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Publication : 27 mars 2014

Durée de lecture : 14 mn

Nombre de mots : 2840

Anne-Florence attend son deuxième enfant. Mais la naissance, au lieu de déboucher sur un amour maternel instantané, bouleverse son équilibre psychique et l’entraîne dans la dépression.

Regarder ma seconde fille était une douleur supplémentaire, accentuée par la culpabilité d’être dans l’état dans lequel je me trouvais. J’avais tellement honte. Même encore aujourd’hui, quand j’y repense – rarement – je suis de nouveau envahie par ce sentiment. Et pourtant je sais parfaitement que cela n’a rien à voir avec l’amour que j’ai pour mes deux enfants.

Ce texte a été élu coup de cœur du site Doctissimo.


16 commentaires :

  • Votre texte est plein de courage Anne-Florence. Bravo d’oser exprimer librement des sentiments aussi intimes et si complexes... Merci de ce témoignage et de votre humour. Et sachez que je suis d’accord avec vous : c’est vrai, accoucher fait mal au cul !
    Claire


  • @ Claire Tod : Je ne sais pas si ce texte est plein de courage, mais je vous crois si vous le dites ! J’espère que mes filles ne le liront que beaucoup plus tard dans leur vie, peut-être quand elles seront mères à leur tour. je ne voudrais tellement pas les blesser, surtout la plus jeune, celle dont je parle dans ce texte. Être parents, c’est si difficile ; enfin un mélange si complexe de difficultés et de choses plus "naturelles", plus fluides et joyeuses dirons-nous. Votre message me touche beaucoup. c’est toujours si émouvant de se dire que ce que l’on écrit, que ce que l’on a vécu est compris, au sens fort du mot. Quant à l’humour, il m’est vital ! Vive les culs solides !


  • Eh bien, merci d’avoir dit toutes ces choses, toutes ces choses qui ne se disent pas habituellement ! Ce serait plus facile pour nous, les jeunes mères, s’il n’y avait pas autant de tabous, de conventions sociales autour de l’accouchement et de l’accueil du bébé. Mais dans une affaire si importante pour l’humanité, c’est inévitable qu’il y ait des pressions sociales et des attentes en tout genre. Alors, la seule solution, c’est croire en soi, et accepter les moments de crise et de doute, sans laisser les autres en profiter pour nous imposer leur vision.
    Ces moments de crise sont très normaux, en fait. Accoucher n’est pas un roman à l’eau de rose. Merci de le redire. Et vous avez raison : allaiter fait très mal aussi, au début. Il faut que les jeunes mamans le sachent pour faire leur choix en connaissance de cause et pas dans la panique. D’ailleurs, la peur est un ingrédient majeur de cette période de nos vies : peur de ne pas aimer, d’être dévorée, de se perdre, de mourir etc. Nous les femmes nous devrions plus en parler entre nous, sans craindre d’effriter notre image.


  • @Emilie Doré : Il faut certes accepter les moments de doute, de douleur, de peur, mais il faut surtout pouvoir les surmonter (accepter est un bon début) et pour cela, il faut pouvoir parler, dire, se confier … Hélas, tout le monde n’a pas la chance de pouvoir le faire. Ces moments de crise sont "normaux" (je n’aime pas beaucoup ce mot en fait), à des degrés divers : ce que j’ai vécu a été d’une extrême violence et je ne crois pas que toutes les jeunes mères en passent par là, même si beaucoup connaissent une baisse de régime/moral après l’accouchement. Il y a une espèce de voile qui entoure la grossesse, l’accouchement, le fait de devenir mère (père, pour eux non plus ce n’est pas chose aisée). Avec humour, Florence Foresti en parle assez bien dans son spectacle "Mother fucker". Merci d’avoir lu mon texte et de l’avoir commenté. Cela me touche toujours beaucoup.


  • Beau texte, tout y est .
    Je ne sais pas si vous avez remarqué même nos copines ne sont pas très sincères quand elles parlent de leur accouchement ...comme si elles avaient oublié leur vraie "histoire". Cela fait toujours un peu bizarre et on culpabilise d"autant plus.


  • Anne :

    Ce qu’elles aiment aussi, c’est faire de l’humour avec le récit de l’accouchement pour que cela prenne l’allure d’un récit comico-épique dont elles sont les héroînes !


  • @ Jocelyne Marce : Bonjour :) Merci pour ce commentaire. Nos copines (comme nous-mêmes) sont-elles sincères sur les autres sujets ?! Le grand théâtre de la vie exige du mensonge, de l’embellissement, de la surenchère … C’est ainsi. heureusement que nos ami(e)s et nos psys (ha ha ha)sont là pour pouvoir s’installer dans une vérité qui, parfois, peut faire le plus grand bien.


  • @ Anne : Bonjour également. Je ne comprends pas très bien votre commentaire. Une critique sur le texte ou en général ? Je trouve cela très sain d’enrober d’humour les moments qui ont pu être douloureux (physiquement et psychiquement), même si je pense aussi que trop d’humour peut voiler les messages importants à faire passer. Cela me semble normal de vouloir être l’héroïne de son accouchement, c’est la réalité tout de même ! Qui accouche sinon les femmes ?!?! Bonne soirée à vous.


  • Anne :

    @Anne Flo : non je ne critique pas votre texte,dans lequel je me retrouve
    .Bien sûr nous sommes les héroïnes de notre accouchement, quoiqu’en ce qui me concerne, je n’en ai pas retenu grand chose étant "dans les vapes", en tout cas pas de coup de foudre immédiat avec le bébé qu’on m’a posé sur le ventre et bien vite retiré pour le faire respirer.
    Non, ce qui me gêne, c’est "la surenchère et l’embellissement" : j’aime appeler un chat un chat , et j’ai souvent l’impression qu’il y a effectivement le trop d’humour dont vous me dites vous-même qu’il voile les messages importants.
    Désolée de vous avoir heurtée.


  • @Anne : Vous ne m’avez pas heurtée Anne ; je peux tout à fait comprendre que l’on n’aime pas, que l’on ne soit pas d’accord avec ce que j’ai écrit ici. C’est juste que je ne comprenais pas votre commentaire. Mais là, j’ai compris ;) Moi aussi j’aime appeler un chat un chat, ce qui me vaut souvent quelques emmerdements !


  • Anne :

    Merci Anne-Flo.
    Effectivement mon commentaire était une suite directe au commentaire de Jocelyne sur les copines.C’est vrai que sorti de ce contexte, il n’avait pas beaucoup de sens par rapport à votre texte !
    Cordialement.


  • 1/2
    J’étais présent pour l’accouchement, sans véritablement savoir comment m’y prendre... Le médecin accoucheur était présent ainsi que le personnel médical, c’était un dimanche ! Ma compagne avait les jambes sur deux sortes de reposoirs. J’étais là, un peu gêné mais là, un peu gauche aussi. Les heures passaient, la poches des eaux étaient vide depuis un temps, déjà...La petite s’était présentée par le siège, rendant sa naissance impossible. La décision de pratiquer une cesarienne fut prise. Le lit occupé par ma compagne roula jusqu’au bloc opératoire, suivi du corps médicale.
    Le temps me semblait interminable, j’attendais dans le couloir avec les deux futures grandes mamans. Nous étions le seize Décembre, et chez nous le soleil disparait assez vite derrières les cimes, encore que ce dimanche, les flocons commençaient leurs manège hivernal.
    Puis... Du couloir vide de visiteurs et de patients, j’entendis un son, un cri, ou plutôt une longue plainte, une interminable plainte !
    J’avais beau sentir que ce son était le sien, voir arriver la sage femme jusqu’à moi, je mis un temps de réaction avant de prendre les choses en main et me dire voilà, j’y suis !


  • 2/2
    Sa mère en réanimation, j’avais devant moi ce bébé sanguinolent qu’il fallait laver, habiller. Je me retournais vers la Professionnelle de la naissance :

    • Pourquoi, elle pleure, comme ça ? J’eus pour réponse un haussement d’épaule et un sourire bienveillant de compassion.
      En salle d’accouchement, j’avais eu la bonne idée d’enregistrer la voix de sa mère sur un dictaphone à bande magnétique. Je le sortis de la poche de veste, avec des mots rassurants. Je ne sais pas si la petite les comprenait, ces mots... Enfin, moi, ils me mettaient en confiance !
      La voix de sa mère à proximité de son oreille, je pus enfin accomplir sa toute première toilette et lui enfiler ses tous premiers vêtements... Sans avoir appris, j’avais le geste juste, je me sentais le papa maternel. Il arrive encore que ma fille m’appelle -Mapa !
      Alors oui votre vison est juste, elle est vôtre, J’aime beaucoup votre point de vue, la franchise avec laquelle vous fustigez cette sacro sainte vertu sociale qui,sous couvert du dessein intelligent, tend à remettre la femme moderne dans la classification "Mammalia" !

  • @Antonio-Giuseppe Satta : C’est drôlement chouette de lire le témoignage d’un homme :) Sono molto contenta. Grazie mille e spero chu tutto sta bene per lei e la sua famiglia.


  • come mai che parla italiano così ! Il vostro fraseggiato è proprio bello, il moi è un dialetto di Monte Sant´Angelo... Si grazie a lei, siamo tutti a posto.
    Auguri di una Pasqua serena e piena di pace. Ulivo sta a significare pace. Auguri sinceri a tutta la famiglia. Ciao ciao...


  • @Antonio-Giuseppe Satta : La mia mamma à italiana a metà. Io, ho imparato l’italiano a scuola, ma - hélas - non posso parlare tutti giorni … Ma, questa lingua mi sembra essere la mia più del francese... È un pò strano. Anchio dico a lei : "Auguri di una Pasqua serena e piena di pace". Ciao ciao.



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