Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Comment faire autrement ? -
par Philippe Le Guluche

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Publication : 9 septembre 2014

Durée de lecture : 11 mn

Nombre de mots : 2240

Philippe décrit les tourments, les dégoûts et la culpabilité d’un petit-fils chargé d’accompagner sa grand-mère en maison de retraite.

Il faudrait venir la voir le dimanche après-midi, au début souvent, puis de moins en moins, parce que c’est vrai, c’est loin, et puis, se retrouver dans une petite chambre de 20 m², c’est triste. Et puis quoi dire ? Parler de la maison, du printemps qui arrive, du jardinier qui a enfin fini de tailler les thuyas, de la femme de ménage qui continue à passer deux fois dans la semaine pour « aérer », de ceux qui s’en vont ?


7 commentaires :

  • Bonjour,

    Triste réalité dont il est difficile de s’accommoder...


  • "Comment faire autrement ??" Le titre est très juste et toutes les familles sont confrontées à cette triste réalité....


  • un témoignage douloureux d’une réalité bien triste et à laquelle on voudrait échapper !...mais effectivement comment faire autrement ? Il faudra bien pourtant trouver des solutions plus adaptées pour maintenir les personnes âgées dans des conditions plus décentes et plus respectueuses de leur intégrité.. trop de maisons de retraite ressemblent à des hospices et sont de véritables mouroirs !..


  • quelle émotion ! on "sent" l’odeur que vous décrivez...


  • Je vis cela moi aussi, seule des 4 enfants à vivre tout près de ma vieille maman, c’est moi qui m’en occupe. Tous les dimanche matin je vais la chercher à la maison de retraite pour passer la journée chez nous, à la campagne. Lorsque je la ramène le soir, elle se met à pleurer comme une petite fille qui ne veut pas revenir dans sa pension ! C’est très dur. On culpabilise toujours, tout le temps. Car on ne peut jamais se satisfaire de cette situation, jamais penser qu’on fait assez pour eux. Par contre je me suis bien habituée à l’ambiance "maisons de retraite". Peut être le fait d’avoir participé à des fêtes où les familles étaient conviées. J’ai vu les sourires de certaines dames, l’humour d’autres pépés, les dons pour la musique et le chant de deux pensionnaires bout en train, et franchement ce repas avait été très agréable. Et peu à peu je m’y suis faites, et j’ai même noué des liens avec certains. Dont une petite dame minuscule que je voyais maigrir de jour en jour, une femme adorable que j’avais prise en affection, emportée lentement par un diabète... j’ai été triste comme si c’était ma grand mère.
    Je vous raconte ça Philippe, mais vous êtes jeune, c’est différent. N’y a t-il personne d’autre dans votre famille qui pourrait s’en occuper aussi, en intermittence avec vous ?
    Je vous souhaite du courage. Même s’il reste cette question : "comment faire autrement ?"


  • Bonjour,

    Vous parvenez à transmettre beaucoup de choses à travers ce récit. Bravo ! Vous lui avez donné vie. Nous sentons les odeurs, assistons au spectacle de ces vieillards qui mangent, nous entendons le bruit des dentiers qui s’entrechoquent. Dans votre description de la maison de retraite, j’ai retrouvé beaucoup d’éléments de l’hôpital psychiatrique. Je connais cette ambiance qui révulse et qui donne envie de partir en courant loin, très loin sans se retourner...

    Bonne journée,

    Kahina


  • Merci à tous pour vos commentaires
    Ce type de situation est difficile mais, avec un peu de temps, finit toujours par faire grandir, comme tout contact avec la réalité, aussi difficile soit-elle
    Je crois qu’à titre personnel, c’est celà qu’il faut en retenir
    Par contre, il faut s’interroger sur la façon d’aborder collectivement ce sujet
    Lors d’un voyage en Chine, je me souviens avoir parler des "anciens" avec une jeune chinoise qui m’a regardé et simplement dit
    "Mais comment pouvez vous traiter vos anciens de cette façon ?"



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