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Publication : 21 mai 2014

Durée de lecture : 12 mn

Nombre de mots : 2430


10 commentaires :

  • Bravo pour ce récit qui présente bien les hésitations, les déchirements de la condition d’expatrié. C’est tellement ça... on est ici et ailleurs en même temps, tiraillé entre l’enthousiasme et un raz-le-bol chroniques. Nous sommes liés à nos racines et pourtant, on sait bien qu’il serait difficile de vivre exclusivement dans un pays. Je suis entre la France, et l’Allemagne, c’est moins loin... mais vous exprimez exactement ce que bien souvent, je ressens. Merci.


  • « Tiraillé entre l’enthousiasme et un raz le bol chronique » : j’adore, c’est bien cela !

    Merci, merci pour votre commentaire. C’est bon de ne pas se sentir seul(e) à... ressentir ces choses. Pour vous, c’est plus facile d’aller faire un tour en France... sur un coup de tête, puis de rentrer « chez vous », en Allemagne quand vous en avez assez. Quand je vais en France, j’ai l’impression d’être.. chez moi : la terre, la mer, les montagnes... il faut tout voir et faire, vitre, vite avant de rentrer....
    Cela m’est déjà arrivé, autrefois, d’aller passer un week-end dans ma famille pour les 70 ans de mon père et un baptême.


  • J’aime beaucoup votre récit et surtout votre belle conclusion : inventer un pays , un entre -deux qui rassemble tout ce que l’on apprécie de ce côté là et nous rends nostalgique de ce côté ci. Expatriée mais pas déracinée .Les choses s’ajoutent , ne se soustraient pas .
    Et la remarque de l’esthéticienne n’est pas typiquement québecoise : c’est un verbatim que l’on pourrait entendre dans une province française soit parce que les parisiens y viennent passer leurs vacances, soit parce que les anglais ont décidé d’y restaurer des jolies maisons ... etc
    L’espace intérieur est une géographie à dimension hautement variable ...
    Et je suis une fan de la BD québécoise Magasin Général


  • J’aime votre commentaire. Oui ce n’est pas typiquement québécois, mais plutôt typiquement ce que l’autre, « l’étranger » a de plus ou de moins que soi. Un ami Québécois me racontait que lui même était considéré comme un étranger dans cette ville qui n’était pas celle où il était né. C’est partout la même chose, mais plus dur quand on doit toujours être celui qui se fait tout petit... Surtout que nous avons ici des gros problèmes avec le système de santé. Un jour je suis arrivée à l’hôpital avec une péritonite car le médecin vu en urgence (pas mon médecin) n’avait pas diagnostiqué une crise d’appendicite... L’infirmière répartitrice m’a demandé pourquoi je n’allais pas me faire soigner chez moi !!! Je paye pourtant une petite fortune en assurance santé en plus de la carte maladie que nous avons tous.
    Tout le monde n’est pas comme cela, bien sûr, mais ça marque !!

    Quand j’étais à l’école (en France) avec 2 ou 3 copains et copines, nous nous étions inventé un pays, à notre façon. Nous l’avions même dessiné dans un cahier que nous nous passions... pendant les cours. Nous avions créé un gouvernement, une politique qui nous convenait, etc.

    Bon, je m’amuse et j’aime bien lire ce que les autres écrivent. C’est enrichissant. Merci encore.

    Je ne connais pas la BD Magasin Général. Je vais aller voir cela de suite...


  • Votre récit me réconcilie un peu avec l’administration publique québécoise. Je suis probablement chanceux de ne pas connaître ce qui se fait de moins bien ailleurs. Et ne vous inquiétez pas, les commentaires déplacés de la part de Québécois que vous citez rebutent aussi de nombreux Québécois d’origine. Bonne chance pour la suite.


  • Vous êtes,,, adorable (votre commentaire)

    Je me rends compte que, dans mes commentaires, je mets trop l’accent sur les irritants... irritants alors que mon intention première était de parler de l’expatriation et du profil (positif) de certains expatriés : ouverture sur le monde, capacité d’adaptation au changement (en le recherchant encore et encore), curiosité intellectuelle (et autre), besoin d’apprendre. Mais là encore, une personne n’est pas obligée d’être expatriée pour cela.

    Ces problèmes existent partout, bien sûr, même entre gens du même pays, de la même ville, du même immeuble...
    La seule différence est celle-ci : quand un Français me dit des choses déplacées, je peux l’envoyer promener (lui répondre) puisque nous sommes à égalité. Ici, je vais automatiquement offenser,, car je ferai jamais partie de la « gang »,, même après 40 ans. Ceci étant dit, ces Irritants ne m’empêchent pas d’aimer beaucoup le Québec puisque j’y suis encore. Même si je ne suis pas membre du parti Québécois, le dernier discours de madame Marois, très noble et sans acrimonie, pour une fois, m’a rappelé pourquoi j’aimais tant le Québec.


  • À partir de quand est-on un expat ? Je me suis souvent demandé combien de générations il faut pour se sentir réellement un natif du pays dans lequel on vit. Merci pour cet ouvrage plein de vitalité teintée de la nostalgie que je ressens encore, bien que mes aïeuls soient venus en 1920 dans le Nord des mines. Au plaisir de vous lire de nouveau.


  • Le nord des mines ? De la France ?

    Je suis une chti’timi (zut, je ne sais plus l’écrire),,, de Liévin. Oups...Ti j’te reconnos t’es m’in coin (oui, bon, pour l’orthographe... je ne sais plus)

    En tous cas, je me sens encore expat. Mais je connais des Français qui se sont totalement intégrés, probablement parce qu’une partie de leur famille les a suivis, ce qu n’est pas le cas, dans mon cas. Le Québec n’a pas « excité » ma famille au plus haut point. Ils n’ont pas vu. Mais nous, mon ex et moi, nous ne fuyions pas quelque chose. Notre vie aurait été plus « riches » en France, Mon père était médecin et les parent de mon (ex) conjoint toujours ami commerçants. C’est le Québec des années 70, en pleine effervescence qui nous a plu.


  • Nous avons un autre récit d’une française expatriée au Québec : "Des emballages, donc" d’Odette Belaski : http://raconterlavie.fr/recits/des-emballages-donc-191/#.U39UmLeKDcs


  • Finalement pourquoi part-on ? pourquoi reste-t-on ? on appartient ni au vieux monde ni au nouveau monde, donc c’est raté pour l’intégration, ni tout à fait du pays cible, ni plus tout à fait du pays source... mais au final n’est-ce pas là le meilleur moyen de créer son propre monde ? et ces charentaises alors ?



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