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raconté par ceux qui le vivent
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Remplir le temps -
par Christine Lapostolle

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Publication : 11 février 2014

Durée de lecture : 17 mn

Nombre de mots : 3450

Arthur, la cinquantaine, n’est ni retraité, ni chômeur. Un jour, il a découvert la littérature ; consacrer sa vie à la lecture lui est alors apparu comme une nécessité.

Je ne veux pas sortir de mon ordinaire. Je n’aime pas l’extraordinaire. Je n’en ai pas besoin. J’aime ce qui est répétitif. Ce répétitif, je le vis sans intention de le construire. Il s’est construit de lui-même tout doucement.

Christine Lapostolle

"Depuis 2006, j’ai ouvert moi-même un site - http://www.christinelapostolle.fr/ - sur lequel je dépose les descriptions que des personnes que je connais ou que je ne connais pas acceptent de faire de la manière dont elles occupent leur temps. "



12 commentaires :

  • Bonjour,
    J’ai aimé lire votre récit en me demandant où il allait me conduire à travers ces journées répétitives, nécessaires qui sont juxtaposées, pense-t-on à ce qui se passe dehors.
    La vie intérieure de notre entourage est un mystère pour nous.
    L’enfermement est triste.
    Notre époque renforce ces enfermements si on n’y fait pas attention.
    L’extérieur, ce qu’on ne maîtrise pas, ce qu’on ne contrôle pas, existe malgré nous, avec nous.
    Pour trouver sa place la communication et l’échange sont indispensables.

    J’ai aimé aussi le mystère évoqué pour la femme. Nous avons les mêmes questionnement sur les hommes en tant que femme.
    Voici les quelques notes sur le vif, après la lecture de ce récit.
    Merci,
    Bien à vous, Sandrine.


  • Bonjour,

    ce recit est d’une limpidite et d’une simplicite tres appreciable, en meme temps il souleve des questions profondes tout a fait contemporaines. J’ai vraiment apprecie la qualite de l’ecriture, et la concision de la narration, bien rhytmes, non sans rappeller la vie de ce cher Arthur. Je me demande tout de meme comment il subvient a ses besoins sans argent.
    Le mystere de la femme m’a beaucoup plu egalement, je me suis retrouve dans ce propo.

    Merci de partager ce talent.
    Cdt


  • Emballée comme après la lecture d’un roman percutant.
    Arthur fait son travail d’humain et rien d’autre. La description posée et délicate est magistrale, bravo pour l’écriture.
    C’est marrant... Je ressens comme un soulagement de savoir que Arthur existe, qu’il écoute les galets et remet à leur place les silex qui ne l’intéressent pas pour ne pas les séparer du lieu auquel ils appartiennent.
    J’irai voir votre blog Christine


  • Cette recherche de "remplissage du temps" m’a fascinée, remplissage par des rituels, des recopiages, des sorties à heure fixe. Que cela semble ennuyeux, insupportable à la longue ....mais Arthur semble toujours curieux, un mystère pour moi !
    J’ai recopié une très belle phrase "J’ai l’impression de toucher le temps par l’intermédiaire de l’objet", voilà les traces du temps dont nous avons besoin.
    Ce très beau récit m’a intriguée et plu. Merci


  • Bonjour,
    Cet Arthur semble être un personnage de Beckett ou de Bernhard oublié dans une petite maison avec une radio, des livres et un bloc de papier et qui aurait trouvé son auteure sous votre plume.


  • gavroche :
    en fait dans ce récit il n’y a que de la réalité, pas de vérité, si celle du lever 4h44. Puis la réalité s’enchaine et enchaine sur d’autres réalités voix de la radio, recopiage de la parole des autres, culture dans le jardin, balades.
    Je connais beaucoup de gens qui fonctionnent comme cela ; les journalistes aussi. Réellement on sent une angoisse affolante dans ce récit, à quoi je sers, Stéphane.


  • En tout cas un beau portrait, mystérieux qui mine de rien, nous interroge sur notre propre rapport au temps qui est la question fondamentale de toute vie. Texte atypique. Mais comment j’aimerais savoir comment il s’est imposé à son auteure ? Le texte commence par "il" puis passe au "je" pose la question de la voix narrative ? Est-ce une fiction ? Arthur est-il réel ? Il y a une dimension étrange dans ces lignes...


  • Rassurez-vous, Arthur est bien réel ! Il est cet après-midi aux côtés de la descriptrice.
    "J’ai recommencé le jardinage cette semaine, après les tempêtes.
    Pour paraphraser Jacques Lacan : la réalité ce n’est pas quand on se cogne, c’est quand on cogne la terre pour y planter ses pommes de terre.

    Arthur - toujours entre épluchures et littérature "

    Merci de vos commentaires et à une prochaine fois au hasard des promenades...


  • Très, très beau, cet autoportrait recomposé ! On découvre une personnalité résolument singulière, un caractère totalement réfractaire aux conventions, et qui s’est forgé tout seul, c’est magnifique ! Quelqu’un qui, entre autres, n’aime pas l’extraordinaire, qui cherche la répétition, mais une répétition libre, sans contrainte, et qui "touche le temps" en ramassant des silex.
    Merci !


  • C’est superbe...
    c’est comme une vie de moine copiste et libre penseur qui glisse sur le temps


  • Très belle prise de conscience du personnage...


  • de l’anarchie douce, de la métaphysique tranquille, de l’écologie mentale et une poétique du quotidien si loin et si près du monde. merci beaucoup pour ce partage



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