Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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De la vanité des études -
par Anaïs M.

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Publication : 9 mai 2014

Durée de lecture : 10 mn

Nombre de mots : 2140

Faire des études lorsqu’on vient d’un milieu modeste, dans lequel seul le travail manuel est considéré, c’est découvrir un nouvel univers intellectuel, mais aussi changer de catégorie sociale, au risque d’un entredeux inconfortable.

L’école, le lycée, l’Université m’ont permis de me libérer, de me rendre indépendante ; mais elles m’ont formatée dans le même temps en m’incitant à m’ouvrir à tout, à justifier les choses par des arguments solides, et à accepter l’erreur de jugement (changer d’avis en sachant pourquoi). Elles ont bouleversé ma manière d’être.


6 commentaires :

  • Pourquoi ce titre " De la vanité des études" ?

    Par rapport au sens ? Mais c’est comme la marche, un pas après l’autre, le chemin se dessine
    Par rapport à un a priori autour de ce qui pourrait apparaître comme futile ?

    Vivre en " lecture continue ", écrivez-vous. Quelle jolie formule !
    Comment savoir à l’avance ce qui est vraiment utile pour soi, pour un horizon futur ?
    C’est justement le fait de faire des détours qui permet de mettre en perspectives, d’incrémenter d’un univers à l’autre .L’utile serait ce qui se voit, et l’inutile du côté du travail intérieur ? Les temps de vacuité sont nécessaires pour vivre en conscience, en d’autre terme pour être en capacité de piloter sa propre vie , ce qui en fait un vrai travail .
    Et si je puis me permettre, le métissage est toujours source de richesse ( qu’il soit question de classes sociales ou , de cultures)
    Bien à vous


  • J’ai vraiment aimé ton récit. La différence de milieu social dont tu parles me fais légèrement penser, peut-être sous un autre prisme, à la différence culturelle ; notamment celle des enfants issus de l’immigration. La seule conclusion que j’en tire est qu’il faut aller au bout de ses rêves et même si parfois la pression familiale ou sociale est lourde à porter, il faut se battre. Parce que c’est notre bonheur qui est en jeu.


  • Je m’identifie en bonne partie à votre récit. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont répété que l’essentiel était d’étudier quelque chose que j’aimais car travailler dans un domaine qui me passionnerait était la meilleure chose qui puisse m’arriver. Mais je dois avouer que mes tantes et mes oncles ont toujours trouvé les études suspectes. Par contre, je constate que, mon entourage ayant progressivement changé au fil du temps, je ne ressens plus une pression de cet ordre.


  • Bonjour,
    merci pour ces commentaires ! Pour vous répondre Clotilde N. le titre fait en effet écho à tout ce que j’ai pu entendre (et que j’entends encore) sur la futilité des études et le peu de considération des lettres en général. Il a un sens ironique car bien entendu je ne regrette pas une seule seconde la voie que j’ai choisie car elle me correspond et je m’y épanouis totalement. La différence est parfois pesante (d’où le besoin d’écrire ce texte je pense) mais comme tu le dis Kahina c’est notre bonheur qui est en jeu (je suis très touchée d’ailleurs par ton commentaire car j’aime beaucoup la manière dont tu écris et l’émotion que tu parviens à transmettre à travers les mots). Lorsque je m’affirmerai dans le monde du travail j’imagine que les choses changeront pour moi comme elles ont changé pour vous Hubert, du moins je l’espère ! En attendant il faut encore un petit peu de patience … :)


  • "le campus des berges du Rhône se mérite" ah, ça, c’est peu dire, mais je ne vais pas mentir : j’ai beaucoup aimé Bron, ce campus ouvert, plein d’espaces verts et d’initiatives, et j’ai aimé toutes ses défaillances qui remplissent désormais mes souvenirs.

    "il n’y a pas que dans ma famille que les lettres sont reléguées au sous-sol"
    Dans le fond, je me dis que les littéraires sont les seuls à pouvoir supporter d’étudier dans les caves et les greniers dans la mesure où nous avons l’imaginaire pétrie de ce genre de décors légèrement occultes.


  • Il est vrai que le campus de Bron a son charme, je souhaitais simplement souligné l’écart entre la promesse et les faits, bien qu’au final tout cela reste anecdotique. Comme tu le dis si bien, pour des littéraires ce sont des lieux qui nous vont bien, où l’on s’adapte et où finalement on aime vivre ces "années fac". Si c’est notre destinée soit ! Adieu boiseries, moulures et fresques vertigineuses !



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