Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Périurbain -
par Alias

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Publication : 16 janvier 2014

Durée de lecture : 5 mn

Nombre de mots : 1080

Un "type tranquille", au milieu des haies de tuya. Trésorier d’un groupement d’achats de légumes bio en zone périurbaine.

Je ne me sens pas en périphérie, ni de la ville ni de ma vie. Je ne me sens ni replié, ni pollueur, ni rejeté, ni resquilleur. Je suis un type ordinaire, ni un héros, ni un salaud, juste un périurbain, comme ils disent.


15 commentaires :

  • Vous dites bien votre ressenti profond, votre côté tranquille, votre conscience des interactions avec l’environnement, vos relations avec les autres, vos convictions...
    Et ça c’est vital
    Merci


  • Péri urbain:d’une notion électorale, statistique, vous en montrez concrètement le glissement vers le jugement critique
    Merci de donner de la vie, de la consistance à ce qui d’abord , est un choix de vie respectable
    On voit bien là toute la différence entre un vocabulaire abstrait, déshumanisant et la vie que vous décrivez d’homme simple et infiniment présent à vous même et aux autres.
    Votre récit est précieux


  • Constance Goata :

    Bonjour

    J’ai beaucoup aimé votre récité où des rimes viennent s’intercaler au milieu des phrases comme des notes de musique. Non, vous ne vivez pas en "périphérie". On vous sent au contraire bien ancré au coeur de la vie.


  • L’ironie lorsqu’elle est maniée avec talent est un comme un bonbon acidulé….Très drôle,,,bravo !


  • Merci de vos chaleureux commentaires qui me laissent à penser que cette tentative de dresser un portrait en sérénité de la condition périurbaine n’est pas trop raté. Merci à RACONTER LA VIE de permettre à tout un chacun de rendre visible des vies qui échappent à la vue de tous, faute de lunettes adaptées.


  • Merci pour ce témoignage et cet exercice salutaire pour échapper à la mauvaise conscience que l’on cherche à distiller. C’est un choix respectable parce qu’il est justement choisi. Très souvent il se crée une vie sociale en raison d’une relative proximité entre les résidents de ces lotissements.

    Mais trop souvent, ce sont les plus pauvres qui sont éloignés des centres urbains, jusque dans des villages lointains. Ceux là sont dépendants de moyens individuels de transports alors qu’ils n’en ont pas les moyens.

    Quand on est mère célibataire de deux enfants et que l’on vit à 20 kilomètres de son travail, cela peut devenir insupportable. Dans l’hôpital où travaillait mon épouse c’était le cas d’une majorité d’aides soignantes. Toutes dépendantes de vieilles guimbardes déglinguée vivant des aventures souvent nuisibles à la marche du service. Ceux qui prétendent gérer les affaires publiques devraient plutôt s’occuper de ces problèmes plutôt que de culpabiliser ceux qui ne demandent rien à personne.

    Amicalement


  • S. :

    Certains mots sont en eux-mêmes des jugements de valeur : périurbain en fait partie, qui ne se définit que d’après ce qu’il n’est pas, et que l’on condamne, de ce fait, de sembler n’être rien. Je me demande pourtant, et du coup, si l’on n’ignore pas davantage le périurbain qu’on ne le condamne : le condamner, ce serait lui donner une visibilité. Il me semble, moi, qu’il est plutôt du côté des invisibles, de ceux qui font la société dans l’ombre, qui ne sont ni héros de romans ni mots clés d’aucun discours public, et qu’on oublie. Merci de les sortir de l’oubli.


  • @S
    Et pourtant nous vivons tous dans cet espace périurbain. C’est pour cela que l’on a créé les pays. Parce que nos usages se sont étendus et que nous vivons sur plusieurs communes à la fois selon nos activités et le tissu de nos relations. On en vient même à penser une agriculture périurbaine en proposant de protéger les terres cultivables qui restent.

    Ce que l’on n’a pas su faire, c’est réinventer les centres urbains en fonctions de leurs nouvelles périphéries. Les deux espaces sont entrés en compétition au lieu de se compléter. Pour la déconfiture des villes moyennes et l’asphyxie des plus grandes.

    Amicalement


  • S. :

    Oui, je voulais dire que dans le choix même du mot "périurbain", on pouvait sentir que ces espaces ne sont jamais pensés ni pour eux-mêmes, ni même comme partie intégrante d’une agglomération : qu’on n’ait pas su penser ensemble le centre et ses nouvelles périphéries se lit, je trouve, dans le mot lui-même. Les deux espaces ne se complètent pas en effet et, me semble-t-il (il me semble aussi que c’est cela que vous soulignez), recoupent souvent une distinction économique et sociale. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que que les populations du périurbain puissent se sentir mises en accusation, ce que raconte ici Alias, comme on accuse souvent les moins bien lotis, dans une société, des maux qui la traversent...

    Amicalement.


  • Ce qui n’a pas été géré de manière citoyenne, ce sont les zones commerciales qui se sont insérées entre les nouveaux habitats éloignés et les centres urbains. En contribuant à les scléroser. Beaucoup de bourgs et petites villes se sont vidés de leur activité commerciale et tertiaires parce qu’ils n’étaient plus en mesure d’accueillir ces populations et leurs véhicules. Celles-ci ont été captées au passage par les centre commerciaux. Avec la complicité des élus.

    Une ville comme Rians, dans le Var en est un bon exemple. Construction d’une rocade de contournement et lotissements autour. Pour accueillir des populations travaillant à Marseille (quarante kilomètres plus loin). Les nouveaux commerces se ont installés par commodité sur la rocade. Et maintenant, le centre du village est mort. Même les cafés ont tiré le rideau. Il ne reste plus que la mairie qui ferme à six heures.

    Amicalement


  • bonjour,
    j’ai eu l’occasion d’animer un groupe de citoyens et de professionnels de l’urbanisme sur la question du périurbain. La manière dont la question était posée au groupe, à l’initiative du Ministère de l’écologie, correspondait parfaitement à ce que vous décrivez : la mise en cause d’un mode de vie en raison du besoin de densifier la ville. Ce qui a été frappant dans ces deux week-ends de réflexions partagées, c’est qu’on s’est progressivement éloigné de cette mise en cause pour prendre le problème tout autrement : non pas comment ramener les périurbains vers les centres villes mais comment faire que le périurbain devienne un endroit urbain. Et ça change tout ! D’ailleurs vous montrez bien la voie : du co-voiturage, de l’investissement dans l’école, des relations de soutien entre voisins... Le périurbain ne disparaîtra pas mais il faut inventer une sociabilité qui ne sera ni le "retour au village" dont rêvent souvent les maires, ni le "centre ville" et ses services que certains voudraient trouver à la campagne.
    Sortir de l’invisibilité est indispensable pour être pris en compte et pouvoir consolider ce que vous inventez déjà !


  • Hervé,
    on pourrait émettre l’hypothèse que si "le périurbain" (ce singulier est déjà un raccourci fâcheux) a été jusqu’alors mal considéré, c’est en grande partie parce qu’il s’est constitué en dehors de toute action publique coordonnée. Or personne, et ceux qui sont censés prévoir et organiser le territoire moins encore que les autres, n’aime à reconnaitre que les choses se sont passées là où personne n’a regardé. les espaces périurbains sont en quelques sorte la face illégitime de l’urbanisation, un impensé. Peut-être d’ailleurs tirent ils leur force (résilience, adaptabilité) du fait qu’ils sont constitué "off shore" des grands desseins publiques et que l’initiative citoyenne peut ainsi s’y déployer en grande liberté. La méthode collaborative que vous pratiquez, parce qu’elle place l’habitant au coeur, me semble la seule susceptible de comprendre et agir avec ces territoires à échelle humaine.


  • Enfin ! Cela commençait vraiment à m’énerver sérieusement cette manière de sociologue et de politologue à parler des "péri-urbains". Après les "banlieusards", les "bobos, et les "rurbains", c’est la dernière petite case pour ranger les gens de ce pays. Merci de nous dire au fil des jours les solidarités concrètes que vous vivez : elles ont plus de poids que tous les préjugés... Il y a de la civilisation qui se crée dans tout cela...


  • Pour ceux qui souhaiteraient poursuivre cette démarche visant à passer de la croyance (ou préjugé) à la connaissance, je vous recommande les articles et vidéos du site "forum des vies mobiles", ou le numéro spécial de la revue "urbanisme" hivers 2013 consacré aux campagnes urbaines.


  • Un peu vite dit. Le travail (même s’il est ébouriffant) des sociologue est utile. De là à prétendre qu’il nous sort de l’ignorance est un peu rapide. J’ai été voir. La petite conférence sur les mobilités est un peu courte et ethnocentrée sur la vie des Suisses.

    Amicalement
    Franz



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