Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Faire cours -
par Louis Gulli

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Publication : 8 décembre 2014

Durée de lecture : 6 mn

Nombre de mots : 1210

Un professeur affronte le bruit et le manque d’attention de ses élèves.

Je demande le silence, sous prétexte que je fais l’appel.


24 commentaires :

  • Très drôle, votre petit texte, et tellement réaliste ! Continuez, racontez-nous la suite et la fin du cours...Comment peut-on être persan, euh, prof ?
    Les jeunes, qui sortent du lycée comme consommateurs, n’ont plus du tout envie de devenir enseignants : ils savent ce qu’ils ont fait vivre à leurs professeurs : ne surtout pas intégrer cette galère....
    Merci de m’avoir rappelé quelques souvenirs ....


  • Pour moi tout ça c’est terminé, je suis à la retraite, mais j’ai des collègues qui souffrent énormément.
    J’ai écrit un petit texte sur la souffrance d’un de mes collègues que je proposerai
    certainement bientôt, il n’est pas rigolo du tout !
    Je suis content que ce petit texte vous ait fait rire.
    Je suis bien d’accord avec vous devenir prof, plus personne n’en a envie, mais il parait qu’il y a des gens qui ont des idées pour rendre l’enseignement ludique, intéressant, bref super qouâââh ! Je leur fais une confiance totale, ils savent spontanément comment faire.
    je suis en admiration ! Moi ma seule défense anti burn-out a été l’humour.... encore que... ;


  • Cher Louis,
    Très beau récit, très drôle ! Qu’elle est dure la vie de prof ! Heureusement qu’il reste la vocation !
    Mais ça ne fait pas tout, hein ?
    Bonne soirée,

    Kahina


  • Oui Kahina !

    J’aime bien votre commentaire !
    "Heureusement qu’il reste la vocation ! mais ça ne fait pas tout hein ?"

    En si peu de mots aller ainsi au plus profond des choses !

    Moi c’est fini, il reste les autres !

    Les Jacks, les Luc, les François les Najat, sont là pour soutenir le contraire, ils ont une image à peaufiner !
    Vanité des vanités tout est vanité ! qu’importent les souffrances, et si par malheur certains les expriment, il suffit de mettre en avant l’optimisme et la rage de vaincre des forts
    pour étouffer en un tournemain leur inefficacité et hop ! il suffit d’être fort !

    Merci Kahina pour votre jolie phrase.


  • Je crois que le métier de professeur consiste à s’accrocher, perpétuellement. Je suis étudiante en lettres et on m’a souvent conseillé de m’orienter vers l’enseignement. Pour rien au monde ! Il ne suffit pas d’être pédagogue ou d’aimer son métier pour être enseignant, il faut accepter TOUT ce qui va avec, vous le montrez si bien ! Comme le dit Ariane Mnouchkine, "les profs sont les héros des temps modernes" !


  • Je crois que la plus grande des qualités pour être prof c’est la naiveté !

    Croire que ce que l’on fait est utile.

    Croire que le temps que l’on passe à préparer ses cours, à modifier la moindre virgule, est une garantie de la rotation de la terre.

    Vérifier que le moindre mot écrit dans le commentaire d’une copie est juste,qu’il éclaire sans démagogie, qu’il aidera mais ne détruira pas,

    Croire qu’espérer est le propre de l’homme.

    Croire que tout peut changer et qu’on doit participer de tous nos efforts à ces changements.

    Pour sélectionner les profs aux concours il faudrait introduire une épreuve de naiveté, épreuve éliminatoire.

    Les examinateurs seraient des gens sortis de l’ENA ou de supers écoles de commerces ce qui garantirait leur expertise pour ce qui concerne la naiveté de leurs interlocuteurs.

    Ariane Mnouchkine est un monument, dommage que le mot "héros" sous entend souvent énorme sacrifice.


  • Ce dernier commentaire me touche ! Oui, nous sommes naïfs (quoique d’une fausse naïveté), appliqués, scrupuleux, aimant les articles de papeterie, et très épris d’utopie.


  • Ces jeunes qui n’écoutent pas en cours et bavardent ne savent pas quelle chance ils ont de pouvoir apprendre dans de bonnes conditions. Plus tard on le regrette et on revient aux études avec des lacunes parfois qu’on traîne depuis l’école primaire. Rendre l’école ludique, non ça ne sert à rien, c’est de la foutaise à mon avis, est-ce qu’apprendre est ludique ? Non, c’est un effort. Le résultat en revanche est un plaisir.
    Beau récit, merci


  • Oui Myriam, apprendre c’est un effort, bien d’accord avec vous, c’est même le premier effort qui est la base de tous les efforts que nous auront à faire dans la vie !

    Entièrement d’accord avec vous sur la foutaise !

    Je n’ai pas tout raconté dans ce petit récit, ces récits se doivent d’être smooth !

    Jamais je n’aurais pu raconter ce qu’il se passe réeelement dans une classe.

    J ’ai écrit un petit récit que j’enverrai bientôt à "raconter la vie" et qui raconte la véritable torture d’une de mes collègues encore en poste dans un lycée professionnel.

    Je pense qu’en tant qu’auteur léger j’ai fait mes preuves puisque j’ai été publié trois fois sur ce site, je vous fiche mon billet que mon récit sur le calvaire que vit cette pauvre collègue sera refusé, on peut certainement dire des choses, mais les bornes resteront les bornes, un peu comme la
    naiveté qui a quand même ses limites.

    Merci pour votre message Myriam.


  • Puisque c’est si terrible, pourquoi rempiler après la retraite ? Il doit bien y avoir quelques avantages ?


  • Par passion peut-être, passion est un beau mot qu’en pensez vous pas ?

    Amicalement,


  • Anveline S. :

    Je trouve que "le problème des profs" en France, c’est qu’ils sont vraiment sous-payés, comparés à ceux des autres pays européens. 1600 euros de salaire pour les débutants après trois ans d’études et un coucours hyper sélectif, c’est juste la honte. Le salaire de début devrait être de 2000 euros. Un meilleur salaire ça réglerait beaucoup de problèmes, comme celui de l’image "des profs" ou de leur manque de reconnaissance. Pour moi les profs ne sont évidemment pas des héros des temps modernes, juste des salariés diplômés et sous-payés en France.


  • J’enseigne depuis plus de 30 ans sans avoir eu de vocation particulière et dans des postes pas toujours enviables. Ce qui m’attache, c’est que j’ai affaire dans ce métier à de la matière humaine, jeune donc en devenir.

    Et, bon an mal an, tant bien que mal, pas toujours au moment où je m’y attends, j’arrive à communiquer mon goût de la langue et de la littérature.

    Je préfère ça à des revenus de trader, et le salaire devient de plus en plus honnête avec l’ancienneté.

    Kahina, je vous conseille moi aussi d’essayer ! Avec votre sens du contact, les élèves vous adopteraient tout de suite.


  • Moi non plus,Nathalie je ne regrette rien, après quarante années d’enseignement de mathématiques.

    J’ai eu des fils de césar et des fils rien comme élèves, chacun d’eux était particulier.

    J’ai aimé ces rencontres.

    Mais il me semble que Confucius a dit : "l’expérience n’est qu’une lanterne accrochée sur
    le dos qui n’éclaire que le chemin qu’on a parcouru".

    Amicalement, Louis Gulli


  • Anveline S. :

    @N.Delbarre Comme c’est beau de dire qu’on aime son métier même si c’est dur et mal payé...Comme vous dites vous ne faites pas partie de la tranche "des profs" qui gagnent vraiment mal leur vie comme les enseignants du primaire qui n’ont en plus pas d’horaires spécifiques, ou les débutants, qui après avoir trimé de longues années, se retrouvent à 1600 euros de salaire quand, à niveau d’études équivalent, d’autres gagnent 3000, ou tous ces "profs" qui enchainent les CDD, et qui n’auront pas d’années d’ancienneté pour augmenter leur salaire...A n’en pas douter, pour eux gagner plus signifiera avoir un salaire de trader...


  • Anveline S. :

    Re-bonjour,
    En ce moment vous vivez à Toulouse ou au Caire ? Vu les péripéties de votre existence, dans plusieurs pays, je ne peux pas croire que vous vous sentiez "torturé" en tant que prof...


  • Bonjour Anveline,

    Je ne peux pas dire que j’ai été torturé ni que que j’ai torturé. Il y a des moments plus difficiles que d’autres, c’est sûr et par conséquent des moments plus heureux que d’autres.! C’est la vie !

    Je vis à Toulouse, je suis rentré du Caire, quelques uns de mes élèves egyptiens font maintenant leurs études à Toulouse dans différentes universités, nous sommes devenus très proches,

    Je leur sers un peu de famille. Il s’adressent spontanément à moi quand les petits problèmes de la vie quotidienne française les surprend un peu.

    Mes enfants font le trait d’union des générations. Quand mes élèves ont des problèmes en maths dans leurs études, ils accourent !!!!

    Quand leurs parents viennent à Toulouse nous nous rencontrons systématiquement, réunion de famille en quelque sorte, et les parents sont rassurés de savoir qu’une famille est là en cas de problème, et croyez moi les petits problèmes de tous ordres sont fréquents, maladie, harcèlement, cautions locatives pour des étrangers, références diverses.... Je suis heureux de pouvoir être utile.

    Amicalement, Louis Gulli


  • Anveline S. :

    Merci pour vos précisions. En fait votre texte fait état de caricatures. Celle des profs torturés par leurs élèves ou celle des élèves torturés par les profs. Et c’est vrai que votre texte reste "soft". Il y a aussi la caricature des profs contents parce qu’ils ont obtenu un BIP... L’exercice de la caricature est un exutoire qui permet de vraiment bien rigoler sur toutes sortes de sujets et surtout de "rester fort" comme vous dites. La caricature est un moyen privilégié pour s’attaquer à l’autorité. C’est interessant que vous parliez de caricatures, après avoir vécu dans un pays qui a renversé le pouvoir en place (bien que les égyptiens aient ensuite élus un dirigeant islamiste au suffrage universel - ce qui est un autre problème, ou comment s’emmêler les pinceaux dans sa quête de liberté)...


  • Il y a tant de sortes de profs...Impossible d’en faire une caricature...Une seule chose est certaine : ils ne vivent pas dans le réel.
    Pour ma part je vis en sus dans des limbes :
    http://www.huffingtonpost.fr/sabine-aussenac/les-tzr-ces-roms-de-l-education-nationale_b_1852799.html
    Et j’ai tenté d’en sortir, en vain :
    http://raconterlavie.fr/recits/je-n-irai-pas-au-grand-oral/#.VI1k0iuG-LE

    Votre texte est joli de par sa légèreté et son humour. Le petit troupeau en attente de BIP, quelle belle image !
    Puisque vous vivez à Toulouse, nous irons boire un café au Flo et disserter de nos têtes blondes ?


  • Bonjour,

    J’ai écrit ce petit texte il y a cinq ans, c’était pour moi, uniquement pour moi, comme ceux qui jouent de la guitare pour eux rien que pour eux.

    C’était un vendredi après midi de 14 à 16h, la période la plus dure de la semaine, car les élèves sont fatigués donc agités, ne pensant qu’au week-end qui allait sonner dans les quelques heures qui suivraient.

    J’avais 60 ans, pas un perdreau de l’année dirait-on, mais j’étais exténué. Cette séance m’avait mis hors de moi et pour évacuer mon stress j’ai écrit, comme je le faisait souvent.

    Je ne pensais pas que ces quelques lignes, en les publiant, poseraient autant de questions, c’était juste pour rire ! (ou plutôt pour ne pas pleurer à l’époque).

    Je suis incapable de décrire les misères de ceux qui les vivent vraiment quelles que soient leurs situations, ils faut bien trop d’imagination pour pouvoir le faire ! Les vraies douleurs sont muettes (comme disait Valérie T.)

    Désolé, c’était pour rire !


  • Anveline S. :

    @Sabine La caricature ce n’est pas faire une généralité. Dans mon commentaire il y a un "s" à caricature. Au sujet de l’enseignement il y a une phrase radicale, normalement faite pour plaisanter, comme quoi "les profs torturent leurs élèves". Au final, et grâce à ses explications, Louis semble avoir monté son texte autour de cette idée là.


  • Chuuuuuuuuuuut ! Et on ne dit pas "au final" :)
    Kahina donne de l’amour, c’est déjà beaucoup. Si elle "sature", c’est simple...Ne la lisez pas...Bon dimanche à toutes et tous !!!


  • Pourquoi la réponse d’Anveline n’apparait-elle pas ?


  • Cher Louis
    J’ai lu votre récit avec attention et intérêt
    Je n’ajoute pas de commentaires
    Bien à vous



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