Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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La fonction d’enseigner -
par Marie Syron

Attention, ce récit n'est pas publié

Publication : 3 février 2015

Durée de lecture : 31 mn

Nombre de mots : 6240

Le parcours d’une professeur des écoles

Au-delà d’un métier, un investissement personnel, idéologique, une façon de militer, d’être au cœur de la société.


13 commentaires :

  • Marie, votre récit m’a passionné. Enseigner requiert un investissement lourd, qui reçoit de plein fouet les contradictions et les fragilités de notre société. Ne pas être reconnu est vite déprimant et à la longue insupportable. Tout cela ressort bien de votre témoignage. MERCI de l’avoir écrit.


  • Chère Marie, j’ai trouvé votre texte très fort. Vous montrez bien l’envers du décor du métier d’enseignant. Je suis deux fois plus persuadée, à la suite de cette lecture, qu’il faut avoir mille qualités et surtout, bien du courage pour choisir la voie de l’enseignement ! Merci pour ce texte !

    Kahina


  • Merci, Joseph, de l’avoir entendu.
    Les projecteurs braqués actuellement sur l’école n’étant pas de nature à arranger les choses.


  • Merci, Kahina, pour votre chaleureux message.
    Il est temps de s’interroger sur les causes de la pénurie d’enseignants actuelle.


  • Bravo pour ce beau mémoire, dont je suis proche à maints égards. Moi aussi je me suis mis à écrire pour comprendre, me soulager aussi. On pourrait commenter à l’infini, un point peut-être de réflexion : "j’ai la conviction chevillée au corps que tous peuvent y arriver..."(ou "j’avais" ?). On y croit, puis à la fin non, d’où insupportable conflit avec notre mission impossible. Comment pourrait-on faire les choses à moitié ? En plus transparaît de temps à autre une petite mafia inutile à notre tâche mais dotée de pouvoir, qui décide sans vraie légitimité ni intelligence, mais très nocive.


  • Viktoriro :

    Marie,

    Bonjour,

    Il se trouve qu’une de nos filles qui a votre âge, votre prénom,a eu plusieurs activités privées avant de devenir enseignante, violoncelliste aussi nous fait passer en filigrane son métier. Elle s’y retrouverait en vous lisant. Tout d’abord ne vous considérez surtout pas en échec, ne pensez pas que je vous le dise parceque vous êtes arrêtée, fatiguée et vidée. Ce que vous avez fait parle pour vous et se comprend de la part de quelqu’un qui n’est pas de la partie. Tout d’abord cette fonction hybride chef d’établissement-institutrice est une aberration, ces missions sont antinomiques, enseigner et assurer un management externe et interne.Comme vous êtiez le tout et la partie, rien n’était plus simple que de vous imposer, en fermant les yeux que vous deviez assurer les deux (se méfier de ce verbe car il n’est jamais un bon signe). Ensuite,comme professeur des écoles, vous faites sans arrêt l’aller retour entre le singulier(l’élève) et le collectif (la classe) qui n’appartient qu’au groupe, c’est sa vie et son secret, mais aussi le degré de confiance que les autres vont vous reconnaître.


  • Viktoriro :

    Ce doit être terrible car il y a une certaine forme d’égoîsme des parents qui ne pensent qu’à leur enfants bienque vous vous évertuez à présenter un projet progressif collectif avec acquisition de connaissances sans mésestimer l’évolution et l’évaluation de chacun(e). C’est aussi autant de familles à faire vivre ensemble dans une classe avec des enfants d’âge si différents ; forcément il se révèle à vous des traces éducatives entérinées ailleurs compatibles ou pas avec la marche du groupe mais il doit y avoir des effets positifs dans cette mise en commun. Les gens n’aiment pas que l’on dise d’eux même si vous vous êtes employée à faire ressentir, nuancer, votre écriture le prouve. Quant aux élus, ils sont le réceptacle des plaintes, sont le président de votre conseil, j’imagine. Vous vous trouvez avec forcément des jugements de valeur quelque part.


  • Viktoriro :

    A biens des égards je trouve des ressemblances, sans toutefois l’assimiler, avec le soin public ou privé. Vous vous êtes trouvée confrontée avec ce méchoui d’or symbolique avec les partisans et les opposants à l’argent et naturellement personne pour arbitrer....Vous écrivez tbien car vous alternez voire mêler l’illustration et la réflexion. Mais dieu que vous avez eu peu de soutien professionnel. Etait-ce le prix à payer par les professeurs des écoles qui légitimement sont maîtres de leur classe ? Qui coordonne tout ça ? L’inspecteur ? L’inspection. Le rectorat ? Le Maire ? L’équipe de secteur ? J’ai eu plaisir à vous lire, plaisir entendez-vous ?Excusez moi le système dit moins de 1500 bonne journée !


  • Merci, Pierre, pour votre retour et vos questionnements.
    Je maintiens le présent, pour ce qui me concerne, d’où un surcoût en énergie insupportable et un sentiment de gâchis eu égard au contexte. Ce ressenti peut d’ailleurs s’appliquer autant à l’enfant qu’à l’adulte.
    Intéressante, à mon avis, la réflexion de François Dubet, sociologue, à propos de l’institution en général, et de l’école en particulier.


  • Viktoriro,
    J’ai été touchée par votre commentaire, ainsi que par votre présentation d’ailleurs. Merci à vous.
    Le groupe classe est effectivement un lieu privilégié de mise en commun. L’apprendre ensemble est primordial d’où la richesse d’un groupe hétérogène, la mixité sociale, comme on dit.
    Le soin est effectivement l’autre institution traversée par des problématiques comparables.
    J’aime beaucoup votre "méchoui d’or".
    La question se pose en effet du déshabillage de la fonction : maître de quoi ?
    Bon jardinage. Peut-être bientôt un récit à nous faire partager ?


  • tout y est : fonction + enseigner. C’est un beau et passionnant métier. Epuisant. Merci de votre témoignage.


  • Je n’ai pas la paternité du titre mais le voilà adopté.
    Merci Seysha pour votre lecture.


  • Je viens sur la page des gens qui ont pris le temps de lire ce que j’ai écrit .... Votre récit mérite qu’on se pose et qu’on lise à tête reposée, je le ferai dès demain.
    Les quelques lignes lues au début ont douloureusement résonné.
    Un burn out, une déprime. je lirai demain ;
    Bonne soirée à vous.
    Bien à vous.
    S.



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