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Carnet de voyage en maison de retraite -
par Philippe Rousseau

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Publication : 31 mars 2014

Durée de lecture : 32 mn

Nombre de mots : 6530

Un regard sur le quotidien d’une maison de retraite. La tendresse et la pudeur du point de vue laissent entrevoir les bouleversements provoqués chez l’observateur par cette expérience. La vieillesse, la dépendance, la perte de mémoire, de ses moyens, la mort, l’implication du personnel, la place des familles sont autant de sujets qui apparaissent en filigrane, et nous questionnent.

Tout le monde marche, un chariot devant, un vieux à la main. Des blouses à liserés verts, rouges, roses m’indiquent un code que j’ai oublié.


7 commentaires :

  • Ce que vous faites dans ce texte est très difficile. Cela se mesure au style bien sûr, à la forme que prend votre journal à bord de cet Hepad.Vous avez choisi un ton résolument distancié. Derrière votre humour se donnent à voir de vraies personnes. Mais pas de pathos, rien de tragique. Tout est perceptible cependant, tout se lit à travers les mots : la maladie, la mort. Il y a également une sorte de joie qui vient colorer votre propos ; car c’est de la vie qu’il s’agit aussi, même diminuée. La facilité aurait été de rendre ces vieux tragiquement morbides. Vous avez choisi tout le contraire et c’est superbe. Bravo.


  • Quel beau récit de voyage...

    Non pas au bout du monde, comme vous le dites si bien : il n’en a pas, le monde "debout"... mais bien au bout de nous, de chacun d’entre nous.
    Jusqu’aux bouts des chemins respectifs de ces Chacuns, ceux qui s’y font, comme Madame La. Ceux qui font mine d’y croire à la "communauté" de ces lieux, non pas de bout du monde, mais de mise à l’écart du monde.

    "Il ne fait pas bon vieillir", "je perds la boule", me disait-elle... "N’amène pas les enfants, la prochaine fois, c’est pas un endroit pour eux, il y a plein de microbes de vieux, ils attraperaient du mal..."

    "Tout le monde est bien gentil avec moi ici" me disait ma grand-mère, en un tel lieu arrivée à son "bout du chemin à elle", bien gentil... Ma mémé à moi, s’estimait, comme Madame La.,redevable de la gentillesse du personnel soignant à son égard... peut-être pour éviter de penser que, malgré tout, comme Madame Le., "elle ne s’y faisait pas, mais pas du tout, d’être là", et "elle ne s’y ferait pas"...

    Moi non plus, je ne m’y faisais pas de la savoir là. Et je sais aujourd’hui que je ne m’y ferai pas, de faire entrer mes parents là.

    Pas plus que je ne m’y ferai pas de me retrouver là.
    Commencer par se penser soi-même en route vers ce bout du chemin.
    Et puis penser autrement notre fin de chemin...

    Merci Philippe. "Comment vous appelez-vous, mon garçon ?" (C’est que... je perds la boule...un peu...déjà ...)


  • Merci. Non seulement ce que vous dites sur mon texte me touche mais en plus, j’en apprends un peu sur vous. C’est bien, au final, une édition sur le web car nous pouvons lire des réactions de lecteurs. ce texte a été écrit suite à une résidence d’écriture à l’EHPAD (Etablissement Hébergeant des Personnes Agées Dépendante) Belle-Croix de Floirac (33), à l’invitation du CLEM (Comité de Liaison Entre-deux-mers). Le CLEM en éditera une version papier en juin. J’ai passé deux mois, tous les jeudis et vendredis de juin à juillet 2013. Je reprends maintenant pour la même durée. Je peaufine, je continue. Là, ce soir, c’est une nuit entière que j’y passe. Tous le monde dort sauf les trois veilleurs, et moi. La maison est calme, plus de cris, d’agitation, de fauteuils qui roulent. Un paquebot qui navigue dans la nuit. Et, dans cette nuit, vous lire est agréable.
    Quant à savoir comment je m’appelle....


  • Lecture intéressante de ce texte sur les Ehpad , bravo j’aime beaucoup la méthode employée, c’est la seule, qui consiste à traiter les vieilles personnes comme des êtres humains, tout simplement. Quand mon fils vient avec moi à la maison de retraite voir sa grand mère, , il parle à tout le monde et il fait rire les dames qui ne veulent plus qu’il parte, il les prend en photo et elles sont flattées. Elles ont un sourire magnifiques en le regardant, on les imagine jeunes tout d’un coup et c’est très touchant. J’avoue avoir eu du mal au début lorsque j’allais visiter ma mère, mais à présent je vois les choses différemment car certaines pensionnaires sont devenues des amies que j’ai plaisir à revoir lors de mes visites.


  • Merci de votre commentaire. Encore une fois je suis heureux de lire vos messages, de connaitre un peu les lecteurs. Nous n’avons pas mis de photos dans l’édition web mais vous verriez les photos (dont certains selfies) que nous avons fait à l’EHPAD, vous ririez. Pour la future édition papier, nous travaillons avec un dessinateur qui vient nous croquer in situ. J’en espère de belles choses.
    Bien à vous
    Philippe


  • Bonjour,

    Peut on imaginer une rencontre/lecture au sein d’un établissement (Grand Bon Pasteur à Bordeaux) ?



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