Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Street marketing -
par Juliette K.

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Publication : 28 février 2014

Durée de lecture : 7 mn

Nombre de mots : 1460

Juliette s’essaie laborieusement au street marketing, sans conviction. A raison.

Moi qui m’efforce dans la vie de tous les jours à ne pas juger trop rapidement les gens, à ne pas les mettre trop promptement dans des cases, voilà qu’on me demande de faire exactement l’inverse.


5 commentaires :

  • J’ai beaucoup aimé votre récit : l’humour pour garder une certaine distance et puis une évidence : nous sommes tous des cibles avérées ou potentielles d’un marketing dévastateur . Les mots " cadeau" ," offert" destinés à ceux dont on attendrait quasiment un réflexe pavlovien . On peut dédaigner le fait d’être une cible potentielle, mais que faire si nous sommes jugées indignes du ciblage ? Ou si nous sommes mis dans une "boite" qui ne respecte pas plus notre dignité ? L’ altérité vu par le marketing oscille entre " le meilleur des mondes" et la série TV " le prisonnier" semble -t-il.
    Heureusement qu’on peut se " se raconter" sur ce site
    Bien à vous


  • J’ai beaucoup aimé la manière dont vous mettez en relief notre enfermement dans des cases avec des étiquettes qui définissent notre pseudo-identité.
    Longue vie au site raconterlavie qui joue un rôle inverse !


  • Merci beaucoup pour vos commentaires.
    Je suis d’accord avec vous, merci à Raconter la vie de pouvoir mettre en relief l’humanité de chacun, alors que le marketing tente de nous réduire à de simples consommateurs différenciés seulement par notre pouvoir d’achat !


  • Je découvre votre texte ! j’aime votre écriture directe, parfaitement maîtrisée qui s’attache à décrire avec force détails votre travail dans la rue. Vue de l’intérieur en quelque sorte, raconté de manière journalistique... et je constate que les rapports de classe, sociaux nous condamnent quoi que l’on fasse à n’être que des stéréotypes. Votre tentative de justification est touchante. Comme si vous étiez, de manière inconsciente, responsable du racisme dont on vous accuse. Et vous avez alors compris ce que c’était d’être stigmatisé pour la seule raison d’être blanche. Cette "agression" agit comme un miroir qui vous a fait comprendre la souffrance que la société engendre sur les individus stigmatisés pour leur couleur de peau, leur religion, leur sexualité. Vous en avez fait l’expérience en quelque sorte de manière intime et non plus de manière théorique. Je comprends que cela vous ait autant affecté. On le serait à moins.


  • Bonjour Christophe et merci pour votre commentaire qui me fait très plaisir. J’avais beaucoup aimé votre récit "Ligne 11", notamment pour sa belle écriture, aussi je suis flattée que vous appréciez la mienne !
    Oui, ce rapport à la culpabilité suite à une accusation non fondée (vous parlez d’agression, et c’est vrai que je l’ai vécu comme tel) est assez curieux. Surtout en matière de racisme, c’est un sujet tellement sensible... On en vient même à se demander si on ne fait pas partie de tous ces gens qui sont racistes ou xénophobes sans le savoir ! Le racisme ordinaire, en quelque sorte, celui qu’on ne mesure pas, et qui pourtant a énormément d’effets sur la personne concernée.
    J’ai mis du temps à me défaire de cette idée, à me dé-responsabiliser justement, et c’est peut-être bien pour cela que vous l’avez perçu dans ce récit !



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