Le travail
raconté par ceux qui le vivent
|

J’élève des chèvres -
par Didier Morisot

Permalien



Copiez le code d'intégration

Publication : 7 juillet 2015

Durée de lecture : 11 mn

Nombre de mots : 2340

Une professeur d’anglais devient éleveuse de chèvres.

Dans une autre vie, j’ai donc été prof d’anglais pendant six mois. Et là, franchement, c’était pire que les dindes : pour le coup, c’est moi qui étais vidée.


8 commentaires :

  • Auvergnate, ex prof, et exploitante agricole ( mais en peau de lapin, j’élève juste des chats..., même si j’ai eu aussi une chèvre et un bouc ...de compagnie), j’ai particulièrement kiffé votre texte, dont j’adore le ton !! Merci de ce bon moment, et une caresse à Dominique !


  • Bonjour France, je suis content d’avoir fait écho - agréablement - à votre propre parcours. Je ne manquerai pas de passer le bonjour à notre ami que vous évoquez dans votre message ; derrière son apparence brut de décoffrage, je suis sûr qu’il sera sensible à cette marque d’affection. Au plaisir de vous recroiser sur le site, très bonne fin de semaine à vous. Didier


  • l’avantage supplémentaire de tout ce petit monde c’est qu’il n’y a pas de yogourt "i spique laïque chakesire "


  • Contrairement à ce que suggère la phrase introductive, il ne s’agit pas d’une professeure d’anglais qui serait devenue éleveuse de chèvres après mûres réflexions, mais d’une fille d’agriculteurs qui a préféré rejoindre la maison-mère après seulement 6 mois d’expérience hors du monde agricole et familial pour une raison qui n’est pas éclaircie. L’ailleurs s’est refermé.
    Ce qui frappe, c’est cette langue populiste, les astuces faciles, cette agressivité verbale qui permet de se mettre en valeur. La grosse blague salace qui opère un rapprochement entre un ancien ministre et le bouc est déplaisante. Elle aurait pu être supprimée.
    En dehors du curé, les hommes sont absents de ce récit ou malveillants (Bruxelles, livreur).
    En France, les petits éleveurs sont nombreux, très actifs et regroupés en diverses associations. Quels sont les liens de nos héroïnes avec ces autres éleveurs et leurs organisations ? On ne sait.
    La particularité de ces 2 agricultrices, ce n’est pas qu’elles recourent à des méthodes dépassées ou « anciennes ». Ce qui ressort de ce récit, c’est ce couple mère-fille enfermé dans un monde rural restreint, sans hommes et sans descendance. Cette manière de vivre est ressentie comme archaïque par les intéressées elles-mêmes (allusion aux indiens, à un classement patrimonial, etc.). Ce petit monde social contraint ne semble supportable que par les contacts qu’engendre la vente à la ferme.


  • ...comme quoi on ne peut pas plaire à tout le monde. Comme quoi aussi, le lecteur est libre d’interpréter un texte comme bon lui semble et d’en tirer une vision du monde quil ui est propre. Bonne journée...


  • Contrairement à Mr. Bourdon, j’ai été séduite par la nature du récit. Pourquoi les récits de vie devraient-ils être formatés, lissés, rationalisants ? L’émotion de la narratrice y est à fleur de peau, et tant pis si les propos ne sont pas politiquement corrects ! Heureusement que la collection Raconter la vie permet aux "invisibles" de s’exprimer : ceux qui ne marchent pas dans la mondialisation heureuse, la ménagère de moins de 50 ans, la normativité culturelle, les réseaux sociaux qui n’ont de social que le nom... Jean-Pierre Le Goff, dans La fin du village, a montré comment la culture dominante d’aujourd’hui marginalise les traditions de terroir. Eh oui,
    les "vrais gens", ceux qu’on convoque avec un mépris affecté, vont bientôt devoir être rangés au rayon des Arts et traditions populaires. Ils vont devenir une espèce à protéger !


  • ...tout comme les ours des Pyrénées sus-évoqués. Merci pour votre petit mot, Dominique, il change agréablement du commentaire précédent qui donne une vision bien négative de ce que j’ai voulu décrire. Comme quoi, le monde existe bien d’abord dans notre regard. Bonne soirée à vous...


  • Mme Lebleux, vous avez le droit d’être séduite par la forme de ce récit, qui est fort séduisante, mais sur le fond vous êtes moins expansive. Nos capacités de réflexion sont fort mal vues aujourd’hui, certes, mais elles ne sont pas encore interdites. Depuis les années 1980, on fait dans “l’émotion”, comme vous dites, c’est plus vendeur ; les médias, qui ont repris cette notion américaine, en usent et abusent. Mais après tout, on peut réfléchir un peu et aller y voir de près.
    Le type d’élevage évoqué ici n’est pas du tout “invisible”. Au contraire, il a le vent en poupe et face à la crise actuelle des élevages industriels, il s’en sort bien mieux et il en sera longtemps ainsi. De plus, ce récit décrit très bien la somme de travail physique qu’il suppose. C’est assez épuisant, je peux vous le confirmer.
    Quant aux “traditions de terroir”, de quoi croyez-vous parler en recourant à ce vieux cliché ? Qu’entendez-vous par les “vrais gens”, qui seraient “convoqués avec un mépris affecté” : mais par qui donc ? Qui deviendraient “une espèce à protéger” : Mais de qui parlez-vous ?
    Connaissez-vous bien le monde des campagnes d’aujourd’hui ?
    Enfin, il n’est peut-être pas nécessaire de citer l’ouvrage admirable de Legoff pour dire que, depuis toujours, la “modernité” a pris la place de certaines habitudes (les “traditions”), en a transformé d’autres et fait disparaître le reste.



Votre commentaire

Pour poster un message, vous devez vous connecter ou avoir créé un compte.