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Je suis née paradoxe -
par Laura Duparc

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Publication : 22 mai 2014

Durée de lecture : 8 mn

Nombre de mots : 1640

Une jeune femme paradoxale et désorientée apprend un jour qu’elle est autiste Asperger. Grâce aux soins et à l’amitié, elle parvient à se donner son propre fil conducteur pour avancer.

Je suis née très nulle aussi. Objectivement en-deçà des espérances concernant la relation aux autres. Entourée mais toute seule.


8 commentaires :

  • Merci pour ce très beau texte .
    Poser enfin le bon diagnostic est souvent une affaire tardive, mais quel soulagement ! ( J’ai vécu la même chose naguère avec mon mari bipolaire)
    Les parents font ce qu’ils peuvent, et que l’on soit asperger ou "normal" ( mais qu’est ce qu’être normal ?) , ils cherchent souvent à réaliser par leurs enfants leurs propres désirs frustrés. Se mettre en accord avec eux, leur pardonner, comme vous dites, est un grand pas vers l’équilibre. Eric Berne disait que devenir adulte, c’est être capable de divorcer à l’amiable d’avec ses parents...
    Bon courage pour continuer et réussir sur la voie que vous vous tracez !


  • Je ne crois pas que mes parents aient cherché à réaliser leur propre désir à travers mon parcours, puisqu’ils sont également très fiers de mon frère, qui m’est complètement opposé (il n’était pas vraiment doué à l’école, etc). En revanche on a été beaucoup poussés par eux dans nos voies respectives afin de réussir ce que l’on entreprenait, comme eux ont pu réussir à leur époque. Seulement j’ai été poussée sur une voie qui ne me correspondait pas. Ils ne sont pas les seuls en cause : mes professeurs également étaient ainsi, et un tas d’autres personnes en fait, parce que c’était "normal" : j’étais une très bonne élève qui devait exceller et décrocher plus tard un métier prestigieux...
    La seule chose que mes parents attendaient vraiment de moi, c’était construire une famille. Ils savent qu’ils n’obtiendront jamais cela de moi et ça a sans doute été une très grosse déception (et surtout une très grosse incompréhension) pour eux.

    Quoi qu’il en soit le diagnostic est réellement nécessaire, oui. Plus que pour soi-même, c’est pour pouvoir expliquer aux autres qu’il est utile. Je n’avais pas tellement besoin qu’on me colle une étiquette, mais j’avais besoin d’un repère pour comprendre ce qui me différenciait de la majorité, et le faire comprendre aux membres de mon entourage (qui n’a pas encore digéré la nouvelle, ni compris ce que ça impliquait, mais ça viendra bien à un moment).

    Merci pour ce message, en tout cas.


  • Beaucoup de plaisir à vous lire, et préservez votre différence ! Elle est fondamentale, et rafraîchissante ! ( Ce qui n’amoindrit nullement les difficultés quotidiennes auxquelles vous devez faire face, quotidiennement, face aux autres) Mais rafraîchissant quand même, une particularité réelle, et non simulée, de ne pas être comme tout le monde ;) Cadeau !


  • Laura,
    Votre récit est impressionnant ! Non seulement vous avez à préserver votre différence mais à la vivre avec une sensibilité hors du commun : je mesure la grandeur de votre pardon.
    Votre parcours est du plus haut intérêt pour moi. MERCI de nous le livrer.. Permettez-moi de vous dire toute mon estime.


  • Je suis tombée amoureuse d’une phrase de votre court récit : "Un petit brouillon d’être vivant".
    Je suis passée par une hypokhâgne et je crois comprendre et partager ce que vous éprouvez.
    Bravo, pour votre récit et pour vos choix.


  • E. E. Circé : c’est amusant, je me relis et... je me rends compte que j’ai encore changé, mais tellement. Il restait des verrous à faire sauter et j’accepte enfin de lâcher prise pour vraiment évoluer. Je constate à présent à quel point c’est long et difficile. Je pense que je ferai un nouveau récit pour faire le point. D’ailleurs je trouve celui-ci assez mal écrit, mal enchaîné, ça m’embête un peu (je n’ai pas la prétention d’être l’écrivain du siècle, clairement, mais d’habitude je fais mieux, quand même).

    Concernant le "petit brouillon d’être vivant", c’est une sensation tenace, je ne sais pas si ça s’en ira un jour : moi je me supporte bien, je m’aime bien comme je suis, mais le fait qu’on me renvoie toujours cette idée d’un "handicap" que j’aurais par rapport aux autres me laisse cette impression désagréable, qu’on m’a fait mais que, finalement, c’est un petit peu raté. Comme ce récit finalement qui a été très impulsif et qui aurait mérité d’être repris.


  • E. E. Circé (bis) : Toi, n’écris-tu pas ? Ah. J’en profite pour dire qu’il faut me tutoyer, enfin, si tu veux bien, le singulier c’est très bien, je n’aime pas beaucoup l’idée d’une "marque de respect" dans le vouvoiement. Et puis, "singulier" a deux sens, j’aime l’ambivalence de ce mot.

    Comment as-tu vécu ton hypokhâgne ? Et puis, de quelle façon y as-tu atterri ? Etait-ce par curiosité et envie, par ambition, ou parce que "c’était ce qu’il fallait faire, étant donné tes notes" ?
    Je pensais dans mon cas pouvoir bien vivre la situation puisque j’y était par choix, par curiosité, et que j’ai beaucoup aimé mes cours, mais j’ai mal supporté le fait qu’on s’étonne sans cesse que je n’aie pas l’ambition de passer les concours après, que je ne sois là que parce que les matières m’intéressaient et que je ne savais pas tellement quoi faire de ma vie ensuite.
    Cela dit je n’étais pas en hypokhâgne moi, j’étais en hypochartes, c’est un peu moins connu, ça laisse aussi un peu moins de perspectives d’avenir sans doute (moins de bifurcations possibles, du moins).


  • Je suis en phase de diagnostic, mon psychiatre est d’accord avec moi sur le fait que j’ai "quelque chose", et le plus pausible est Asperger. Et je me retrouve beaucoup dans ces mots. Sauf que moi je suis tombée. Deux fois en moins de dix ans. Et la deuxième fois, je me suis dis que si je dois me relever, je me relève, mais pour prendre un an pour moi. Rien que pour moi. Me comprendre, me retrouver. Complètement me découvrir, même, avec cette recherche de diagnostic. C’est la première vraie bonne décision que j’ai pris dans ma vie. Et pourtant, j’ai vraiment déçu tout le monde ne lâchant deux semaines avant mes examens finaux !

    C’est donc très intéressant pour moi. Ton parcours est assez éclairant. J’espère réussir à me libérer moi aussi de la peur. 22 ans de vie, un age mental de 6 ans ou alors, souvent en ce moment, au moins 50, mais jamais 22.

    Merci pour ce texte. Bonne continuation.



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