs auteurs.
    Merci de votre commentaire. Je le leur transmettrai. Véronique


  • Viktoriro :

    Je vous remercie pour ces explications mais vous que faites vous dans le conseil en écriture, quel est votre apport ? En quoi ça consiste ? Que comptez vous faire précisément pour ceux qui ont perdu la langue ou si peu connu l’écriture mais qui ont une expression forcément ? Que leur écrit-on si c’est le cas ? Voyez ce que je veux dire ? Merci, je vous prie de m’excuser pour mon insistance.Viktoriro.


  • Je crois que je vais vous décevoir...Je n’ai apporté aucune aide et j’ai veillé à ne rien changer aux textes des détenus précisément pour faire entendre leur voix le plus authentiquement possible. J’anime un atelier de lecture (échange de livres et d’impressions) pas du tout un atelier d’écriture. Il y a beaucoup de livres sur les ateliers d’écriture en prison en particulier ceux de François Bon ou de Monsieur Frégni. Je ne fais hélas rien pour ceux qui ne lisent ni n’écrivent, quoique bien évidemment ils aient des choses à dire mais il faudrait pour cela qu’ils se manifestent en venant aux activités de la prison. Il est très difficile de toucher des gens qui restent cloîtrés dans leur monde...Je fais partie d’un organisme qui se charge d’écrire à des détenus ; si cela vous intéresse, vous pouvez consulter le site du Courrier de Bovet.
    Je suis à votre disposition, si vous souhaitez me poser d’autres questions.
    Cordialement à vous. Véronique



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