Le travail
raconté par ceux qui le vivent
|

La vie à 20% -
par Isabelle H.

Permalien



Copiez le code d'intégration

Publication : 3 mars 2015

Durée de lecture : 9 mn

Nombre de mots : 1860


19 commentaires :

  • Vous savez dire les choses de manière directe et authentique. Ce beau témoignage laisse une impression de lucidité, maturité, intelligence.


  • Bonsoir Isabelle
    Je partage complètement le commentaire de Nathalie
    Prenez soin de vous


  • Je n’ai qu’un seul mot pour vous tous qui m’avez lu et envoyé un joli texte ou ajouté à vos favoris ou à votre bibliothèque : merci…merci beaucoup.


  • c’est poignant !


  • Chère Isabelle, votre témoignage est vraiment bouleversant. Vous parlez d’un monde que je ne connais que trop. Le monde de l’hôpital psychiatrique qui n’apporte aucun répit mais provoque souvent un stress supplémentaire pour les malades. Le seul objectif en rentrant dans ces institutions : en sortir le plus vite possible. C’est assez problématique. Mon frère est atteint de schizophrénie et, après de nombreux séjours en hôpital, j’ai compris que c’était plus nuisible pour lui qu’autre chose. Vous le dîtes si bien, le psy qui n’est là qu’une à deux heures par jour et qui ne s’occupe que des cas les plus urgents... C’est anormal, je pense que chaque patient a besoin d’une écoute quotidienne et que l’enfermement et les médicaments ne sont
    pas la solution. En cas de crise, on enferme en chambre d’isolement et on augmente la dose de médicaments. Je ne suis pas d’accord avec ces pratiques. Voilà pourquoi, j’ai fait sortir mon frère de l’hôpital à chaque fois que j’ai assisté à ces dérives. Vu le prix que coûte une journée d’internement je considère qu’il devrait y avoir un plus grand respect à l’égard des malades et une meilleure prise en charge. Je vous souhaite d’aller mieux !

    Bien à vous,

    Kahina


  • Bjr Kahina,
    J’avais lu vos deux récits. Au delà de cette si jolie plume, les témoignages…si justes.

    Je n’ai, dans mon récit, pas parlé du rôle joué par les aides soignants et les infirmiers (infirmières) psychiatriques qui font vraiment du mieux possible dans des conditions matérielles souvent très difficiles.
    Même débordés, il sont présents et m’ont beaucoup aidés.
    Face à des situations de "crise" (des envolés maniaques trop fortes en ce qui me concerne) l’hospitalisation est pour les proches parfois la seule solution. Ils ne peuvent matériellement se substituer aux personnels médicaux, faute de temps et d’expérience.
    Je viens, depuis le moment où j’ai envoyé mon récit et où il a été publié, de traverser une nouvelle crise suite au décès de mon père, mi-janvier… L’équipe de mon CMP (centre médico-psychiatrique) a, dans l’urgence, répondu présent puis j’ai été soigné par mon compagnon : nos liens sont désormais inébranlables je pense.
    Je vais mieux. Et je vais, notamment, m’attaquer à la rédaction d’un nouveau récit.

    Merci et courage Kahina.


  • Bonjour Isabelle,
    Si vous avez trouvé l’écoute et le soutien nécessaire alors j’en suis heureuse ! Le travail des infirmiers est génial et vous avez raison, ils font du mieux possible. En revanche, ce qui me convient beaucoup moins, c’est un certain fonctionnement (les psychiatres qui ne sont pas forcément disponibles, le turn over de ces médecins qui fait que le malade doit s’habituer, s’ouvrir, faire confiance à chaque nouvel intervenant, les réponses que l’on ne peut pas m’apporter, les crises qui s’achèvent par une dose de cheval de tranquillisants pour "calmer" la personne alors que parfois, la discussion aurait suffit... ). Je parle de ma propre expérience. Je ne suis pas convaincue, dans le cas de mon frère, que les internements l’aient forcément aidé. Mais bon, toutes les pathologies mentales sont différentes et je pense que chacun réagit différemment. Je suis néanmoins convaincue de la nécessité de l’hospitalisation dans certains cas. Je crois qu’il faut une prise de conscience de la part de ceux qui nous gouvernent. Certaines choses doivent changer.


  • Pour répondre brièvement je dirais, en ce qui me concerne, que les premières hospitalisations ont été nécessaires et que désormais, je suis, jusqu’à un certain stade, capable de "m’autogérer". Je suis parfois tombée sur des mauvais psychiatres et j’ai connu l’époque ou tous les 15 jours on m’injectait une dose très forte de Risperdal dans le corps.
    Et, un jour, je me suis un peu révolté puis j’ai fini par trouver une bonne oreille…
    En psychiatrie il y aurait tellement de choses à faire évoluer ! On manque de psychiatre, ils ont tous, absolument tous débordés. Les infirmiers sont désormais formés "sur le tas", la spécialisation psychiatrie n’existe plus… etc.
    A nous deux nous pourrions refaire le monde de la psychiatrie française. Nous avons apporté un témoignage de cet univers (quasi carcéral) si particulier et avons trouvé quelques lecteurs. C’est un début…


  • Certains récits ont un écho particulier, ils résonnent avec notre propre parcours (douloureux et fait d’obstacles) et en même temps nous transmettent l’envie d’avancer. Ce sont des récits qui nous poussent à regarder l’essentiel. Merci pour ce partage. N.


  • Bonjour Isabelle,
    Vous êtes à la fois à l’intérieur de cette souffrance et à l’extérieur, pour la raconter et l’analyser. Cela manifeste une force incroyable, avec beaucoup de sérénité en même temps, qui se transmettent par l’intermédiaire de vos paroles.
    Merci pour votre témoignage.


  • Bonsoir Isabelle
    Je lis ce soir avec beaucoup d’intérêt les commentaires et vos réponses
    Votre parole et votre témoignage sont précieux sur un sujet où les peurs se projettent . Vous le dites vous même, trouver une écoute est fondamental
    Je serai heureuse ( je devrais dire nous d’ailleurs, nous ici présents sur ce site) de vous lire à nouveau , dans votre prochain récit
    Et excusez moi si je me répète : prenez soin de vous
    Très amicalement


  • Bonsoir Clotilde N.
    Merci vivement pour votre soutien et je constate que "l’open space" ne sera jamais un espace pour moi et
    que nous avons tous nos petites histoires insolites familiales !
    Bonne soirée…


  • Merci, Isabelle, pour ce texte fort. J’ai été 20 ans l’épouse d’un bipolaire ( voir mon apport sur ce site), et je retrouve bien dans votre récit la douleur de vivre que j’ai côtoyée et tenté d’accompagner.
    Bon courage : la vie est triste, mais elle est belle...


  • Merci Isabelle pour votre récit si sensible,humain,si touchant.Bon courage.Prenez soin de vous.
    et ecrivez encore !
    A bientôt.


  • 1)
    Chère Isabelle, chère Vous,
    Oui J’ai peur de votre maladie, j’ai aussi peur de vous que de moi-même. Pourquoi ?
    Parce que si je m’écoutais, je partirais tel quel, j’écourterais ma présence en restant perché dans mes rêves et ne plus y descendre.
    Mais hélas, je me dois de rester dans l’espace vital pour accomplir ce qui doit être accompli, poursuivre mes rêves considérés comme insensés par mon entourage proche dont se figure en première loge, ma compagne et notre fille ado....
    Qu’à cela ne tienne !


  • 2)J’ai lu votre commentaire ce matin, alors que j’étais dans mon atelier, penché sur un impost de porte en demie lune pour un baptistère du VIIième siècle et j’ai été à mon tour ému de voir qu’il existe des personnes sur terre qui bien qu’elles ne touchent plus pied, ont quand même les pied sur terre pour faire jaillir une émotion forte.
    j’ai, je crois, toujours été poète ! Sans doute, en est la raison de mon maintien en vie.
    Je portais cet état de fait comme une tache qu’on s’escrime à faire partir en frottant avec des produits pas toujours ou très rarement efficaces.
    C’est très récent que ma poésie sort de moi et se promène de lecteur en lecteur, sans pudeur, sans fausse pudeur, traversant même les continents via la page Gallimard(facebook).


  • 3)
    C’est quand je suis parcouru d’une grande exubérance que je m’exprime, que j’ose m’exprimer puis... quand le vide s’approche comme un trou noir, une spirale infernale qui m’invite sournoisement à pénétrer dans la ronde, je n’existe plus, j’en arrive à détester ceux qui me sont chers, j’en arrive à me trouver si hideux du dedans comme du dehors.
    Mais de là à en finir ? Il ne faut pas, trop de travail en cours, de pain sur la planche comme on dit.
    Et les autres ? non c’est cuit je peux pas, puis...
    J’avoue être un peu lâche pour oser mettre fin à ma vie.
    C’est qu’il en faut du courage pour en finir !
    J’ai bien du courage pour un tas d’autres choses comme dire "je vous aime" à une inconnue.
    Non pas à vous ! C’est trop tôt ou trop tard pour vous le dire ! puis vous me faites un peu peur, je vous l’ai dis déjà !
    Aussi...


  • 4)
    Je veux bien qu’on s’apprivoise, qu’on se parle comme là ! je sais pas vous mais moi, j’ai souvent besoin d’être rassuré !
    Encore un truc de psychanalise qu’il faudrait décortiquer mais bon... J’aime pas qu’on bidouille avec mon esprit.
    Qu’on lui foute la paix, à mon esprit !
    S’il vous plait !
    Très sincèrement ou du mieux que je pus,
    Antonio
    ps : J’ai pour habitude de ne dédier mes poèmes qu’aux personnes qui me touchent.
    Acceptez, je vous prie, cette dédicace.Dédié à Isabelle H.
    Post mortem
    12 août 2013, 09:38
    Suicidaires et récidiveront volontiers
    Ceci sert à sertir la nuque et l’artère
    Quel chagrin, vous causez ! Je vous aide à taire
    Votre envie de l’ennui par avis suggéré

    Quand vers la mort, vous faites grand pas, vers la peur
    Vous faites grand cas, reculant l’échéance
    De vous ma faux se languit. De vous en tranche
    Le sablier dissout le temps tant file l’heure.

    Et la potence tend la main comme une sœur
    Et l’important étant demain que je ne meurs
    Ni de mon plein gré, ni de vos manigances
    Car la mort vient à point à qui mal y pense

    A tors ou à raison, se suivent en cadence
    Chérubins et moribonds se moquant de vous,
    Carnes sans visage, raidies de bout en bout
    Votre âme en voyage vous fait figure d’absence
    Antonio Giuseppe Satta


  • Taf :

    Votre récit m’a énormément troublé. Il y a plusieurs années, je suis passé à côté d’un internement en service psychiatrique. Le psychiatre a jugé que quelle que soit ma très grande difficulté à vivre, l’hospitalisation, même si elle apparaissait nécessaire, ne serait pas la solution.
    Les états que vous décrivez, je les connais dans des proportions moindres bien sûr puisqu’aux yeux de tout le monde, même si j’ai des rechutes, j’ai une vie professionnelle et sociale remplie et même réussie. Je me soigne en prenant plus soin des autres, tant dans mes activités professionnelles que j’ai doublé de responsabilités syndicales et associatives, notamment au sein de la maçonnerie ainsi que de l’écriture (trois manuscrits qui n’ont pas trouvé d’éditeur et des textes publiés sur internet). Cet assemblage me permet d’avoir plusieurs vies. J’ai l’habitude de dire qu’une seule m’aurait détruit. J’en poursuis cinq en //. C’est ma garantie pour ne pas tomber. J’ai la conviction que le psychiatre qui me suit depuis 15 ans est la personne qu’il fallait que je rencontre à ce moment précis. Au milieu de ces 5 vies, il est là. Souvent en sortant de son cabinet, j’éprouve la sensation enivrante d’avoir déposé une partie de mon fardeau. Je sais que mon témoignage est peu par rapport à votre vécu. S’il ne fallait en retenir qu’une chose ce serait que rien ne remplacera jamais l’écoute et la présence que peuvent apporter des spécialistes bienveillants.



Votre commentaire

Pour poster un message, vous devez vous connecter ou avoir créé un compte.