Le travail
raconté par ceux qui le vivent
|

Passagère -
par Françoise Delmas

Permalien



Copiez le code d'intégration

Publication : 30 janvier 2014

Durée de lecture : 5 mn

Nombre de mots : 1110

Le témoignage d’une passagère du RER B.

Le remplissage des RER n’est pas une science exacte.


13 commentaires :

  • Cela pourrait être un monologue intérieur, si ce n’était l’emploi du pronom personnel ELLE. Façon de mettre de la distance entre la réalité et soi. Comme si l’on était spectateur d’ un petit théâtre du quotidien dans les transports en commun. Cela donne encore plus de force à ce texte dans lequel chacun pourra s’identifier à cette usagère du RER. Bravo.


  • Suis un peu claustro alors me suis sentie très vite enfermée...Le récit est monotone cela provient-il du ELLE impersonn’elle ? Ce choix pour moi ...Un tu -n’elle .


  • Merci, Christophe Petot, moi aussi j’ai aimé votre témoignage... de l’autre côté.
    Marianne Frey, je regrette, mais la sensation d’enfermement et la monotonie des trajets en métro ou en RER sont des réalités... J’ai essayé d’y mettre aussi un peu d’humour.


  • Bonjour,
    Je ne prends plus les transports parisiens puisque j’ai adopté la province. Venir à Paris de manière espacée rend le métro ou le rer supportables, et si le temps dont je dispose m’y autorise, je prends les bus avec plaisir : s’il n’y a pas trop de monde, la ville redevient belle et l’admirer me resource !
    Malgré les vicissitudes reconnues, la distance et votre talent pour les images m’ont fait voyager avec plaisir !
    Catherine Martinez


  • Le rythme est là, l’atmosphère aussi, rien ne manque à cette séquence, si peut être, ce qui est le plus horrible, ce qui vous fait haïr celle ou celui dont l’épitaphe sobre sera " Un incident voyageur en gare de x est à l’origine de ce retard ". Une ou un qui n’aura pas su ou pu se résigner à ce rythme là, à cette atmosphère là ! C’est terrible de ne même plus pouvoir discerner au delà de cet incident voyageur autre chose que du retard accumulé !


  • Merci pour vos commentaires. Je lis aussi vos apports comme une parcelle de vraie vie.
    J’ai aussi pensé au funeste "incident voyageur" et à notre regret inhumain que le malheureux ait choisi précisément notre ligne, notre train.


  • "Elle a un principe. Ne jamais donner aux musiciens dans la rame."
    Même si je peux comprendre l’exaspération face aux sollicitations permanentes, pourquoi dire "jamais" ? Même ceux qui arrachent un petit sourire ? Même ceux qui égaient un petit peu ce transport monotone ? Ou tout simplement ceux qui en ont besoin, même si tous, à priori, en ont besoin.
    Merci pour votre récit, en tout cas, et bon courage pour les futurs nombreux épisodes en tant que passagère de RER.


  • Je ne revendique pas personnellement ce "principe". Mais je vois plus souvent les passagers du métro ou du RER pousser un soupir d’exaspération qu’afficher le sourire. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas donner ce qu’on peut, un peu, comme on peut.


  • Cette petite tranche de quotidien est une réussite littéraire parce qu’elle parle vrai. Entre "Elle" et le sentiment intérieur, il y a le tout petit espace de distanciation qui permet l’humour et de ne pas étouffer.
    Le RER en période de pointe, même si je n’ai pas souvent l’occasion de l’exercer, je peux dire que pour l’essentiel, il n’est pas très différent pour "Lui".


  • gavroche :
    c’est marrant, ce comportement phobique enfin marrant... J’ai été moi aussi atteint de ce mal mais puissance dix. A la fin de ma période à Paris. Boulot, dodo et phobie qui s’agrandissait à en crever. A l’époque j’avais consulté une espèce de glin-glin, peut-être plus malade que moi d’ailleurs, en fait ce qu’il me manquait c’était l’air, l’oxygène, le vent. J’ai eu de la chance parce que j’ai trouvé un poste en face de la mer, près de Brest en pleine campagne, servir des petits rouges alors que j’avais un poste CDI mieux que bien payé, j’ai tout abandonné, mais la phobie m’a durée quelque temps et puis le bonheur, l’amour, la rencontre d’autres gens et puis le vent, le vent, j’aime votre récit levant les yeux vous apercevrez la vie Stéphane.


  • Merci Jean Reinert et Gavroche !
    Et on est bien d’accord, les rafales de la Pointe Saint-Mathieu, c’est autre chose que le souffle du métro qui finit de défiler !
    Brestoise d’origine, je ne peux que vous envier.


  • Ma Doue beniget ! C’est vrai qu’on respire mieux en Bretagne. Et pas seulement les embruns : ici, les chauffeurs de bus vous saluent et, chose assez incroyable, attendent qu’on soit assise pour démarrer. Quelle douceur comparée à la dureté du métro parisien aux heures de pointe !
    Votre voyage en RER pue la sueur, suinte la promiscuité qui fait d’autrui une calamité : c’est très exactement "ça", me suis-je dit en le lisant. Sans doute grâce à votre écriture sèche, sans pathos et fragmentée qui donne à voir et à sentir ce réel étouffant, insensé qui fait de chacun l’assassin refoulé de son voisin. Quelle vie ! Quelles vies ! (quel fantastique champ d’observation aussi, reconnaissons-le...)


  • Merci Françoise,
    Votre commentaire est un approfondissement. Votre analyse : "le réel insensé qui fait de chacun l’assassin refoulé de son voisin" est très forte et belle, et tristement vraie. Ce site, qui offre à partager, et permet l’enrichissement de chacun par tous, est vraiment une belle invention !



Votre commentaire

Pour poster un message, vous devez vous connecter ou avoir créé un compte.