Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Je lui dis que ça va aller -
par Amir Djân

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Publication : 8 mars 2016

Durée de lecture : 31 mn

Nombre de mots : 6270


2 commentaires :

  • Dans nos métiers, nous rencontrons beaucoup de gens et, certains nous laissent un souvenir heureux, une bulle d’air qui continue de monter haut dans notre ciel et nous indique une autre voie... Pour ma part je me souviens d’Ali, un jeune Afghan que j’avais accompagné à l’OFPRA en ce petit matin d’hiver. C’était MA 1ere fois là-bas et, je ne sais pourquoi, j’ai pu assister ( à condition de me taire ) à l’interrogatoire ( car c’en est un, n’est-ce pas ! ) de ce garçon à peine sorti de l’enfance... J’ai même eu droit à " Avez-vous quelque chose à dire concernant Ali ?" A cette parole donnée, peut-être parce que je représentais le Département qui m’employait, j’ai répondu simplement " Il faut prendre en compte que le récit d’Ali s’appuie sur les souvenirs d’un enfant de 8 ans de ce que sa mère lui a raconté de son histoire..." et puis nous somme sortis, retrouver la rue, l’air libre.
    Lorsque j’ai demandé à Ali comment il se sentait, il m’a répondu "j’ai l’impression que j’ai tué quelqu’un ! alors que je suis juste venu en France..." et sur son visage je pouvais lire toute incompréhension que ses mots ne disaient pas.

    Sa demande d’asile lui a été refusée. Pourtant, son sourire, sa joie ne se sont pas éteints. Ce qu’il a perdu, emporté par ce refus, il ne me l’a pas dit et je ne peux le mesurer, mais ce qu’il a gagné, je le devine...

    Je me souviendrai toujours d’Ali.



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