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Je suis vieux -
par Martial Gottraux

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Publication : 7 avril 2014

Durée de lecture : 16 mn

Nombre de mots : 3260

Un jeune retraité raconte les deux premiers « repas des aînés » auquel ses voisins l’ont invité avec insistance. Mais être « vieux » ou « jeune », avoir des goûts de jeune ou de vieux a-t-il quelque chose à voir avec l’âge ? Avoir cessé son activité professionnelle oblige-t-il à apprécier les soirées « loto » organisées par la club des anciens ?

Moi, Martial, sain de corps, certes retraité, mais vert comme un chêne, moi, me considérer comme un vieux, un rabougri, un de ces types qui devrait s’émouvoir face aux piaillées d’enfants mal élevés.


22 commentaires :

  • EXquis et drôle , ça fait vraiment du bien ce regard ironique sur sa condition de jeune vieux ,,une sorte de "Bal de têtes" à la Marcel Proust chez les Hélvètes.


  • "Au delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable" écrivait Romain Gary....
    J’ai adoré votre texte, et beaucoup ri.
    Mais franchement, moi qui suis aussi une vieille, je ne suis pas maso : pourquoi participer à ce genre de réunions insupportables ?
    Ah si, je sais, pour en ramener un super récit !
    Alors, continuez !!!


  • Vous le savez, France : Comme les larmes sont, souvent, une déclinaison liquide de l’amour, l’humour est un voile pudique, jeté sur la tendresse. Après tout, Marguerite2 vaut bien Nabilla, non ?


  • Allo non, mais allo quoi ?
    Allez, non, on n’est pas si vieux, quoi !


  • Votre récit est drôle et tendre, désabusé mais pas cynique. Moi qui ne suis pas (encore) vieille, j’ai beaucoup aimé !!
    Bravo pour votre talent d’écriture.


  • Bab :

    Ah ! cet humour décapant ! quel bon moment de lecture !! on irait bien au repas "des vieux" pour boire un coup et rigoler avec vous !!! ah zut... j’suis trop jeune ??? trêve de plaisanterie, on connait tous des vieux- jeunes et des jeunes-vieux non ? C’est quand même bizarre d’imaginer que d’un jour à l’autre on change de catégorie.
    bien cordialement
    béatrice


  • Quel âge que t’as ?


  • 69, pas si vieux, en fait !


  • Moi 62, c’est vrai qu’on n’est pas si vieux, mais sans perdre humour ni surtout tendresse, le fond tragique de l’histoire est que la mort s’approche de nous, quelquefois avec brutalité, d’autres fois sournoisement, mais toujours inéluctablement... Salut et fraternité !


  • hahahaha !! j’ai vraiment beaucoup ri à cette lecture, Mr Gottraux , mais vraiment des vrais fous rires sonores et joyeux (heureusement je suis seule dans mon bureau). Vous avez des expressions si imagées, créatives et drôle. Je me suis régalée. Sur le fond, je ne suis pas d’accord sur l’âge de la vieillesse. Ce qui est dans la tête ne se voit pas sur nos visages et nos corps ; on peut garder un cœur joyeux et inventif toute sa vie, faire des bêtises, se faire plaisir, chanter, danser et s’amuser, bref profiter encore de la vie. Ce que je vous souhaite sincèrement.
    Cathy
    ps : avez vous déjà publié des écrits ?


  • Je me suis bien amusée, mais je crois que je n’irais pas au repas des vieux. Je déteste passer du temps à table (mariages, communions et tout ça oh là là !!!), je m’embête, en général, ça parle trop fort, du coup on ne comprend plus rien et on n’écoute personne, ça n’en finit pas, On mange trop, on boit sans doute trop aussi, on ne peut pas bouger, on doit devenir outre à force, ça sent le renfermé, ça n’en finit pas !....
    N’y a t’ il pas mieux à faire avec les sous du CCAS ? Pour les jeunes par exemple..Si on organisait un banquet pour les jeunes ça serait complètement ridicule non ? du coup ça ferait peut être poser des questions ????
    Enfin je suis sans doute bien seule à penser comme ça vu le plaisir que semblent avoir les vieux de mon village à fréquenter, banquets, sorties, soirées dansantes organisés pour les vieux !!! J’ai tenté d’exprimer mon point de vue à une réunion de l’équipe municipale (avant les élections), ce n’est pas passé du tout ! tant pis pour moi, je n’avais qu’à me taire !!! j’ai bien cherché le bâton pour me faire battre !


  • Vous mettez le doigt (ou plutôt la fourchette !) sur un problème réel : les repas de famille sont très souvent ennuyeux, les conflits sont remisés sous la nappe où ils s’agitent tout de même, les sauces des rôtis sont souvent assaisonnées de mauvaise foi. Les repas communautaires offrent une forme d’évasion, pour beaucoup de vieux et...de jeunes. Les banquets de jeunes existent dans ma région (Fribourg, Suisse) et sont très fréquentés, offrent souvent des formes de convivialité intergénérationnelle. Un exemple : Dans mon village les jeunes, à début mai, viennent chanter sur le pas de porte des maisons, on discute, on rigole, et ils s’en vont, récompensés de quelque monnaie, juchés sur des chars tirés par des tracteurs. Jolie coutume.


  • Toute la saveur de la Suisse sur mon écran....avec en filigrane cet accent inimitable....lent et doux...du temps qui coule...
    Bravo !


  • J’ai bien aimé votre texte. Surtout l’épice spéciale qu’il distille, à savoir l’acidité !!
    Devant quitter mon activité professionnelle dans quelques jours, je me penche (mais pas trop) sur cette réflexion autour du temps qui passe, mais surtout sur le regard que portent les autres sur ma petite personne. Il viendra un moment où je serai à mon tour sollicité, pour entrer dans le cercle d’une tranche d’age où l’on voudra me mettre. On parle en France du 3ème, puis du 4éme age.
    Alors, j’aurai à l’esprit votre texte, et je prendrai la chose avec légèreté.


  • Merci pour ce moment de fraicheur, j’ai adoré et communiqué le lien à tous mes proches.


  • Un texte savoureux, plein de verve et de vigueur. En tant que " vieux " collègue, ancien professeur aussi, j’apprécie. Réconfortant, la preuve par neuf qu’en Helvétie on ne lanterne pas forcément et qu’il existe partout des esprits ouverts et percutants.


  • Quelle vivacité, pour un suisse et vieux de surcroit ! Un vrai sens de l’observation et de la narration, l’humour en sus.
    Dur dur d’être vieux, mais votre discours nous déride.
    J’ai assisté à une fête des voisins, ici à Toulouse, votre destination fétiche, évitez la demande d’asile, c’est pas mieux !
    Les gais, les animateurs ceux qui bougent par vocation, qui marchent par dessus votre intimité sous prétexte de convivialité expansive et obligatoire, les staliniens du bonheur, les stakhanovistes du relationnel, tout ce que vous décrivez si élégamment, on les retrouve partout dans nos sociétés où il est difficile d’accepter de ne plus être.
    Et si au "comment ça va" il m’arrive de répondre "ça vous intéresse vraiment ?",je regrette aussi sec de me sentir aussi jeune.

    Ce que vous écrivez est frais, il ne sent pas le moisi, continuez à nous faire rire, car le rire n’a pas d’âge, c’est la seule communauté qui m’attire.

    Amicalement, Louis Gulli


  • Un très beau récit. Quelle style ! Quel talent !
    J’ai ri, j’ai ri et j’ai beaucoup ri en vous lisant.
    Gardez cette énergie en tout cas.


  • J’ai découvert avec joie votre texte.
    Vous conférez beaucoup de tendresse à votre humour, c’était un régal.
    Merci.


  • Votre écriture est très visuelle et quand vous décrivez votre arrivée au repas des aînés, je trouve que c’est entre la Cour des miracles et Freaks :-) J’ai vraiment beaucoup aimé votre humour, "politesse du désespoir", écrivait Oscar Wilde.


  • Pourquoi, dans ce récit, insister si lourdement sur le physique des hommes âgés et, pire, sur le corps des femmes jeunes ou âgées ? Pourquoi traiter Élisabeth II de « gourde » ? On aimerait voir le comportement du narrateur en sa présence. Pourquoi juger les autres sur leur aspect physique ? Pourquoi comparer le jeune accordéoniste à un « vacher qui s’entraînerait le soir dans son étable » ? Pourquoi ce mépris des vachers ? Pourquoi cette méchanceté de la part d’un narrateur continuellement passif ?
    Avec cette fascination pour décrire la laideur, les disgrâces corporelles, les phrases convenues, les astuces prévisibles, les jugements à l’emporte-pièce, le narrateur espère sans doute mettre les rieurs de son côté, mais ne nous apprend pas grand-chose de précis sur ces réunions qui existent pourtant partout, ni sur les êtres qui s’y rendent. Ces personnes sont des êtres humains comme les autres, se moquer d’elles n’explique rien. On ne voit pas l’intérêt de ce récit.


  • Plusieurs lecteurs ont fait état de la tendresse parsemée dans ce texte, avec la pudeur que permet l’humour, effectivement. Vous avez lu autre chose et vous en avez évidemment le droit. Cele dit, je suis fils de vacher et j’ai grandi dans les étables. Ce ne sont pas des lieux dévalorisants, bien au contraire.



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