Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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J’attends vos démissions -
par Marie Renoult

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Publication : 10 mars 2014

Durée de lecture : 11 mn

Nombre de mots : 2320

Soutenir une collègue insultée et défendre son poste peut coûter cher.

Nous connaissons tous la perversité du bonhomme, je ne m’attendais pas à ce qu’il s’attaque à sa secrétaire, fragilisée par sa maladie.


9 commentaires :

  • Le comble du pervers narcissique, obtenir en guise d’épitaphe les éloges de ceux qui, de son vivant, se sont tus !


  • bien vu et le courriel comme narration et dialogue : épatant.
    pourtant la vie comme elle va ...mal :leur solidarité les a fait gagner et pourtant si le méchant est puni, elles ont souffert de ces méthodes devenues ordinaires.


  • Et pourtant... Il m’en fallu du recul et de la relecture, lire et relire... Toujours relire pour comprendre les enjeux , les non-dits, sous entendus, tout ce qui est pensé trop fort et que la peur paralyse pour espérer pouvoir le dire tout haut !
    Cet homme est mort pour rien en somme ! Comment pour rien ? Fustige-t-on ? Il est mort pour la France, allons ! C’est le héros "licencieur", et pour cause, quel étonnement lorsque la mission lui fut attribuée, on le connais ailleurs, on le sait d’autres qualités, l’épitaphe le montre !
    Alors pourquoi lui ? Parce qu’il est sur l’échiquier non pas le roi mais un choix de roi...
    Voyez comme le directeur fut mis aux abris comme pour dire :

    • Écoute Michel ! Nous sommes derrière toi, ainsi que tous les acteurs financiers de la communauté de commune, même Monsieur le Préfet te soutien ! Non, sois en sur, nous leurs enverrons Éry, il fera un très bon liquidateur.. D’ailleurs il n’est pas au courant, pas encore ! Quant aux filles, elles ont fait un boulot formidable, mais maintenant il s’agit d’une affaire d’homme, les responsables politiques auront sans doute verrouillé le projet...

  • Au fond... Ce Michel Éry est sans doute le pit bull d’un système politique et financier dont sa tâche est de sécuriser son territoire... Sans lui trouver de circonstance atténuante, il avait sans doute ce talent de briser moralement les personnes sans aucune remise en question. Talent découvert par ses pairs et mi au service de la France, ici l’humain est laissé pour compte, seules les prédispositions comptent quand les enjeux sont importants, le reste c’est de l’anecdote, hélas...


  • gavroche :
    j’aime la forme épistolaire, le temps ponctue les épisodes, forme tragique quelque-fois aussi. Moi je pense qu’on ne meurt jamais pour rien, votre colère le prouve. Ce récit aussi devient trace presque pv de gendarmerie. Cela pourrait être une plainte, pour l’Europe, une plainte pour délimiter ce que l’administration peut faire et défaire aussi. C’est la guerre et nous sommes des soldats, notre état a inventé des formes silencieuses pour assouvir, maltraiter, tuer, c’est la guerre, chacun doit mesurer cela, bon courage.


  • Merci pour tous vos commentaires, ils m’encouragent à poursuivre l’écriture d’histoires de vies.
    Comme vous l’avez compris, cette histoire est très personnelle, car je la portais depuis cinq ans.
    Je ne pouvais me satisfaire de l’écrire et de passer à autre chose. Le site « Raconter la Vie » m’a permis de la transmettre. Je pense que dans nos pays occidentaux, nous sommes légion à vivre cette expérience de licenciement expéditif. Nous ne pouvons pas accepter, l’humain n’est pas jetable, sa dignité doit être préservée. Comme le dit si bien Gavroche, les états ont inventé des formes silencieuses pour assouvir, maltraiter, et tout cela gratuitement.
    L’analyse d’Antonio-Giuseppe Satta est pertinente. J’apprécie le commentaire de Danielle Sigot-Mezuret car j’avais peur que la forme narrative du courriel pose un problème de compréhension.
    Albert Camus disait « Il y a des êtres qui justifient le monde, qui aident à vivre par leur seule présence », j’aurai aimé les rencontrer dans l’institution où je travaillais.


  • Bravo pour ce texte qui m’a beaucoup intéressé, ha le monde du travail....contente de l’avoir quitté !


  • C’est là où on comprend la somme d’énergie gaspillée et détournée. Au détriment du bien de tous. Je l’ai découvert avec étonnement dès mon premier emploi, dans une petite structure. Si nous partagions réellement un objectif commun, il me semble que nous n’aurions besoin de travailler qu’une vingtaine d’heures par semaine. Qui s’est jamais posé cette question ?

    Amicalement
    Franz


  • Bonjour,

    J’ai été très impressionnée par la forme épistolaire de votre récit, d’une efficacité redoutable.
    Je me suis aussi sentie très concernée parce que je pense, j’en suis certaine en fait, avoir été pendant quelques années au service du même genre de personnage, cette fois dans un syndicat patronal du secteur de l’industrie, Pervers Narcissique et manipulateur qui a bien failli me détruire psychiquement.
    Heureusement, j’ai fui, une fois plongée dans la dépression.
    Il me semble que notre époque se prête particulièrement à l’apparition récurrente de ce genre de profils, extrêmement dangereux. En effet, les temps étant particulièrement durs, ces "optimisateurs de process" semblent être très précieux pour des dirigeants qui se défaussent ainsi de leurs resoinsabilités humaines en toute bonne conscience.
    Nous ne sommes plus dans ce grand barnum, que des pions ou des pantins livrés aux mains de ces destructeurs en puissance.

    Bravo en tout cas de témoigner. Nous nous sentons moins seuls !

    Marie



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