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Les coulisses de la politique -
par Marie Renoult

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Publication : 27 mars 2014

Durée de lecture : 11 mn

Nombre de mots : 2260

Une chargée de communication nous raconte les coulisses d’une élection municipale.

Il faudra rédiger ses discours et donner l’impression qu’il en est l’auteur. Il prend depuis peu des cours d’expression corporelle et de diction. Je te transmettrai les diverses informations qui forgeront les allocutions que tu rédigeras.


11 commentaires :

  • Excusez- moi mais je n’arrive pas à accrocher au récit : il ne me laisse qu’une une impression de vide
    Sans doute le personnage principal particulièrement " en creux" Tout apparaît comme un jeu de dupes. Qui manipule qui ? Qui usurpe qui ? L’authenticité en kit prêt à élire ! C’est affligeant


  • Merci Clotilde de me donner vos impressions, le constat est néanmoins réaliste. Il n’y a aucune manipulation, un leader passe commande comme dans une entreprise, il choisit son candidat et, c’est ainsi. Nous sommes loin des citoyens qui s’engagent et qui font de l’engagement une réalisation de soi, tout en étant au service des autres. Se battre pour des idées, transmettre, éduquer et partager une société qui propose un bien être social s’avère être d’un autre temps. Nos démocraties européennes sont ainsi faites, Michel Serres nous alerte, il faut changer nos systèmes démocratiques et repenser la société. Des individus entrent en politique pour faire carrière, c’est un bizness. Néanmoins, il existe encore des lieux à taille humaine (en milieu rural notamment) où l’on peut rencontrer des personnes qui se mettent au service de la communauté de façon altruiste. J’ajouterai qu’il m’a été difficile de me confronter à ce milieu, je viens d’une famille engagée qui a connu la guerre civile, l’exil et la déportation. Certains y ont laissé leur vie, mais par de mort lente comme le chantait Georges Brassens.


  • Anne :

    Elles ne sont pas belles les coulisses(en même temps, on s’en doutait un peu),mais si vous n’adhérez pas à ce système, comment faites vous pour y rester sans vous perdre ?


  • bonjour,
    un texte qui rappelle le film de Pierre Schoeller, "l’exercice de l’État" : à revoir . vous en Zabou Breitman.
    en effet j’espèrerai que mes enfants fassent autre chose comme activité.
    est-ce possible ?


  • Ce texte est très fin et riche d’enseignement. Il parait tiré d’une réelle expérience. Il devrait permettre de développer quelques réflexions sur la question politique, en particulier au niveau local. Il y a toutefois quelque chose qui me paraît surévalué. C’est l’impact d’une campagne électorale dans une ville de 75 000 habitants. L’indigence de l’information de proximité ne permet pas de toucher un électorat conséquent. Autrement dit, le discours reste limité à un cercle restreint. Trois ou quatre mille personnes au mieux, si on est proche du pouvoir en place. L’essentiel des choix se fait sur la réputation, la bonne mine, l’étiquette, la prime au sortant ou le rejet (il en faut beaucoup).

    Ceci dit, le choix d’un personnage malléable et redevable aboutit souvent à ce genre de situation. Dans mon département, l’homme fort qui avait maille à partir avec la justice avait choisi un personnage falot que l’on surnommait bac moins six. Il vient de se faire réélire pour la troisième fois à la tête de la mairie au premier tour après avoir dirigé le Conseil Général.

    Restent les intérêts des électeurs. J’y reviendrai, faute de place dans un seul message. En tous cas, merci pour ce texte d’une grande lucidité et qui devrait donner à réfléchir.

    Amicalement
    Franz


  • On peut aborder ce sujet de plusieurs manières. Sur le constat. Comme on s’en doute, on voit ici comment fonctionnent les stratégies et quelles sont les ambitions à l’œuvre. Ce serait acceptable si nous n’étions pas confrontés à un échec stratosphérique de la part de ceux qui se prétendent nos responsables. Et on comprend pourquoi. La politique est séparée en deux domaines. L’un concerne les ambitions, la place de chacun, les jeux de pouvoir et d’influence. Ce qui caractérise la politique florentine.

    Mais derrière cela, les projets sont délaissés au profit d’une approche gestionnaire qui dépend essentiellement des dotations budgétaires. Et qu’il n’est en aucun cas question de remettre en cause. Ainsi, on ne fait que reproduire ce qui semble fonctionner pour le profit de l’establishment en considérant que le sort de la population suivra tant bien que mal. C’est cette approche gestionnaire, déléguée pour l’essentiel aux administrations territoriales dont une partie du personnel et issu et dont tout le monde parle langue, qui laisse toute liberté pour s’occuper avec le dernier raffinement du clientélisme, des places à distribuer et du fonctionnement de la nomenklatura.

    Comment croire que ces gens-là sont en capacité d’apporter des réponses innovantes à une société qui change radicalement ?

    Amicalement
    Franz


  • Anne,

    Pas l’intention de répondre à la place de Marie. Mais à l’évidence elle fait la démarche de nous introduire au coeur d’un certain système. Le fait de le mettre à nu dans une lumière crue et de l’offrir à notre réflexion me paraît être une réponse. Visibiement, elle fait un pas de côt et nous invite à nous exprimer. La réponse nous appartient.

    Amicalement
    Franz


  • Merci Franz pour votre commentaire, votre analyse est juste. Je vois que dans votre département un personnage présentant quelques similitudes avec ceux que j’ai connus vient d’être réélu. Effectivement, la réponse vous appartient à vous lecteurs. Je rassure Anne, je ne me suis pas perdue dans le milieu politique, j’ai eu la chance de le connaître dès mon enfance, mais du bon côté, du côté de ceux qui croyaient que le monde changerait et qui, innocemment, y ont cru toute leur vie. Ils ont vécu en démocratie et cela leur a suffit car ils avaient le droit à la parole. L’expérience de mon enfance m’a permise de faire largement la part des choses et d’aborder les milieux professionnels avec un certain recul et un œil critique, même si les idéaux étaient communs. Cela aussi m’a valu d’être sanctionnée, il faut prendre des risques pour être soi-même....
    Merci à Danielle Sigot-Mezuret, j’ajouterai que mes enfants, qui sont adultes, ne fréquentent pas du tout le milieu politique.
    Amicalement


  • En effet, il s’agit bien de celui-là.

    Et pourtant, la vie démocratique reste possible au niveau local. Elle est confrontée à deux difficultés. La mainmise des partis qui devraient être exclus de cet échelon. Parce qu’ils sont nécessaires pour nous représenter au niveau régional et national et mener un projet politique par délégation. Ce n’est pas le cas dans les communes. Mais aussi parce que les missions de gestions se sont tellement compliquées qu’elles ont fini par déposséder les habitants de leur capacité à participer. Donc d’une grande partie de leur pouvoir.

    Les pratiques mises en lumière ici montrent que cela convient parfaitement au dessin des ambitieux. Tout ceci serait de peu d’importance si la société était florissante. Elle est dans une impasse dramatique et les solutions ne peuvent pas se trouver du côté des gestionnaires. De telle sorte qu’en étant assis sur leurs prérogatives, dans une alliance de fait entre le politique et la technostructure, le blocage est total.

    La société civile ne manque pas de projets et d’imagination pourtant. Tant que celle-ci ne trouvera pas la place qui lui revient, rien ne sera possible. Comment en faire comprendre la nécessité à une majorité suffisante ?

    Amicalement
    Franz


  • bonjour,
    oui pour les commentaires, le citoyen devra s’y mettre ou s’y remettre. aller au charbon : ce n’est pas le plus enthousiasmant, tous les jours.
    petit rectificatif : je souhaite que mes enfants s’intéressent à la politique, qui est de s’occuper de la cité mais qu’ils aient d’autres motivations que celles du pouvoir à tous prix : quelque chose comme l’idée mise en acte du bien commun.
    "ils" vont m’obliger à bouger : je voulais tellement être calme



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