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Publication : 1er avril 2014

Durée de lecture : 7 mn

Nombre de mots : 1490

M. est une enfant précoce, ce qui n’est pas sans poser des problèmes à ses parents.

Un mot de travers, de trop, mal dit, pas sur le bon tempo et l’air se charge d’électricité, la colère déboule, les éclairs zèbrent le tapis du salon, les pleurs jaillissent, la douleur, la souffrance, la dépréciation, la déprime sont là. C’est d’une violence inouïe. Les mots deviennent définitifs. Le contact peut se rompre à tout instant. Dans ces moments-là, je deviens une funambule.


6 commentaires :

  • J’ai beaucoup aimé lire votre récit. Il me rappelle mon enfance . Et c’est vrai que ce n’est pas confortable pour l’environnement familial Je suis souvent passée pour une " impertinente " comme disait les profs auxquels je posais des questions qui les embarrassaient , j’avais souvent un avis " décalé", une vision " différente" Mais en grandissant, on apprend à en jouer , avec plus ou moins d’humour en fonction du degré de sympathie.
    Mais c’est vrai que le point délicat est d’accepter de faire des efforts dans la durée : dès que quelque chose est compris, pourquoi y passer 3 jours ou pire une année scolaire ?
    L’intelligence est multiple , et ce qui compte , est de pouvoir en équilibrer tous les registres pour développer une bonne qualité de sociabilité
    Je n’ai jamais apprécié les spécialistes de tous poils sur ce sujet , ni les communautés qui se reconnaissent sur leur QI c’est souvent d’une pauvreté humaine affligeante
    C’est une différence comme une autre , il faut apprendre à faire avec dans le monde qui est le nôtre
    Et l’amour et l’attention des parents sont essentiels : l’étayage dirait les psychanalystes, les fondations si nous utilisons une métaphore
    Une dernière anecdote : mon prof de tai chi , tjrs avec grande patience , m’expliquait. Ma réponse " Ca va, j’ai compris" Sa réponse : "Bien, il te faut maintenant pratiquer " ( cad dans la durée, et tous les jours ) . C’est simple , pratiquer la vie ... Bien à vous


  • @Clotilde N. : Merci d’avoir lu mon texte et de l’avoir commenté :) Bien sûr que c’est une différence comme une autre, mais il est des différences plus difficiles à vivre que d’autres. Ma petite M. n’a que 13 ans et nous comptons bien, mon mari et moi, poursuivre notre travail de parents pour l’aider à acquérir tous les outils qui lui permettront de faire face à ce qu’elle est. J’aime bien l’idée de "pratiquer la vie" :)


  • J’ai beaucoup apprécié votre récit. Vous êtes dotée d’une belle lucidité qui vous permettra d’aborder le parcours intéressant, mais également exigeant de votre enfant. Votre fille possède une hypersensibilité qui s’avérera être un atout, plus tard, à l’âge adulte. Ses parents l’auront guidée et elle comprendra rapidement les enjeux que la vie se chargera de lui dévoiler. Vous dites également ne pas laisser les choses se superposer, il me semble que c’est une attitude appropriée à sa personnalité.
    Amicalement.


  • @Marie Renoult : Merci Marie pour ce commentaire qui me touche beaucoup. Nous faisons en effet en sorte mon mari et moi d’être très vigilants, même si nous n’y arrivons bien entendu pas 24/24, 7/7 ! Mais qui le peut n’est-ce pas ?! Bien sûr que cette hyprasensibilité pourra être une force, mais en attendant, elle lui fait plus de mal qu’autre chose. Je ne me plains pas (enfin, un peu, parfois ;)). Je témoigne juste de cette différence dans laquelle est ma fille aînée. Pour que d’autres, peut-être moins aguerris sur toutes ces questions et questionnements, puisse trouver un peu de réconfort.
    Amicalement.


  • Récit très intéressant à lire. Pour avoir connu ce dont vous parlez, je me souviens très bien avoir lâché l’école en 5e après mon redoublement. Je comprenais parfaitement ce que les professeurs expliquaient en classe, et ne ressentais pas la nécessité de faire mes devoirs à la maison que je ne rendais jamais. Je l’ai payé sur mes bulletins car il fallait donner l’exemple et saquer ce petit insolent qui avait le toupet de répondre juste aux interros surprises sans réviser ses leçons comme tout le monde. Mais la fracture n’a pas été comptable, en tout cas pas pour moi. Ce qui s’est réellement passé dans mon esprit, c’est que j’ai pris l’attitude des adultes pour une profonde injustice et je me suis déscolarisé moi-même pour fuir ce que j’estimais être une trahison. Peut-être que mon témoignage vous aidera pour votre fille. Bien cordialement.


  • @L’asthmatique : Souvent les enfants précoces ont un immmmmmense sens de l’injustice (et ils sont tout aussi souvent victimes d’injustices). Pour l’heure, ma fille parvient à rester très bonne élève, mais je pense que c’est parce que son père et moi l’accompagnons. Non qu’elles nous doivent ses résultats, mais nous l’encourageons, nous la soutenons, nous tentons de l’aider à trouver sa confiance en elle. Pour ma part, j’ai redoublé trois fois et j’ai fini par passer mon Bac par correspondance, je vois donc assez bien l’histoire ;) En revanche, il me semble important de permettre à ces enfants de rester le plus longtemps possible dans le système scolaire "classique", dans la mesure où la ghettoïsation n’est jamais bonne, pour qui que ce soit (c’est mon avis hein, je comprends que l’on ne le partage pas). De toute façon, nous verrons bien la suite des événements et réajusterons en fonction. Je vous remercie en tous cas de votre lecture et de votre commentaire :) Cordialement.



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