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Publication : 30 janvier 2014

Durée de lecture : 26 mn

Nombre de mots : 5230

Paul-Antoine souffre de poly-addictions. Il tient le journal de sa cure de sevrage en hôpital psychiatrique.

J’ai accepté ma structure psychique, je suis « addict ». Tous les psychotropes me sont interdits. Je ne sais et ne peux pas gérer. Ici, chaque jour est une victoire.


21 commentaires :

  • J’ai vu hier nymphomaniac, la deuxième partie du film de lars von trier qui traite de l’addiction sexuelle. Mais pas seulement il nous donne à penser, bien au delà, sur la liberté, la violence, l’amour, l’amitié.
    Comme avec vous, grâce à votre journal plein de vie, de souffrances, de courages, de joies aussi. Au delà de l’émotion vive que j’ai eue en le lisant, vous partagez avec nous les lois fondamentales, les valeurs qui font l’individu en société. Bien que le désir, la liberté sont nos sources, nos flammes comme vous le dites. Bien que c’est avec elles qu’il nous faut inventer nos vies, il faut pourtant composer avec et bien sûr avec les autres. Les proches, nos enfants, nos amis et notre entourage. Je vous souhaite de tout coeur de tenir cet équilibre que vous su trouver et garder en cure.


  • Bonjour,
    votre récit est clairvoyant, franc et pudique, touchant.
    J’espère que ça va désormais.
    Lucie


  • C’est très fort, car sans complaisance envers vous-même. Je suis impressionnée.
    Bonne chance pour la suite.


  • J’ai vécu 20 ans avec un bipolaire alcoolique, fréquenté tous les hôpitaux psy de la région, et un certain temps les réunions d’Alcooliques Anonymes. Votre récit est très juste et très touchant.
    J’ai toujours été frappée par la grande sensibilité et la grande humanité de ces personnes malades d’addiction.
    Prenez soin de vous, prenez soin de vos proches , qui vous aiment et vous soutiennent.
    Bon courage, merci pour ce texte .


  • Bonjour,
    Impressionnée par votre combat, votre témoignage montre que l’on peut rebondir "en positif" en proportion inverse à ce que l’on peut descendre "en négatif".
    Bonne vie à vous,
    Catherine Martinez


  • Bravo
    Votre style est magnifique , vous êtes courageux .
    Vous êtes photographe et vous avez un vrai talent d’écriture.
    Continuez


  • Merci pour tous vos soutiens, alors je vous réponds par un mail collectif, allez voir sur ce lien mon travail de photographe. Merci encore.
    Paul-Antoine
    http://www.youtube.com/watch?v=pZGj3qUc4bE


  • Bonjour Paul-Antoine,
    Votre récit m’a beaucoup touché, et vous vous exprimez avec beaucoup de pudeur.
    J’ai beaucoup admiré votre lutte jour après jour pour sortir de votre addiction.
    Nous avons en nous tous une force cachée et grâce à l’aide de ceux qui vous entouraient, vous l’avez mise en valeur.
    Heureuse que votre fille a retrouvé son papa et que vous ayez retrouvé votre épouse. Cela n’a pas dû être facile pour elles de comprendre par où vous êtes passé.
    Vous souhaite une bonne continuation et je vais suivre votre lien.
    Amicalement
    Anne-Christel


  • Bab :

    Quel courage ! ne serait-ce que pour franchir la porte de l’hôpital....malgré vos douleurs et vos souffrances quel désir de vivre...ça pourrait être un thème pour votre travail de photographe ? c’est ce qui me vient à l’esprit dans l’après coup de la lecture de votre récit....
    Prenez-soin de vous et de votre famille...
    béatrice


  • Bonjour,
    je me présente Mar...., malade alcoolique. Sevrage 5 novembre 2009, première réunion AA : 27 février 2010 toujours abstinente,un jour à la fois grâce aux réunions, aux aamis, à ma marraine et ma Puissance Supérieure que je remercie de vous avoir mis sur ma route.
    Merci pour votre témoignage - partage.
    Soyez heureux et RTL ;-) surtout ! Je vous tiens la main et vous souhaite bonne route dans votre nouvelle vie.
    Surtout n’oubliez pas : l’important d’abord => vous ! Le reste suivra ....
    Marie-Hache


  • Quel beau témoignage.
    Bonne route à vous.


  • Magnifique témoignage, en espérant que ta vie est plus douce aujourd’hui..
    À d’autres d’en faire autant :)


  • A l’attention d’Aze Arts

    C’est marrant les coïncidences, je viens de poster cette petite lettre pour ma fille sur Facebook à l’instant, insomnie… Et en allant se ma boite mail je tombe sur votre commentaire qui me vas droit au cœur. Merci à vous.
    Paul-Antoine (3 ans d’abstinence le 12 décembre prochain !)

    On me dit que j’ai 3200 caractère de trop pour poster cette lettre, dommage, sinon vous pouvez la lire sur ma page Facebook

    Dis moi Papa, c’est aujourd’hui demain ?
    Dis moi mon ange, mon cœur, mon sang, ma chair, tu en as beaucoup de questions comme celle là ? Alors qu’Hélène finissait de couler dans mes veine, pas fier d’être ce Papa cassé, tout cabossé, déchiré a chercher les cotons encore humide dans la poubelle où hier encore je jetais ses couches.
    Papa, hier tu m’as dit demain j’arrête de me faire saigner alors c’est aujourd’hui demain ? Ca sert à ça les cotons, à essuyer ton sang et tes larmes ?
    Pas vraiment, enfin un peu, tu sais demain sera toujours hier pour moi.
    C’est ca ta maladie Papa ? Demain c’est hier ? Elle est blizzard ta maladie.
    Tu as dit blizzard ?
    Oui ! Pourquoi Papa ?
    J’aime tes mots Margot, ils me cognent si justement. (A suivre...)


  • Il n’y a pas de quoi me remercier.. Votre récit me donne envie de m’en sortir, et mon petit ami aussi. 10ans de drogue dure pour lui, 2ans et demi pour moi. Votre histoire me conforte dans l’envie de m’en sortir et d’aller de l’avant. Mais c’est dur.
    Je vais aller lire la fin de la magnifique lettre destinée à votre fille...

    Bien à vous tous.

    Aze Arts


  • Je viens de relire vos commentaires et je tiens vivement à vous remercier tous. Vous transpirez l’humanisme et vous me nourrissez. Mille merci à vous tous. Love, Peace & Unity.
    Paul-Antoine


  • Un petit message pour Aze Arts. C’est effectivement très dur mais tu as tout à gagner à t’en sortir. Plus tu attends plus c’est compliqué mais je crois qu’il faut parfois toucher le fond pour avoir le déclic. Il y n’y a alors plus que deux choix : la VIE ou la MORT. A toi de choisir... C’est dur mais pas impossible ! Parcontre il faut que tu intègres un centre de soin si ce n’est pas déja fait, il y en a dans toute la france. Là, tu y vas à ton ryhtme, peu importe le temps qu’il te faut. N’ais pas peur de te faire hospitaliser mais choisi bien le lieu qui te convient. C’est long de réaprendre à vivre sans produit et puis peu à peu le bonheur revient, le vrai, et là, tout redevient beau et la vie agréable. Tu redécouvres tout. Si tu as une passion appuis toi dessus et vas y à fond. Personnelement je me suis mis à écrire des textes, au début c’était brouillon et petit à petit tout se structure. Mon projet est de terminer un roman autobiographique, j’en ai déja écrit la moitié. Peut-être qu’il sera publié un jour mais je m’en fout, c’est pour moi que j’écris avant tout. Ca vas faire bientôt 3 ans que je suis clean, aujourd’hui je fais du Tai Chi et du parapente...


  • Merci encore pour cette longue réponse pleine d’espoir.. Je pense aussi que c’est quand on touche le fond qu’on est le + susceptible de remonter la pente, mais j’aimerais ne pas le toucher et réussir à reprendre ma vie en main.. Mon copain va dans un centre et est sous subutex depuis plusieurs années, quand il faut arrêter je prends sur son traitement..
    Je suis fille unique, je n’envisage pas d’aller en cure à cause de mes parents, cela reviendrait à leur avouer et je ne peux pas, je ne veux pas les détruire.. L’ironie du sort c’est que je fais des études dans le soins que j’ai dû suspendre parce que je n’arrive pas à soigner quand moi-même je suis brisée.. En attendant je suis aide soignante, mais sans ma dose je peux plus me lever le matin..
    Il faut que j’arrête de travailler pour pouvoir arrêter de me défoncer sans aller en cure, à la dure chez moi...
    La vie est compliquée, faire un sport j’en rêve, mais pareil comment pourrais je en faire une fois en manque ? Je flippe. J’ai peur. Et j’suis pas loin du fond —> la mort, la prison ou l’HP..

    Merci pour tout Paul-Antoine.. Tu es source d’inspiration..


  • Tu es comme un livre ouvert pour moi. Quand j’ai décidé de me prendre en main j’ai écris un long mail à tous les gens important pour moi, mais parents étaient sur la liste. J’ai tout avoué ! Mes agressions sexuelles enfant, ma dépréssion profonde, ma poly-addiction, alcoolisme et ma dépendance aux drogues dures que je ne pouvais plus gérer. Ce mail a été une bombe atomique ! Il y a des personnes qui on compris et d’autres qui m’on rejetté et j’ai eu de drole de surprise sur la valeur des gens, j’ai fais le tri. Il faut beaucoup de courage pour faire sont "coming out" de toxico. On ne veut jamais décevoir ses parents, on ne veut pas qu’ils se sentent coupable, déçus, trahis. Pourtant c’est la plus grande preuve d’amour que tu puisses leur donner, celle d’être honnète envers eux. C’est en cachant la vérité de qui tu es, de l’épreuve que tu traverse que tu es malhonnète envers eux, toi et ceux que tu aimes. Avouer sa maladie c’est la fin du déni et donc le début des soins...


  • L’addiction est une maladie, tu leur cacherais ton diabète, un cancer ? L’addiction est une maladie très grave et mortelle ! A vouloir protéger tes parents tu risques de mourrir avant eux ! Et ca pour des parents c’est inconcevable ! La pire des souffrances ! Il faut te recentrer sur toi, tu es la personne la plus importante. Il faut savoir se mettre entre parenthèse le temps qu’il te faut pour te rétablir, pour être encore plus éfficace après. Il y a un temps pour tout et dans quelques années quand tu seras bien, tes parents seront fier et admiratif de ton courage et ton parcourt. Le Subutex c’est pour ne pas être en manque, c’est un pensement mais ca ne "guéri" pas. Le protocole Méthadone me semble plus adapté à ton cas, tu peux avoir une vie sociale sur le long terme, continué à travaillé sans douleur ni souffrance et obsessions, bien dosé personne ne s’en rendra compte, tu sera "normale" et te reconstruira doucement. L’addiction est une maladie "familliale", tu devrais entamer un psychothérapie avec un psychologue dans un centre de soin pour addict. c’est gratuit et anonyme et ils sont compétents et en on vu défilé pas mal des comme nous. Passe une bonne semaine, plein de courage... Tu sais ou me trouver. Peace !


  • Merci m’sieur.. J’suis dans les métiers du soins, études d’infirmière et pour le moment j’ai du les stopper pour me recentrer sur moi.. Sauf que j’ai commencé un taf d’aide soignante, et j’me vois pas arrêté pendant sue je travaille.. Je sais ke cest une maladie, mais j’ai peur kils me rejettent.. Ils diraient que javais tout pour être heureuse, et ils auraient raison.. J’avais tout et j’ai tout gâché, j’ai tout ruiné. Est ce normal que même enfant j’avais l’intime conviction que je finirai mal ?
    J’suis la seule à avoir l’impression d’être spectatrice de ma vie ? Ma phrase de prédilection —> on verra bien ! J’ai tjrs laisser faire..
    Enfin bon.. Ça craint.. Merci pour tes conseils, j’espère avoir rapidement le déclic..
    Bonne semaine à toi :)


  • Je comprends et j’ai ressentie exactement les mêmes choses. L’impression d’être prédestiné à la souffrance et l’auto-destruction. On a tout et on gache tout sans retour. Il faut ce dire qu’il n’y a jamais de point de non retour. On peut toujours changer de chemin quand on s’est égaré, il n’est jamais trop tard. Je te trouve super lucide et tu as la capacité de l’exprimer, profites en. Il me semble que tu te poses les bonnes questions.



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