Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Mon Capitaine au long cours -
par Françoise Gehannin

Attention, ce récit n'est pas publié

Publication : 23 juin 2014

Durée de lecture : 43 mn

Nombre de mots : 8680


12 commentaires :

  • C’est tout un monde que vous nous faites découvrir ! J’avais lu des textes de Marcel Cohen sur ces énormes bateaux que l’on voit se succéder toutes les 5 à 10 mn vers le port du Havre, mais je ne connaissais pas le travail quotidien du capitaine au long cours. C’est passionnant.


  • Bonsoir,
    Une véritable immersion dans la vie d’un capitaine. Je ne connais rien à la mer ; si. Deux traversées en ferry durant mon enfance. Je me souviens encore de ces haut-le-coeur, des navires qui tanguaient. Rien de bien mémorable. Hormis une promesse de ne jamais remonter dans un bateau. Finalement, j’ai navigué dans votre récit et j’ai aimé cela. Autre chose, c’est une belle déclaration d’amour que vous livrez ici. Merci.

    Kahina


  • Bonjour Nathalie, bonjour Kahina

    Grand merci à toutes les deux pour vos lectures et l’intérêt témoigné à mon récit.
    C’est en effet "tout un monde" que celui des marins, un tout petit monde à l’écart, sur les grands océans. En somme, des marginaux très intégrés dans leurs traditions.
    Je ne connais pas les textes de Marcel Cohen dont vous parlez, Nathalie. Si vous vous souvenez de la référence, je m’y plongerais volontiers.
    Mon capitaine m’a raconté, Kahina, qu’il existe des marins sujets au mal de mer qui ont fait toute leur carrière (pardonnez ce détail trivial) avec un seau à proximité...
    Quant à ma déclaration... à tous les sens du terme, ce capitaine est un beau sujet !

    Françoise Gehannin


  • Alors, pour Marcel Cohen et les porte-containers : A des années-lumière, éditions fario, 2013, p. 31 à 39. Il en parle ailleurs aussi, mais je ne sais plus où, peut-être dans Faits, 2. Il insiste sur le souci exclusif de rentabilité des armateurs, sur l’exploitation des marins d’Asie du Sud-Est et d’ailleurs, sous-qualifiés et surexploités par ceux que vous appelez les "marchands d’hommes". Il ne parle pas des "near-misses", son texte donne à penser que la vie d’un homme ne compte pour rien.


  • Merci pour la bibliographie ! Je me procure " A des années-lumière" dès que possible.


  • J’ai retrouvé la 2ème référence de Marcel Cohen : "Faits, 2", texte 7, Gallimard, 2007. Il interroge un commandant de bord.
    Presque chacun des 105 fragments qui constituent ce livre pourrait être un texte de Raconter la vie.


  • Mais vous êtes une mine, Nathalie ! Merci encore. Je vais suivre ce filon-là aussi.
    N.B. : "Commandant de bord" ne se dit que pour les pilotes d’avions. Sur les navires on dit simplement "commandant" (ou, plus familièrement, "le Vieux", le "Pacha", le "Tonton")


  • Nathalie, j’ai lu l’opuscule de Marcel Cohen et me situe … « A des années-lumière » de certaines de ses affirmations à tout le moins exagérées ! Aux dires et à l’expérience de mon informateur préféré, affirmer « qu’on n’hésite plus à jeter les clandestins par-dessus bord pour éviter les tracasseries administratives » ou laisser entendre que, pour ne pas perdre de temps, nombre de navires ne se dérouteraient plus pour porter assistance aux naufragés relève pour le moins de la généralisation abusive. Les exigences de rentabilité n’ont pas fait de la plupart des capitaines des voyous ou des criminels (ni les armateurs non plus, soit dit en passant, qui savent mettre en valeur les hauts-faits de leurs équipages dans leur politique d’image) Il faut penser aussi qu’un commandant n’est pas seul à bord : dur dur d’être un salaud face au regard de son équipage !
    Je crois qu’on peut appliquer au capitaine les belles paroles de Marcel Cohen concernant l’écrivain (p.54) « l’écrivain n’est pas libre de tout faire, sa marge de manœuvre n’en est pas moins très réelle. »
    Un capitaine a, en toutes circonstances, le pouvoir de dire « non ».

    P.S. : Sa comparaison entre listes d’otages et listes de licenciés me hérisse tout autant, trop expéditive pour être éclairante : notre quotidien n’est pas drôle ; ce n’est pas la peine d’en rajouter pour en être pleinement conscient. Mais c’est une autre histoire...


  • C’est vrai que ce livre de Marcel Cohen est très sombre, avec une tendance trop systématique à retrouver Auschwitz dans notre monde contemporain. Je comprends que des professionnels de la mer puissent en être irrités !

    Mais la loi sacrée d’assistance aux naufragés a subi des atteintes ces derniers temps (Lampedusa, par exemple). Sans être des salauds, les commandants ne subissent-ils pas des pressions de leurs Etats respectifs pour ne pas recueillir des réfugiés dont on ne saura pas quoi faire ensuite ?


  • Nathalie, à notre connaissance les commandants ne subissent pas ce genre de pressions de la part des états (européens en tous cas) ni de leurs patrons, les armateurs.
    A la lecture de la presse, j’ai plutôt le sentiment que les garde-côtes italiens et maltais sont débordés par l’afflux de réfugiés.
    C’est leur « statut » même de clandestins qui les condamne à s’en remettre aux passeurs cupides et sans scrupules et à risquer la traversée dans des conditions atroces, entassés sur des barcasses. Par ailleurs, des sauvetages existent, mais aussi parfois des sauvetages manqués car rien n’est plus périlleux que de recueillir sans dommages des naufragés épuisés à son bord, surtout pour les gros navires.

    Histoire de sourire un peu après ces sombres propos : j’ai écrit une nouvelle intitulée "La Dérive des conteneurs" qui met en présence un commandant et un clandestin sur une île déserte…(taper La Dérive des conteneurs de Françoise Gehannin, puis aller sur « Binic – Au fil de l’Ic »)


  • "Le capitaine breton vient au secours de 780 migrants"...

    C’est le titre d’un article de Ouest-France du 11 août dernier (consultable sur le Net) Je ne pouvais manquer de signaler ici le récit du commandant Philippe Martinez qui vient illustrer avec bonheur notre échange au sujet des clandestins naufragés en Méditerranée. D’autant que la presse nationale ne semble pas pressée de relayer cette info...

    Il raconte le sauvetage, la joie de n’en avoir perdu aucun dans l’opération, très "sportive", de transbordement des naufragés à son bord, les soins apportés aux blessés par balles et armes blanches, sa décision de ne pas les renvoyer en Libye et sa négociation avec les gardes-côtes italiens.

    780 !!! Bon sang ! ça justifie une vie, non ?


  • Je viens de lire l’article : toute l’histoire est bouleversante et l’exploit inouï. En effet, il faudrait que ce genre d’info soit bien plus diffusé. Un grand merci !



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