Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Tu n’en parleras point -
par Salomé Andréa

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Publication : 31 mars 2014

Durée de lecture : 9 mn

Nombre de mots : 1940

Une jeune femme sous pilule tombe enceinte et décide d’avorter. Elle découvre alors que ce droit s’exerce encore avec difficulté, dans le silence et la douleur.

J’ai donc dû sacrifier une partie de mon salaire pour bénéficier de mon droit à avorter, et ça toujours en silence, et ça personne ne me l’avait dit.


6 commentaires :

  • Je comprends votre détresse et votre sentiment de culpabilité c’est une décision très difficile à prendre.
    Je ne comprends pas qu’il n’existe pas une assistance psychologique pour accompagner les femmes qui prennent cette décision.C’est même le contraire : le parcours du combattant ! C’est scandaleux !
    Vous avez le courage de témoigner et de nous montrer la réalité qui se profile derrière le Droit à l’avortement en France.
    merci


  • Aucun jugement surtout ! juste de la compassion, et l’admiration qui découle de votre courage. Votre vie vous appartient ! Il est tragique de constaté à quel point la société moderne qui se veut l’aire de l’hyper communication prive chacun d’entre nous de la fraternité humaine, nous sommes tous à taire aux fils de nos récits la douleur simple des gens "ordinaires" oui de tout cœur j’ai entendu vos mots et je les comprends fraternellement. Bravo pour votre courage et pour votre dignité.


  • Ce que vous avez vécu est très dur, surtout du côté du travail qui ne vous donne pas un seul jour. J’admire votre courage, même pas un jour de congé, pas grand monde pour vous soutenir moralement, dans ces moments pénibles et douloureux.
    Si nous avons acquis au bout de tant d’années le droit à l’avortement, c’est bien qu’il y avait des résistances. A présent que que c’est acquis, allons jusqu’au bout en ajoutant des psychologues dans les services d’avortement, et un peu plus d’humanité, comme on peut en trouver dans beaucoup d’endroits, heureusement.


  • C’est terrible ce que vous racontez et votre texte m’a d’autant plus touchée que j’ai eu à vivre la même expérience il y a de cela 15 ans.
    Effectivement ce moment solitaire est terrible à affronter. Je me souviens que dans ma panique, je m’étais rendue à l’hôpital qui se situait juste en face de chez moi où j’ai été reçue avec la plus grande réticence, au service gynécologie croisant des femmes très enceintes et souriantes, épanouies dans leur situation.
    Mais non, moi j’étais bien trop jeune pour assumer une grossesse, surtout avec un conjoint qui n’en voulait pas et qui ne pouvait comprendre comment un préservatif aurait pu craquer....pourtant c’est ce qui s’était passé.
    Merci le planning familial
    Je fus envoyée chez un médecin laconique qui se contenta de prendre ma prise de sang et de me donner deux cachets, sans plus d’autre explication. Je payais à nouveau seule les 700 euros.
    La prise se fit à nouveau seule dans mon studio et les heures suivantes me projetèrent en plein "Carrie", seule avec tout ce sang et cette petite masse qui tomba finalement dans les toilettes.

    J’ai été très rassurée de lire votre texte, parce que moi je n’ai jamais su mettre les mots sur cet évènement terrible et si solitaire dont j’ai mis un certain temps à me remettre.
    Merci pour ce récit que vous rendez beau, presque élégant.
    Espérant que votre reconstruction vous a réconfortée.

    Marie


  • C’est difficile d’en parler en partie parce qu’on risque fort de se trouver en butte à l’agressivité des religieux natalistes intégristes inhumains à un moment où on est très fragile. Aviez-vous votre mère ou votre père à qui parler ? votre compagnon après une première réaction inadéquate aurait aussi sans doute pu mieux comprendre en lui expliquant, il faut lui pardonner. Je suis un homme, c’est-à-dire aussi une femme, qui peut être solidaire et compréhensif(ve)
    Merci pour votre témoignage


  • Bonjour, votre récit a paru voici déjà longtemps, je le découvre aujourd’hui, et le prêtre catholique que je suis en est fortement ébranlé ! Pouvais-je imaginer un tel calvaire ?
    Dans l’exercice de mon ministère j’ai accueilli du mieux que j’ai pu et avec toute mon humanité des femmes qui avaient avorté, je ne suis pas si sûr aujourd’hui que j’ai tout saisi et j’en ai honte ! Vous m’aidez à ouvrir les yeux : MERCI infiniment.



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