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Immobiliare -
par Titine

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Publication : 9 décembre 2014

Durée de lecture : 13 mn

Nombre de mots : 2670

A la recherche d’un logement.

Nous avons emménagé à 2 dans un 3 pièces en centre-ville. 15 ans plus tard, nous y vivons toujours mais le couple est devenu famille avec l’arrivée de 2 enfants qui ont aujourd’hui 11 et 13 ans. L’espace à vivre s’est mécaniquement réduit en 15 ans et nous conduit à chercher maintenant un logement plus grand.


18 commentaires :

  • Anveline S. :

    Parfois je ne comprends pas les choix éditoriaux du site. Initialement c’est pour donner la parole à des personnes qui ne se sentent pas représentées. Je ne comprends pas en quoi vous ne vous sentez pas représentée, alors que vous visitez 12 ou 13 appartements, à louer ou à acheter, pour au final acheter une maison de 150 m2. Quel est le motif de votre "mal représentation" ? Peut-être que vous écrivez pour d’autres personnes ?


  • bonjour,
    c’est aux webéditeurs qu’il faut poser la question.
    enfin, comme vous me l’adressez, je peux toujours donner mon point de vue.
    je crois que tout est question d’interprétation.
    vous avez une interprétation stricte de l’objectif du site : vous dites qu’il est de donner la parole aux gens "mal représentés"
    j’imagine que vous avez une idée prédéfinie des gens "mal représentés" et que vous estimez que je n’en fais pas partie, du seul fait que j’achète une maison de150m².
    pour ma part j’estime que je suis légitime à écrire ici, à raconter la vie qui est la mienne, comme n’importe qui, quel que soit son statut social.
    ensuite les webéditeurs estiment si ce que je raconte est digne d’intérêt ou pas, peut rentrer dans leur cadre éditorial. d’ailleurs deux de mes textes n’ont pas été acceptés. je trouve d’ailleurs que c’est dommage car raconter la vie ne devrait avoir de limite que le critère de la réalité. mais c’est une autre discussion.
    ce site a une vocation démocratique ("le parlement des invisibles") et je trouve que vous en avez une drôle de vision. démocratie : une personne, une voix. j’ai le droit autant qu’une autre personne à m’exprimer et sur le sujet que je choisis, pas forcément politique.
    une bonne journée


  • Anveline S. :

    Une réponse non virulente m’aurait étonnée...Je pose la question du choix éditorial et de ce que "l’auteur" raconte. L’intérêt de Raconterlavie c’est de pouvoir y lire des textes où un sentiment de non-représentation serait exprimé, par l’écriture, cela dépassant les notions de classe sociale, de richesse ou de pauvreté. Et cela ne renvoie pas uniquement à une représentation à l’Assemblée. Or on trouve trop peu de textes avec cette ambition sur le site. Peut-être qu’ils ne se présentent pas à la publication...Si vous vous estimez légitime sur le site, comme vous dites, ce à quoi je n’ai pas fait référence, expliquez-nous en quoi l’achat de votre maison a généré un sentiment de non-représentation...Alors même que toute situation ne génère pas un tel sentiment, et qu’on a pas besoin de tout raconter non plus. Sur ces sujets je ne vois pas pourquoi "les auteurs" ne pourraient pas apporter leur réflexion.


  • Ce serait intéressant en effet d’avoir une réponse de l’éditeur ou éditrice. Si je suis votre logique Anveline S. elle doit s’appliquer à pas mal d’autres textes, "Faire cours" par exemple, qui précède le texte de Titine, car la plainte des profs est un sujet sur lequel on a très souvent écrit, très visible, très corpo.

    Je vous suis bien dans cette demande d’un Parlement des Invisibles, mais j’aime bien lire aussi, sur Raconter la vie, les instants extraordinaires des vies ordinaires. Parce que ces situations extraordinaires restent souvent dans l’ombre alors qu’elles modifient considérablement nos vies ordinaires.

    Si je peux me permettre, je vous conseille un site sur lequel écrivent beaucoup d’auteurs "invisibles", j’y vais souvent aussi, j’aime beaucoup :
    http://www.lyber-eclat.net/lyber/10-ans/dix-ans-introduction.html,


  • D’un autre côté, les personnes trop peu souvent représentées n’ont peut-être pas la plume facile ? Il me semble que cela fait d’ailleurs partie du phénomène d’exclusion : difficile de prendre la parole lorsqu’on vous maintient la tête sous l’eau...


  • super vos messages
    je suis heureuse que cette discussion se pose ici. je le vois comme une chance et un honneur.
    par rapport à ce que vous dites, Didier, je pense effectivement que des gens n’auront jamais les mots pour exprimer leur vécu. parfois il me manque un mot et je bloque pour m’exprimer ,j’imagine ce que ça peut donner quand à une personne il manque la plus grande partie des mots. ces gens ne peuvent pas écrire, même à "raconter la vie", aussi ouverte soit cette initiative. à un moment le site a publié des récits de 3 détenus apportés par une visiteuse de prison. des textes courts que j’avais appréciés.
    ensuite je suis entièrement d’accord avec ce qu’écrit Catherine (écrire les moments personnels des vies ordinaires) et merci pour nous signaler ce site (je ne sais pas comment tu en as entendu parler)
    en revanche en désaccord avec Anveline qui écrit "on a pas besoin de tout raconter non plus." moi je suis pour qu’on raconte justement le plus de choses possible, ensuite tu lis ou pas. je ne suis pas pour limiter en amont.
    je n’ai pas vraiment compris ton truc de "pas représenté". il faut être désocialisé ?
    tu es militante d’un mouvement politique ?
    et oui, j’ai été virulente mais pas trop encore


  • Bonjour,

    Très beau texte ! J’ai eu l’impression de visiter ces maisons avec vous ! Vous montrez bien que la recherche d’un logement qui nous convienne totalement est parfois difficile ! Je trouve que votre récit a toute sa place sur le site et j’espère vous relire à nouveau !

    Bien à vous,

    Kahina


  • Anveline S. :

    Tout dire publiquement ? Quelle drôle d’idée ! Après, pour raconter des choses, il y a les copines (certaines seulement, comme quoi on ne peut pas tout dire). Et si on veut vraiment tout lire, il y a Doctissimo, entre autres... Si vous ne comprenez pas "pas représenté", et sans vouloir enfoncer le clou, c’est que vous écrivez vos textes avec une motivation différente de celle du projet de Raconterlavie...Ce qui légitime ma question. Commencez par lire le texte de Pierre Rosenvallon, par curiosité...Au final peut-être avez-vous tout de même un sentiment de non-représentation, mais que vous ne formulez pas dans votre texte...Mais je ne vais pas vous embêter avec le sujet outre mesure, je pense que les textes intéressants sur le sujet ne se bousculent pas à la publication.
    @Catherine ; j’irai voir le site, à l’occasion je vous dirai


  • Désolée j’ai donné une adresse qui n’est plus valable. Pour lire les textes c’est https://constellations.boum.org
    @titine. Comment j’ai entendu parler du site constellation ? et bien pas tout à fait par hasard. On trouve ce qu’on cherche parfois, comme toi avec ta maison.
    Une précision : je n’ai pas écrit "écrire les moments personnels des vies ordinaires", mais "les instants extraordinaires des vies ordinaires". Cependant je ne réduirais pas Raconter la vie à cela, je trouve qu’un récit qui construit un personnage, maintient la tension, provoque une émotion, tout en racontant un évènement très ordinaire de la vie est une réussite. Mais c’est difficile.


  • Pas d’accord Kahina, au-delà du texte de Titine, Anveline S propose de réfléchir sur ce qui est publié, c’est intéressant, c’est même démocratique selon moi. Chacun peut se poser la question du retour aux fondamentaux, comment on interprète le texte fondateur pour se l’approprier. D’ailleurs Titine ne semble pas si effarouchée.


  • Bonsoir à tous, une brève précision concernant notre politique éditoriale s’impose, en citant des extraits du "Projet" : "Raconterlavie.fr invite chacun d’entre nous à relater une facette de son existence, à échanger avec ceux avec lesquels il partage une communauté d’expérience et à écouter ceux dont il est éloigné, dans un but de connaissance mutuelle.
    Cet espace d’échange et d’édition virtuelle accueille à part égale et dans les mêmes conditions tous les récits de vie. En les faisant connaître et reconnaître, il leur restitue leur dignité. En ce sens, Raconterlavie.fr est un lieu créateur de liens."

    Ainsi, nous n’écartons aucun texte. La parole est à toutes et à tous. Seuls sont refusés les avis d’opinion, manifestes et autobiographie complète (car trop longue pour nos 40 000 signes évoqués), conformément à notre charte éditoriale.

    Très cordialement,

    L’équipe de Raconter la vie


  • Chère Catherine,
    Cela me dépasse, on nous propose de nous exprimer, nous qui nous disons "sous-représentés" et vous me parlez de réflexion sur les textes publiés ? Une réflexion de quel ordre ? Il faudrait donc privilégier des thèmes par rapports à d’autres ? Nous octroyer le droit de dire que tel ou tel texte est publiable ou non selon le degré de "sous-représentation" ? La démocratie selon moi c’est de donner une voix à chacun. Faire publier son récit sur Raconter la vie, c’est une volonté de partage de la part des auteurs. Et il faudrait refuser leur voix parce leur récit contrevient (selon vous) au principe de sous-représentation ? Je suis offusquée. Je suis désolée, je ne partage pas votre avis, je suis profondément affligée de lire de tels discours.


  • "Et il faudrait refuser leur voix parce leur récit contrevient (selon vous) au principe de sous-représentation ? " Où lisez-vous que j’ai écrit cela Kahina ? Simplement, je propose de ne pas exclure les remarques de Anveline mais de les commenter. En cela je ne fais aucun discours, j’essaie au contraire d’échanger, à moins que le message de l’équipe signifie la fin de la discussion.


  • Anveline S. :

    @Didier Morisot C’est vrai ce que vous dites. D’ailleurs quand j’ai écrit mon texte "Sans logement" c’est arrivé comme un pavé dans la marre et à l’heure actuelle il y a encore des gens pour me le faire payer. A contrario Henriette, la personne dont je parle dans un deuxième récit n’avait pas la force pour rédiger un texte, même si elle en avait les compétences. Cependant le sentiment de ne pas être représenté dépasse les clivages habituels. Les livres et certains récits le montrent.


  • Anveline, j’ai relu votre texte "le voeu d’Henriette" où vous parlez de la difficulté de logement de votre superviseuse.
    la première fois que je l’ai lu, je ne l’ai pas commenté car il me parlait de choses que je connais trop bien, pour cotoyer quotidiennement au boulot des gens qui ont des problèmes de logement, d’inconfortables (logements trop petits) à graves (logements insalubres, certains loués par des marchands de sommeil) voire très graves (gens qui dorment dans leur voiture ou là où c’est un peu chauffé, devenant clochards malgré eux).
    ça m’avait étonné que vous parliez pour quelqu’un. je me rends compte que moi aussi j’ai parlé de mes collègues et de moments de leur vie difficiles, dans un texte envoyé au site, qui sera publié ou pas, que j’ai intitulé ("confidences de mes collègues de 5 à 6").
    la différence entre nous me semble être que j’ai plutôt écrit "sur" elles et pas "pour" elles. les gens m’intéressent, me touchent, j’aiment les écouter mais je ne suis pas dans une démarche de revendication, pas dans l’idée que ces collègues sont "mal" ou "sous-représentées".
    pour moi c’est une évidence que tout un chacun est par essence "mal représenté", qu’il ne peut se représenter que lui-même directement (ce qui invalide l’idée de représentation qui implique une deuxième personne) , en s’exprimant. mais mon idée est d’ordre existentialiste plus que politique ou social.


  • ça me fait plaisir Kahina que vous ayez apprécié mon texte
    merci
    bonne journée
     :)


  • Anveline S. :

    @ Titine J’ai écrit sur la situation d’Henriette pour essayer de l’aider et avec son accord sur le contenu du texte. Je n’ai pas de démarche de revendication au long cours. Mes deux textes parlent d’injustices, inhérentes aux situations que je décris.
    Par rapport à votre propos comme quoi c’est une évidence que chacun est par essence "mal représenté" et que votre idée est d’ordre "existentialiste", j’y vois une référence au besoin humain de s’identifier à des pairs pour construire son identité, ce qui est une nécessité vraisemblablement compliquée pour tout le monde.


  • Anveline S. :

    @Kahina Personne n’a dit qu’ "il fallait privilégier des thèmes par rapport à d’autres" et personne ne "s’est octoyé le droit de dire ce qui est publiable". Les propos portent sur ce qu’on aimerait lire, les possibilités offertes par les commentaires. Il n’était pas non plus question de voix, de vote ou de démocratie. Il n’y a pas que l’assemblée comme système de représentation. En outre, lire la vie des gens en long, en large et en travers, a comme limite l’intérêt que le lecteur peut y trouver. Dans un esprit de partage, auquel vous faites référence, on peut aussi y penser.
    Enfin le manifeste de Pierre Rosenvallon porte bien sur les problèmes relatifs à la représentation, et au final, il y a peu de textes sur le sujet. J’émets l’hypothèse que c’est difficile d’écrire d’une façon intéressante là-dessus, et que, dès lors, peu de textes du genre arrivent à la publication. Dommage.



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