Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Publication : 15 janvier 2014

Durée de lecture : 9 mn

Nombre de mots : 1880

Une employée épanouie et fidèle à son entreprise, jusqu’à l’arrivée d’un nouveau Directeur des Ressources Humaines.

Cet homme froid et intimidant prenait le pouvoir. Il se mit à venir me voir tôt le matin, et plusieurs fois par jour, lorsque j’étais seule de préférence.


11 commentaires :

  • Quelle horreur ! Et je pense malheureusement que ces méthodes sont aujourd’hui monnaie courante... ça doit être assez terrible de vivre quelque chose comme ça. Je suis contente pour vous que vous puissiez l’écrire, ça doit vous libérer un peu... On vit aujourd’hui dans un monde où on a parfois le sentiment que la seule valeur du travail, c’est celle qu’il génère quand on le supprime... Encore une fois, quelle horreur, ce n’est pas de ce monde-là dont je veux... Cathy, j’espère que vous êtes aujourd’hui un peu apaisée... on ne doit pas sortir indemne d’une histoire comme ça...


  • Bonjour,
    Vous témoignez de méthodes de "manag’rabaissement" envahissantes, encore trop peu dénoncées et prises en compte en France, contrairement à d’autres pays européens.
    Plusieurs émissions (de radio) récentes sur deux cas de suicide et des études sur la souffrance au travail l’ont montré, entre autres.
    Que faut-il faire de plus pour que ça change vraiment ?
    Bien à vous,
    Catherine Martinez


  • Merci Catherine, . C’est bien pour cela que malgré l’écriture d’un livre sur le sujet en 2010, j’ai saisi l’occasion que me donne "raconter la vie" pour dénoncer à nouveau ces méthodes qui ne laisse nulle place à l’humain, et qui au contraire casse le lien entre les gens pour en faire des combattantst. La vie professionnelle devient une lutte incessante.
    Bonne journée à vous
    Cathy


  • J’ai beaucoup apprécié la sobriété de votre récit, qui relate une pratique qui, bien malheureusement, tend à devenir courante de nos jours ( ce qui ne signifie pas qu’il faut l’accepter, ni la banaliser) . Je suis frappée à la fois par le silence qui enferme ( et donc merci d’en avoir fait le récit) et l’attitude de l’entourage professionnel : ne rien voir, ne rien dire ...


  • L’agression psychique est un cancer social peu visible qui prolifère, terrorise, humilie, piétine. Merci d’en parler comme vous le faites si bien. Les criminels n’ont pas tous du sang sur les mains, mais leurs yeux en disent long sur leurs forfaits possibles.
    Quand on ne sait rien de la manipulation on ne voit rien venir. On ne la dénoncera jamais assez surtout si on est témoin privilégié. La famille, les collègues ont un rôle prépondérant à jouer. Je crois aussi que nous sommes tous concernés.


  • Vos commentaires me vont droit au cœur. Je me rends compte que ça fait du bien de parler, même si ça passe par l’écrit qui est pour moi la seule langue possible pour dire ces choses là.
    Il me restera toujours la honte et de la colère, inscrites en moi comme une encre indélébile.
    Merci
    .


  • D’accord avec Mr Cassan, un cancer social...Il y a encore des gens naïfs ( ? ) qui, oui, ne voient rien venir, avancent confiants et se retrouvent cassés. Cathy, je comprends très bien votre histoire et ça me touche beaucoup. Que peut-on faire contre tout ça ? C’est désespérant...La colère, mais la honte, non. Ce sentiment d’humiliation est pire que tout je crois, et ceux qui nous l’infligent sortent gagnants, il faut nous en délivrer. Pas facile, mais il le faut


  • merci pour ce récit.
    J’ai exercé des fonctions de syndicaliste très engagée et j’ai défendu énormément de salariés dans votre cas. J’ai su le faire car j’ai moi-même eu à faire face à cet acharnement de la hiérarchie et aux comportement craintifs ou lâches de mes collègues.
    Isolée, renfermée sur vous même vous avez été affaiblie et SURTOUT vous avez été une victime dès le début du processus. Ce fut difficile à vivre mais vous avez fait face. A ce titre, vous avez été extraordinairement courageuse. Que soyez toujours en colère, indignée face à de telles situations, c’est important. Mais une chose est certaine : vous pouvez être fière de votre parcours. Profitez de la vie !


  • Merci Patricia, vos mots réchauffent mon cœur et me remontent le moral. Voilà ce que j’aurais aimé avoir à cette époque là, un peu de compréhension et d’aide. Mais le climat était devenu si mauvais qu’il n’y avait plus de possibilité d’entraide. Nous étions dans un engrenage, un piège qui avait pour but de faire des moins. (en personnel). Evidemment quand on est extérieur, on ne peut pas comprendre, mais quand on est investi depuis 20 ou 30 ans dans une entreprise qui est devenue notre famille, , et que tout à coup il faut la quitter, c’est très difficile. Surtout quand une boîte qui se porte bien.
    Patricia, vous avez effectué une lecture sérieuse de mon texte et je vous en remercie. vous faites partie des humains, car oui il en reste encore !
    Bien à vous
    Cathy


  • C’est un peu comme la violence conjugale. Chacun (chacune) se croit un cas unique. Mais les récits ici montrent en creux que ces pratiques ne doivent rien au hasard et se ressemblent toutes. Et si ceux qui en sont victimes sont bien isolés, ceux qui les appliquent bénéficient d’un plan parfaitement au point. Et du soutien actif de leur hiérarchie.

    Je crois que prendre conscience de tout cela permet de se défaire de ce sentiment d’une culpabilité qui détruit. On en connaît les conséquences, à France Telecom en particulier. Il est donc important de témoigner et de partager.

    Amicalement
    Franz


  • Merci pour ce commentaire, ce que vous dites sur la culpabilité est pertinent, les conversations sur ce site, me permettent de mesurer à quel point je n’étais pour rien dans ce qui m’arrivait. Pourtant à l’époque, je me sentais la plus nulle du monde, rabaissée et honteuse. Comme ça fait du bien de parler !



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