Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Elle était épicière -
par Christophe Bonnet

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Publication : 19 août 2014

Durée de lecture : 10 mn

Nombre de mots : 2130

Le portrait d’une grand-mère pied-noir épicière.

Ma grand-mère n’avait jamais été d’ici, de France, et, bien avant son décès une partie d’elle était déjà morte au moment de monter sur le bateau pour quitter la Tunisie, au moment où elle avait dû admettre, quelque part, entre deux rivages séparés par la Méditerranée, et dans l’amertume de ses yeux qui contemplaient une dernière fois son pays natal , l’idée qu’il n’existe pas de retour en arrière possible.


4 commentaires :

  • La lecture de votre récit m’a beaucoup émue . C’est un bel hommage que vous rendez à votre grand mère . C’est aussi nous faire partager avec beaucoup de sensibilité le portrait de cette femme , une vie " pleine". J’espère que votre fille aura plaisir à lire ce récit quand le temps de la lecture sera venu pour elle.
    Bien cordialement


  • Cher Christophe, merci pour ce récit magnifique. L’hommage à votre grand-mère est vibrant. Au-delà, on retrouve la douleur inexorable, nostalgie éternelle des Pieds-noirs qui ont dû quitter leur pays natal ; celui-ci leur apparaît presque comme un Eldorado. J’ai également été touchée par la nature des relations humaines d’antan, où aller faire ses courses chez l’épicier était presque synonyme de rendre visite à l’épicier, discuter, communiquer. Vous écrivez "les rues avaient une histoire et les habitants une identité", c’est devenu tellement impersonnel aujourd’hui !
    BIen à vous,

    Kahina


  • Merci. On pense au magnifique "Mémé" de Philippe Torreton. On pense à la noblesse des petites gens, et votre récit rayonne du grand soleil du Maghreb et de l’ombre des discrets.
    J’ai vécu, enfant, 10 ans impasse Fernandez. J’allais à l’école du Colonel Teyssier, je passais souvent rue Salvan et je suis sans doute, haute comme trois pommes, entrée dans cette épicerie...Je suis certaine que votre grand-mère m’a souri.
    Amitiés,
    Sabine.
    http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/a-l-ecole-du-colonel-teyssier_b_1805095.html


  • un hommage, de l’amour, pas d’amertume, de l’optimisme, merci.



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