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Fragments d’école -
par Max Ambourg

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Publication : 12 décembre 2013

Durée de lecture : 8 mn

Nombre de mots : 1740

Ces fragments d’école pour presque 40 ans d’enseignement en zone dite difficile avec des élèves qui semblent flirter avec l’échec scolaire.

Certains se révoltent. La plupart s’éteignent, visages défaits des fonds de classe.


7 commentaires :

  • Outch ! Votre texte, très beau, d’ailleurs, me laisse sans voix... Ancienne enseignante moi aussi, je n’ai pas attendu la retraite pour "raccrocher ma blouse" et "aller me faire pendre ailleurs"... C’est tellement déprimant, l’état de notre école, et ces générations entières de gamins qu’on laisse s’ennuyer et perdre leur temps (et nous faire perdre le notre) sur les bancs de l’école (... non, il n’y a plus de bancs depuis belle lurette...)... Et effectivement, les choses ne vont pas en s’arrangeant, les directions s’attachent à faire remonter le moins d’incidents possibles aux rectorats, de crainte d’être "mal notées"... Du coup, le mot d’ordre, c’est "pas de vague", surtout pas de vague"... Donc on détourne la tête, et on attend que ça se passe... Insupportable !
    Vous avez eu du mérite d’aller jusqu’au bout... Et j’espère pour vous que ce beau texte ne représente que des "morceaux choisis", et que vos 40 ans dans l’enseignement ne vous auront pas laissé que ces souvenirs...


  • Texte magnifique que je n’aurais peut-être pas compris si je ne sortais pas d’une expérience identique. Je pourrais confirmer tout le texte mot à mot.... les élèves qui ont décroché depuis des années et qui s’endorment sur leur cartable pour qui le Chef d’Etablissement dit : "nous ne pouvons rien faire, il faut les traîner jusqu’à la fin de la troisième, c’est la loi Haby".... idem pour ceux qui ne savent pas écrire. Les inspecteurs demandent aux professeurs de langues de ne pas trop en demander, "les langues c’est pour les statistiques". Quand j’ai demandé à un ancien pourquoi les choses se passaient comme cela il m’a répondu : "parce que c’est le règne de l’hypocrisie". Et à la sortie les parents se plaignent que "dans les classes il y a trop de bruit, c’est la faute du professeur." Mais surtout pas de vagues ni de remise à plat du système !
    Celui qui n’a jamais enseigné dans un collège n’imagine pas un instant ce qui s’y passe. Ce qui compte ce n’est ni l’avancement ni la notation réelle des élèves, mais celle de l’établissement et la place dans les statistiques de l’OCDE.
    Nos âgés peuvent encore penser que c’est la faute des professeurs, moi j’ai trouvé que les professeurs étaient héroïques et j’ai renoncé à poursuivre une expérience inhumaine et insensée.


  • Bonjour,
    J’aime beaucoup votre livre.
    Merci.
    Un texte humain face à ce désespoir. La curiosité, c’est terrible , elle manque aussi beaucoup à ces jeunes.


  • Bravo pour votre talent à faire franchement rire d’un tel délabrement !


  • S. :

    Certains lecteurs peineront sans doute à croire que tout est vrai, et pourtant... Les politiques font mine de s’indigner de ce que l’école n’offre pas l’égalité des chances, comme si l’école pouvait à elle seule réparer les injustices de la société. Il est tellement plus simple de rendre l’école responsable. Cet abandon des plus démunis, qui finalement fanfaronnent dans les classes pour, une seule fois peut-être, avoir le dessus quand l’avenir leur réserve des positions dominées, est scandaleux. Il est tout aussi scandaleux qu’on laisse les professeurs se débrouiller avec tout ça sans aucun moyens, ni d’ailleurs aucune reconnaissance sociale...


  • C’est drôle comme le hasard fait bien les choses. Tomber, trois ans après avoir quitté votre salle de cours, sur ce texte. Et puis, avec le recul, et parce que j’en ai été témoin, -et aux premières loges-, comprendre la justesse de ce que vous y exprimez. L’école n’est pas (n’est plus ?) ce qu’elle devrait être...
    Dans tous les cas, c’est toujours aussi enrichissant de vous entendre, et de vous lire !


  • Duez :

    Il me semble y reconnaître certains camarades de classe... Allez, vous n’avez pas eu que des élèves décourageants, il y a tous ceux qui réussissent, ceux qui ont profité de votre enseignement, ceux qui se souviennent que derrière l’irascible Max (je vous entends encore vociférer : "mais ce n’est même pas un prénom !") se trouvait un prof passionnant, et qui, marqués par vos discours, ne peuvent toujours pas regarder un match de rugby sans une certaine émotion mais restent opiniâtrement révoltés contre la société de consommation et en particulier les hypermarchés... plus de quinze ans plus tard tout de même...

    Si c’est bien vous alors je suis contente de vous avoir retrouvé, en même temps j’ai peu de doutes : je vous entends bien prononcer avec véhémence certains passages de ce petit livre, on y reconnaît bien votre style !

    Une ancienne élève qui fit des études littéraires dans un grand lycée parisien mais qui n’y trouva pas vraiment ce qu’elle cherchait... Amandine Duez



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