Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Sans logement -
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Attention, ce récit n'est pas publié

Publication : 31 janvier 2014

Durée de lecture : 7 mn

Nombre de mots : 1450

Comment garder sa dignité en hébergement d’urgence ?

A l’hôtel depuis six mois, j’ai compris que la majorité des gens qui en poussent la porte, y voient leur vie de plus en plus saccagée, la perspective d’un nouveau logement s’éloignant en conséquence. Ce problème, j’en suis minée.


11 commentaires :

  • Tout à fait d’accord avec vous, on ne dit pas assez ce que l’on subit et comment on l’éprouve. Se faire entendre n’est jamais facile, mais vous ne partez pas sans ressources dans ce domaine.


  • Je vis depuis 5 ans en Haute Vienne, à 40kms de Limoges. Je suis aide soignante et j’élève seule ma fille de 7 ans. J’ai roulé 600 kms pour arriver là, passer de l’une des villes les plus chères de France, Annecy, au département dont les loyers sont les plus accessibles. Je paye 390 euros charges comprises pour un appartement décent de 80m2. Vous pouvez avoir accès à un logement HLM en quelques jours, y compris bien sûr avec un RSA. Le village est pauvre, il n’a certes pas le charme d’un bijou d’architecture entretenu pour les touristes, mais les gens y sont chaleureux, il y a des équipements culturels et une délicieuse rivière. L’agence immobilière vous propose spontanément les systèmes d’aide existants pour vous aider à accéder à la location. Il n’est pas plus difficile qu’ailleurs d’y trouver du travail, Limoges et Poitiers sont deux vraies villes universitaires. Je vous en prie, si vous n’avez trouvé aucune solution au 31 mars, contactez moi. Je vous offrirai le billet de train, vous hébergerai à votre arrivée le temps nécessaire. Ne vous inquiétez pas, nous trouverons des systèmes de troc pour que vous ne vous sentiez pas redevable. J’ai ainsi cohabité 9 mois il y a quelques années avec une amie qui venait de divorcer. Vous imaginer à la rue m’est insupportable. Et lorsque vous aurez trouvé un toit, vous lutterez contre les marchands de sommeil. Je m’appelle Estelle, j’ai écrit "compter les sous que je n’ai pas".


  • PS : je ne suis plus de la première jeunesse, je ne suis plus vraiment belle, j’ai juste de quoi vivre et encore 15 ans de travail devant moi, je n’ai statistiquement aucune probabilité d’être aimée à nouveau, je ne serai jamais propriétaire de quoi que ce soit, et je me sens extraordinairement libre. Je connais régulièrement des moments de joie pure à regarder la vie palpiter. Tenez bon, vous n’êtes pas seule.


  • Anne-Valérie,
    Je reprends les mots d’Estelle en vrac : troc, offrir, hébergement, toit et j’y ajoute vivre (à la campagne aussi, campagne ou les échanges se tissent aussi, mais peut être plus loin de la ville que ce que propose Estelle (Paris / Dijon 2h... / Auxerre 30 min ). N’hésitez pas à faire signe, ne serait-ce que pour un havre de quelques jours. Sincèrement.


  • Anne-Valérie L. :

    Bonjour,
    Je veux dire aux gens qui ont aimé mon récit, qui m’ont mis dans leur bibliothèque, ou comme auteur favori, que je les en remercie, car cela me fait chaud au coeur.


  • MERCI à Valérie d’avoir osé témoigner sur la situation du logement social, et d’urgence social, que je connais bien puisque je me suis retrouvée sans logement et quasi"à la rue" quand je ne pouvais plus me payer l’auberge de jeunesse avec mariton allocation spécifique de solidarité(ASS), environ 480E par mois, et sans allocations logement car la CAF ne verse pas d’APL pour des logements temporaires, à part pour des hôtels...mais le loyer est encore plus cher(minimum 35 E la nuit si on s’engage sur 1 mois ! c’est intenable avec un revenu minimum,
    Les travailleurs sociaux(assistantes sociales) sont dépourvu d’idées, de moyens....en tout cas si on ose proposer des solutions, on est pour ceux-ci une arrogante, dérangeante, et on cherche , et à vous humilier.
    Oui, il y a défaillance des acteurs sociaux, un vrai cinéma.....à croire que la misère les fait vivre. c’est un constat honteux, où le respect de l’individu n’a pas de place, où ces gens qui ont un travail stable et rémunéré, vous disent d’appeler le 115, alors que pour le département de l’Isère le numéro est saturé. Mieux, on m’a même dit que je n’aurai jamais de logement social avec "mes revenus", dans une commune "huppée".
    ET le FSL_accès....mesure pour aider les "précaires" à retrouver un logement...quand est-ce que l’aide sera versée ?
    Le système est honteux par son fonctionnement. Où est la dignité humaine dans tout ça ?
    Indignez-vous ! Merci aussi à Stéphane Hessel.


  • Bonjour,

    Parents de 2 enfants en études supérieures et d’un age probablement proche du votre,nous avons été boulversé par votre récit lors de l’émission " Périphérie" de France Inter.
    Nous nous sommes imaginés l’un de nos enfants dans votre situation.
    Ce que vous vivez, dans une société qui se devrait solidaire comme la notre, est tout simplement indigne et inaccepatable.
    Nous souhaiterions vous apporter un peu d’aide et serions heureux de vous faire part d’une idée que nous avons eue.
    Vous serait-il possible de nous joindre sur notre adresse mail ?
    Par avance merci et courage.
    Famille V


  • Merci Valérie,
    Je profite de ton témoignage, car je vais être dans ta situation dans les jours qui viennent, exactement le 12 avril 2014.

    Détresse et urgence en live...
    Je devrais remettre les clés de l’appartement à mon propriétaire, qui a entamé une procédure d’expulsion, pour 2 mois de loyers impayés. Depuis 2006, je suis dans cet appartement à Paris, et je n’ai jamais eu d’impayés jusqu’à ses 2 derniers mois. Etant au bout du bout de mes ASSEDIC, je n’ai plus suffisamment de ressource pour prétende à un appartement, mais assez pour subvenir à mes besoins, et étant, à la recherche très active d’un emploi, j’ai besoin d’arrêter cette spirale en demandant de l’aide une personne ayant le possibilité m’héberger 2 mois maximum, afin de remonter la pente, car toutes mes démarchés auprès de la Mairie, de l’Action Sociale et la CAF on étaient faites.
    Je pleure, car je n’ai pas de solution et ça fait vraiment mal d’en être là. Je me sens démoraliser, triste, j’ai peur des jours qui viennent. Frustrer de l’incertitude de mon avenir à court terme. Et j’ai envie de garder l’appartement mon seul repère, dans ce chaos sociétal insoluble. Si je perd l’appartement, je pense que je n’arriverai pas remonter la pente, car c’est la dernière chose qui me stabilise humainement. Une impression de devoir recommencer toute à zéro avec un contexte économique catastrophique à tous les niveaux.

    Une envie de mourir...


  • Anne-Valérie,
    Je sais et comprends, ce que tu me dis.
    Il est vrai qu’il n’y pas eu encore de jugement, mais vu la détermination de mon propriétaire, j’ai peur de perdre au tribunal et, en plus, de devoir payer ses frais d’huissier et d’avocat et, l’avenir est incertain au niveau emploi pour éventuellement stopper la procédure. Il m’offre une porte une sortie avec effacement des 2 derniers mois, par contre, je serai dans la rue, quoiqu’il puisse arriver. Mon post, c’est simplement pour exprimer les derniers moments avec un toit, les démarches que j’ai effectué et que malgré tout, être dans une impasse.
    Réponds dans les commentaires, je également de même.


  • Merci Anne-Valérie pour vos posts.
    Dans les étapes que vous décrivez, une partie d’entre-elles sont déjà faites. Lundi, je dois passer au point "accès au droit" Paris 15éme, afin de connaître les maigres possibilités, qu’il me reste. J’enverrai un RAR suite à mon rendez-vous. Effectivement, mes revenus sont inférieurs à 1000€, sache que je sors de 2 mois fiché à la Banque de France et que tous mes prélèvements EDF, impôt, Internet, portable et un petit prêt personnel ont été refusés par ma banque à cause de ce fichage, du coup, j’ai accumulés depuis le mois de décembre 2013, une somme considérable, mais toutefois remboursable si j’avais un emploi stable et, mon propriétaire a fait appel à un huissier qui m’a envoyé le 15 un "commandement de payer". J’ai aussi reçu d’autres lettres de payer des autres organismes et, pour couronner le tout, actuellement, je n’ai pas 1 seul euro en poche. La semaine dernière, mon assistante sociale m’a donnée un document afin de pouvoir manger. Bref, la situation n’est pas simple. Ayant eu des postes à responsabilité et en être là aujourd’hui, surtout après 15 entretiens infructueux, tu comprendras mon désarroi. En tout cas, merci pour votre soutien et cela me touche vraiment, sachez-le... Je reviens vers vous, lundi pour la suite des événements.


  • Anne-Valérie L. :

    A Henri ML
    Ma situation n’est pas la même que la vôtre. Je parle du fonctionnement arbitraire et inopérant de certaines associations, en charge de l’hébergement en hôtel, qui font des contrats de prise en charge d’un mois, un délai qui rend impossible toute évolution de la situation personnelle, sans compter l’angoisse de l’incertitude à vivre. En plus, il s’avère que passé la date de fin de la trêve hivernale, des procédures d’expulsions peuvent être engagées, mais je n’en connais pas précisément le cadre. D’après tous vos messages vous rencontrez aussi une situation d’arbitraire abusif, vis à vis de quoi il faut vous renseigner juridiquement.



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