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raconté par ceux qui le vivent
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Pupille de l’état -
par Anne-Christel Horr

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Publication : 17 janvier 2014

Durée de lecture : 17 mn

Nombre de mots : 3400


26 commentaires :

  • Voilà, j’ai sauté le pas, en essayant humblement de "me" raconter !
    Nous vivons dans une société tellement rapide que j’ai envie de laisser des traces pour mes enfants et petits-enfants et mes amis qui m’ont encouragée à écrire mon parcours de vie.
    Publier mon parcours sur ce site est déjà un pas en avant.
    Je me suis arrêtée à mon enfance.
    Je suis la dernière d’une fratrie de cinq enfants éclatée par la guerre. Nous nous sommes retrouvés par les hasards de la vie mais la maladie les a déjà emportés.
    Merci de me lire,
    A bientôt...
    Bien à vous
    Anne-Christel


  • Bonjour,
    La rudesse de votre vie d’enfant a apitoyé les habitants de votre village, dites-vous. Votre récit ne montre rien des relations de ces personnes avec vos "père et mère nourriciers". Le creusement de cette question aurait-il fait apparaître des attitudes quelque peu ambigües, tout comme celles des services sociaux de l’époque, bien peu regardants en matière d’éducation !
    Bien à vous,
    Catherine Martinez


  • Bonjour Catherine,
    La réponse à votre question est bien simple : Ma mère nourricière n’avait pas de relations avec ses voisins et mon père nourricier travaillait à la filature de Soultzmatt. Il rentrait et se mettait tout de suite à l’entretien de son jardin. De plus en ma qualité d’enfant, je ne me souciais pas des relations du couple.
    Depuis, j’ai eu accès à mon dossier auprès de la Ddass, et j’ai découvert que l’on m’avait classée comme "débile mentale". J’ai dans mon dossier un compte rendu de la visite d’une assistance sociale qui avait fait un dossier relatant que la famille nourricière était inapte à nous accueillir Cricri et moi mais que nous ne semblions pas malheureuses. Puis, plus rien jusqu’à mon envoi en maison de rééducation, Cricri au Bon Pasteur de Strasbourg, et moi à Bavilliers (Territoire de Belfort).
    Vous souhaite une très bonne journée
    Bien à vous
    Anne-Christel


  • On est tous le débile de quelqu’un plus assuré, fort, puissant, vous avez su laisser dire, laisser faire, et devenir, chaque jour un peu plus, moins orpheline.
    Aimer le contact humain, les animaux, la vie quoi quoiqu’il arrive . Merci de cette leçon grandeur nature.


  • Bonjour Jean-Paul,
    Merci d’avoir si gentiment commenté ma publication.
    Je suis touchée de voir qu’un homme s’intéresse à cette enfance marquée par l’abandon des siens.
    Je suis toujours allée à la rencontre de gens intelligents et riche de coeur. Cela m’a permis de me construire.
    J’avais vite compris que la vie n’est qu’un parcours et que pour avancer il fallait rester naturelle et ne pas trop parler de soi. Mais sur ce point, je me suis "rattrapée".
    Merci Jean-Paul,
    Vous souhaite une bonne journée,
    Bien à vous
    Anne-Christel


  • Merci pour ce témoignage très touchant.
    Et bravo de vous être si bien construite, à partir de fondations si douloureuses.
    On est toujours étonné de constater combien les gens en situations insupportables arrivent à s’y résoudre et même à finir par trouver ça normal....
    Pour peu qu’ils rencontrent ce que Boris Cyrulnik appelle des facteurs de résilience, les enfants en particulier réussissent à se reconstruire après les pires saccages : vous semblez en être un bel exemple.
    Parlez-nous un jour des belles personnes qui vous ont permis de dépasser ce fracas d’enfance.


  • Je suis très émue par la lecture de votre récit : merci de ce témoignage . . On aimerait en savoir plus : de cette enfance , comment avez vous construit votre vie d’adulte, de mère, de grand mère ? Car c’est une belle leçon de vie vraiment
    Et je partage le commentaire de Jean-Paul Cassan
    Bien à vous


  • Bonsoir Clotilde,
    Merci de votre intérêt.
    Nous étions une fratrie de cinq enfants, trois garçons et deux filles. Mes frères et ma soeur sont décédés rapidement après nos retrouvailles. Je suis la dernière de la fratrie et j’aimerai que mes filles et mes petits-enfants connaissent mon parcours. Je ne peux raconter en deux mots mon adolescence et ma vie de jeune femme.
    Il m’a fallut des années pour trouver les miens, élever mes enfants. J’ai divorcé jeune car je ne supportais plus l’autorité de quiconque.
    Après mes quinze ans, j’ai été placée dans une maison de redressement jusqu’à mes 21 ans (majorité de l’époque) à Bavilliers (Territoire de Belfort) un centre fermé tenu par des religieuses.
    J’y ai vécu tant bien que mal, des péripéties que je relate dans ma biographie qui n’est pas encore éditée.
    Puis à l’âge adulte, j’ai cherché ma mère pendant des années. Pour résumer ma vie, j’ai commencé à faire des ménages, puis petit à petit, j’ai fait dame de compagnie dans la communauté juive essentiellement et auprès de Mr Jean Kahn et son épouse Nicole, qui m’avaient pris sous leur aile.
    Petit à petit, j’ai pris confiance en moi et j’ai accompagné des aristocrates dans leur fin de vie notamment à Paris, dans le Sud de la France, j’ai même été au service de la Princesse von Bismarck, qui était une femme adorable.


  • à Clotilde (suite)

    Je n’avais jamais de vacances. J’ai eu la chance de rencontrer dans ma vie des amis nobles de coeur et dont l’amitié ne m’a jamais fait défaut. La seule séparation était la mort.
    Je me suis beaucoup instruite en observant les gens, en lisant et en prenant des cours de français.
    Bref, ma vie a été à la fois tumultueuse et enrichissante.
    Mes trois filles, en couple, ont toutes les trois de bonnes situations et m’ont donné la joie d’avoir quatre petits garçons et une petite fille de 28 ans. (Mon Dieu, déjà 28 ans... que le temps passe vite).
    A mes enfants, j’ai donné beaucoup de joie de vivre et la force de se relever quand elles tombaient.
    Je ne sais pas si j’ai été une bonne mère, mais je leur ai inculqué la liberté, le respect et je les laissent faire leur vie.
    J’ai toujours cru que je n’étais pas mère mais ce sont mes filles qui m’ont dit que j’étais une mère aimante.
    Voilà, c’est un peu rapide je le reconnais, mais je vous remercie de m’avoir lu.
    Mais vous savez, en moi, il y a toujours les blessures de l’abandon... elles cohabitent avec moi.
    Cordialement
    Anne-Christel


  • Je suis toujours émue en vous lisant et les mots me manquent : merci à vous
    Je lirai également avec une grande attention votre biographie
    Au plaisir d’autres échanges
    Bien à vous


  • Bonsoir Anne-Christel,
    Votre récit est très touchant. A cette époque, les orphelins de guerre étaient placés là où l’on avait besoin de bras notamment chez les paysans. J’en ai connu dans mon enfance en Normandie. Ma mère me disait "Ce sont des enfants sans parents". En vous lisant, j’ai compris votre force de caractère et votre sens de l’humour que vous avez pris pour surmonter ces épreuves.
    J’ai découvert le drame des Incorporés de Force d’Alsace-Moselle au fil des années passées en Alsace. Je ne mesurais alors pas pleinement les conséquences humaines de ce drame. Vous levez le voile sur ce qu’est être orpheline dans les années d’après guerre et les souffrances engendrées. J’ai hâte de lire votre biographie.
    On oublie souvent que beaucoup de grand-mères actuelles sont les jeunes filles qui ont vécu un passé souvent douloureux.
    Vous avez su rebondir malgré une enfance "pas comme les autres" et vous semblez être une grand-mère épanouie.
    A bientôt vous lire,
    Cordialement
    Francis


  • Bonjour,
    Mon anniversaire approche et je pense à tous ceux qui ne sont plus là et qui étaient ma fratrie et des amis très proches. J’ai l’impression que plus j’avance en âge plus je déteste qu’on me fête mon anniversaire.
    Mes filles préparent une surprise et cela m’angoisse. Cela ne veut pas dire que je fais un rejet à mon propos mais que j’ai perdu beaucoup d’années en cherchant mes racines. Comme quoi pour les enfants abandonnés ce n’est pas si simple de vivre. Mais bon, il faut continuer la vie et avancer.
    Je vous souhaite un bon week-end,
    Bien à vous,
    Anne-Christel


  • Bonjour,
    Ouf, mon anniversaire est passé ! Dire que je m’en suis fait tout un plat... alors qu’il y a d’autres soucis dans le monde ! Je viens de temps à autre sur le site et j’y découvre des vécus fort intéressants.
    J’ai eu un grand moment de joie de découvrir la photo de mon père par le biais de la recherche généalogique d’un cousin dont j’ignorais totalement l’existence. D’autre part, du coté de ma mère, toujours par la généalogie, j’ai découvert un petit-cousin et les origines de la famille de ma mère. Tout cela fut fort agréable.
    Je tenais à vous dire que mon livre autobiographique est en cours d’impression.
    Vous souhaite une bonne journée,
    Bien à vous,
    Anne-Christel


  • Merci pour votre touchant témoignage :-)


  • Bonsoir Anne - Christel

    J’espère que vous allez bien
    Je viens prendre des nouvelles de votre autobiographie : quand est prévu la parution ?
    Merci de me dire : j’ai hâte de vous lire
    Très cordialement


  • Bonjour Clotilde,

    Très heureuse de vous lire, et j’aime votre les gens fidèles.
    Je publie mon livre à compte d’auteur et je l’édite par petites quantités.
    Il y a presque un mois de retard, mon relieur était absent.
    Le prix est de 20€ frais de port compris.
    Comment pourrions-nous faire pour échanger nos coordonnées discrètement ?
    Actuellement je suis en plein dans la peinture (artistique) et j’aide une amie à déménager.
    J’espère que vous allez bien.
    Bon dimanche,
    Bien cordialement
    Anne-Christel


  • Et bien voyons
    S on peut commander votre livre directement chez l’éditeur, il suffit de donner ses coordonnées et je pourrai passer ma commande
    Peut être que mettre sur votre page "raconter la vie" la photo de la couverture et la 4ème de couverture incitera d’autres lecteurs
    et on peut aussi imaginer de mettre qq exemplaire en dépôt chez qq libraires choisis ?
    Bien cordialement


  • Merci pour ce témoignage qui me touche particulièrement. Moi aussi je suis une enfant de l’assistance publique.
    Je me rends compte les mauvais traitements dont vous avez été victime sont toujours d’actualité. A quand une enfance normale pour les enfants de la DASS ?


  • Chère Kasia,
    Très touchée par vos quelques lignes.
    Votre témoignage serait fort intéressant et ce d’autant plus que vous n’avez que 25 ans.
    Je pensais que les choses avaient évolué.
    C’est bien vrai : être orpheline est une plaie à vie.
    Je vous souhaite de tout coeur de rencontrer des gens qui sauront vous donner un peu d’amour qui a dû vous manquer dans votre jeunesse.
    Déjà vous avez mon soutien. Ecrivez votre parcours sur Raconter la vie qui est toujours un site d’actualité dans tous les domaines.
    Vous souhaite une bonne soirée.
    Bien à vous.
    Anne-Christel


  • Bonsoir Clotide,

    Désolée de ne pas vous avoir répondu plus tôt.
    La maladie d’une de mes filles m’a beaucoup perturbée.
    Bonne idée. Je publiais à compte d’auteur, mais un éditeur parisien est fort intéressé par mon livre.
    Je vais prochainement à Paris pour le contacter.
    Je vous tiendrai au courant de l’évolution de ma publication.
    Bien amicalement
    Anne-Christel.


  • Bonsoir Anne-Christel,
    Que d émotions , très touchée par vos lignes.
    J aurai voulu lire une suite que j ai trouvé dans les commentaires ci-dessus
    J aimerai lire votre autobiographie. A bientôt


  • Bonsoir à toutes et à tous,

    Mon livre intitulé : L’Orpheline oubliée "Coups de pied au destin" vient de paraître.
    Je suis à votre disposition pour vous en fournir un exemplaire.
    Comment puis-je entrer en contact avec vous pour obtenir vos coordonnées pour vous l’envoyer ?
    Je vous souhaite une bonne soirée,
    Cordialement
    Anne-Christel


  • Bonjour je suis de votre famille, fiere de vous dire que je suis la petite fille de Horr Albert, Votre Grand-frere, vous n’en avais meme pas parler dans votre récit.. Le seul que vous navais pas stipulé dans votre récit ces lui. Sans oublier que Eric, jean-pierre et Huguette puis mô grandpere ont vécu la meme horreur que vous mais de facon Differente, paix a leurs ames.. Est-ce possible d’avoir un de vos livre ? Merci bien a vous de me dire ou puis-je le trouvee et lachetté. Bon’e jour’ee !

    Horr Andrea Petite fille de Horr Albert.


  • Bonsoir Andréa,
    Voua savez, Andréa, je ne vous ai connue que lorsque mon frère était gravement malade.
    Je suis venue à plusieurs reprise lui rendre visite. Il était beaucoup plus lié avec notre frère Eric.
    Je vous avoue que je ne me suis pas trop sentie acceptée dans votre famille. Mais bon... personne ne connaissait le drame des uns et des autres.
    Je suis désolée, mais ma biographie porte sur mon enfance... et la fille avec laquelle j’ai été élevée.
    Actuellement, je suis en rupture de stock, mais je ne vous oublierai pas, il y aura une attente du coté de l’éditeur.
    Je passerai à France 3 Alsace, et je parlerai de mes trois frères et de ma soeur.
    Sachez que j’ai fait beaucoup de recherches à propos de ma fratrie.
    Je vous embrasse bien fort.
    Mon livre est édité à compte d’auteur.
    A bientôt
    Christel


  • Bonjour, si ma famille ne vous a pas trop accepté il faut nous comprendre papi albert votre frere etais malade, et comme dit cetais en 2008 je n’etais qu’une enfant je n’avais que 14 ans et cela etais des probleme d’adulte, aujourdhui jen es bientot 22 ans.. Bientot 8 ans que mon amour de ma vie de grand-pere es partie rejoindre le ciel.. :(
    Je ne vous repproche pas forcement de paparler de lui mais vous avais parler de tout le monde sauf de lui car a lepoque quand vous etiez avec votre soeur et vos deux frere papi etais la aussi. Et-ce que vous compter continuer votre livre jusquau annee d’aujourdhui ??? Vous passerez quand sue france 3 alsace que je puissent regarder ? Et pour le livre du coup je doit faire comment vu qu’il ny en a plus ??? Mon grand-pere me manque tellement :( bonne journee a vous :)


  • Bonjour Andréa,

    Je ne veux pas te laisser dans ta tourmente. Je pense que tu es la fille de Mickaël.
    J’avais effectivement vu avec Francis mon ami, deux belles blondinettes chez ton grand-père, mon frère que moi aussi j’aimais beaucoup.
    Je ne savais pas encore que j’écrirais un livre. Si j’ai écrit ce livre, c’est avant tout pour que mes filles sachent mon parcours. Les rumeurs font extrêmement de dégâts.
    Nous pourrions nous rencontrer à Strasbourg, sauf ce week-end, fixe moi un endroit et une heure et que nous puissions prendre un café ensemble. Qu’en penses-tu ?
    De temps à autre, je vais sur la tombe de ton grand-père .
    D’autre part, saches que je ne fais aucun règlement de comptes.
    J’ai soigné ma soeur Huguette trois ans. Ensuite j’ai perdu mon frère Eric, puis Albert ton grand-père et mon frère Jean-Pierre.
    Bien souvent, je venais voir ton grand-père.
    Tu sais Andréa, les Horr ont des coeurs "Gros comme ça".
    Dans l’attente de te rencontrer,
    Je t’embrasse.
    Christel



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