Le travail
raconté par ceux qui le vivent
|

Torturée -
par Abricotine

Permalien



Copiez le code d'intégration

Publication : 19 février 2014

Durée de lecture : 6 mn

Nombre de mots : 1390

Un banal jour d’été qui vire au cauchemar. Accusées à tort par un voisin d’avoir volé un billet dans la caisse de son magasin, deux fillettes sont passées à tabac par un père violent. Un père prisonnier d’un passé où lui-même a connu la torture.

Ce géant de 1m90 nous attrapa par les cheveux et nous fit dévaler, le regard noir, les escaliers menant au garage. Nous étions comme deux poupées de chiffon dans ses poignes d’acier. Dans la cave il entreprit de nous ligoter les mains avec un câble électrique et de nous suspendre comme des jambons, au tuyau du plafond. Les coups pleuvaient de toute part…


9 commentaires :

  • On n’ose imaginer la suite....


  • Bonjour,

    Je suis désolée, mais je ne comprends pas ce texte. Il me laisse une impression de malaise : la fin est effectivement très inquiétante. Le départ de la mère avec sa fille Lisa, en laissant la narratrice seule avec son père ultra-violent, appelle une suite, à moins de laisser le lecteur aux prises avec un sentiment de voyeurisme horrifié et impuissant face à cette séance de torture.
    C’est dans tous les cas ce que j’ai ressenti, impression très désagréable doublée de l’envie de demander le sens (ou l’intention) d’une pareille fin ?

    Cordialement,

    Maryse


  • Bonjour, qui est le plus cruel ? Mon père violent ou ma mère qui m’a laissé seule ? Les blessures physiques guérissent-elles plus facilement que les blessures psychologiques ? C’est mon questionnement.
    Je vous remercie pour vos commentaires. Il ne m’est rien arrivé de grave, je vous rassure. J’adore mon père qui a pris l’initiative de se soigner. N’oublions pas qu’à cette époque, les anciens combattants de la guerre d’Algérie n’avaient pas le droit de la raconter. Les "harkis" qui ont osé le faire ont été internés en asile psychiatrique.
    Mon père a trouvé le "repos de l’âme " dans la bible. Il est devenu un fervent catholique et ne m’a montré ses nombreuses cicatrices que 8 ans plus tard.
    Amicalement Fanny


  • Ce récit montre tout simplement que nous sommes victimes de victimes. Votre père ayant été torturé à la guerre a gardé un désir de vengeance et s’en est pris à des cibles vulnérables. Le pire c’est l’attitude de "ne pas se faire remarquer " face au garagiste et d’exercer sa monstruosité face à sa famille lorsque personne ne le voit bien sur. Ayant vécu des choses similaires je pense que dans toutes les familles ça se fait malheureusement. Je me demandais vu sa violence démesurée si actuellement vous avez de grosses séquelles.
    Cordialement,


  • Bonjour Libellule, en fait, j’ai accumulé de très nombreuses mauvaises expériences : j’ai eu peur de mes parents pendant plusieurs années. Je me suis mariée avec un homme encore plus violent. A 33 ans, j’ai fait une tentative de suicide : j’ai été obligée de suivre une thérapie.(3 en tout)
    Mon père ne nous a pas élevés mais dressés. Ma sœur Lisa est égoïste et révoltée alors que moi, je suis timide et altruiste.
    Mes sept autres frères et sœurs n’ont pas connu ce que nous avons vécu. J’ai même un petit frère qui n’a jamais pris une fessée de sa vie ! J’accorde à mon père, des circonstances atténuantes, mais pas à ma mère !
    A partir de 9 ans, mon père ne me battait pratiquement plus. J’appliquais son règlement à la lettre et j’étais la première de ma classe. Par contre ma mère trouvait toujours une excuse pour m’en claquer une. Elle inventait même des méfaits pour me faire corriger par mon père.
    Après 33 ans de galère, j’ai enfin trouvé le bonheur, l’Amour et la réussite : voilà ce que je veux raconter. Même si on n’a pas eu les bonnes cartes en main dès le départ, on peut s’en sortir si on s’en donne les moyens.
    Cordialement


  • Je trouve votre expérience intéressante surtout dans le fait que vous avez malgré tout fait en sorte de remonter la pente. Comptez-vous écrire un futur récit racontant votre réussite dans la vie ?

    Cordialement,


  • Oui, Libellule ! Mon but est d’abord, d’écrire tout ce qui a pu m’arriver de pire, autant professionnellement que personnellement ! Dieu sait qu’il m’en arrivé des choses ! Pourtant, je suis toujours debout et ça en épate plus d’un ! A présent, je vis à fond mes passions : Cendrillon est devenue princesse...mais je n’oublierai jamais d’où je viens !
    Au plaisir,


  • Votre texte est fort en émotions... Ce que vous avez vécu vous et votre sœur est tellement dur.... J’aime la façon dont vous l’avez décris et la façon dont vous nous laisser à la fin... Je lirai la suite de vos aventures...
    Ce qui est bien c’est qu’aujourd’hui vous avez remontée la pente... quel force et quel courage !


  • Votre texte est poignant !
    Vous nous avez conviés à assister à votre calvaire et nous souffrons avec vous deux en présence de tant de rage ’éducative’. Un texte comme celui-ci pourrait être lu à des enfants de cours moyen. Non pas tant, pour les amener à dénoncer les méfaits dont ils auraient être victimes, mais pour les aider à réfléchir sur les notions d’injustice, de conviction ; celle de vérité aussi. Le fossé qu’il peut y avoir parfois entre les deux mondes que sont l’univers des enfants et la trop plate réalité des adultes !...
    Réflexion faite, votre récit pourrait aussi aider les parents à réfléchir sur leur rôle et la compréhension qu’ils peuvent avoir de leur progéniture. La trop grande sévérité avec laquelle ils accompagnent leurs petits. Pourquoi pas lors de groupes de parole de parents !?!
    Merci pour cette difficile d’expérience vécue dont vous nous rendez solidaires.



Votre commentaire

Pour poster un message, vous devez vous connecter ou avoir créé un compte.