Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Un jour, moi aussi j’aurai un travail -
par Salvi

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Publication : 9 janvier 2014

Durée de lecture : 5 mn

Nombre de mots : 1080

Situation aporétique. Et pourtant banale. Un texte sur le monde du travail, et son absence.

Pour postuler, je prends mon CV trafiqué, celui où j’ai enlevé mon Master, mon admission au concours catégorie A, où j’ai changé mon expérience de plusieurs années de chargée de relations publiques en « hôtesse d’accueil ».


8 commentaires :

  • J’aurai pu écrire ça, et j’ai tant d’amis qui auraient pu l’écrire aussi. Merci d’avoir partagé avec nous ces moments de doute , ces sentiments de culpabilité qu’on peut avoir lorsqu’on prend des décisions en érigeant un droit au bonheur (tout en ne se sentant pas du tout individualiste, mais on culpabilise à l’idée qu’on nous le reproche, oui, il y a du chômage, alors ne faisons pas les difficiles, au prix de notre épanouissement). Et pourtant, on est dans un pays qui prône les self made men/women, cultivés, diplômés, compétents, on nous indique des valeurs, de la morale, de l’ouverture d’esprit et de la tolérance, et on nous propose des boulots pour moutons à 5 pattes, diplômés, avec expérience, disponibles, mal payés, de courte durée. Il faut alors ruser pour rentrer dans les cases, mettre les mots clés attendus, changer un peu les intitulés des formations, dire "oui je sais faire tout ça" , étudier la structure et se renseigner sur les employeurs pour anticiper leurs attentes et questions. Ne pas trop en faire, juste ce qu’il faut. Savoir déjouer les pièges et devenir caméléon.
    gardez votre cap, la reconversion professionnelle c’est courageux,
    Marie


  • Bonjour, je comptais écrire un roman entier sur le chômage, et là, en quelques lignes, je me vois en vous comme des milliers d’autres sans doute... Le fond est identique ! A force, un jour, quelqu’un trouvera peut-être LA SOLUTION... En attentant, unissons-nous et tentons malgré tout de nous réjouir... Nous ne sommes que de passage...
    Marie Douce


  • S’ouvrir au monde, à la culture, ne pas oublier d’aller au cinéma, rêver d’un ailleurs comme vous le faites me semblent indispensables. Tout aussi important est de pouvoir gagner sa vie. Vous cherchez comme des millions d’autres quelque chose de rare aujourd’hui. Les bonnes places sont chères, réservées pour une catégorie d’élus. Il reste quelques occupations, quelques tâches rudes, sans âme qu’on délivre avec parcimonie. Oh non ne pas croire que c’est nous qui n’allons pas ! Pas le bon profil, pas les compétences alors que c’est d’abord tout un système, un contexte qui nous a amené là. Avoir confiance en soi, se dépasser voilà les crédos bien plus importants et c’est ce que vous faites en vous lançant des défis comme celui de nous écrire ici.


  • Je viens de vous lire et je me dis c’est mon histoire aussi... A ceci près que l’on me classe parmi les séniors... Je me prends parfois à rêver à toutes ces compétences disponibles de suite qu’il suffirait de fédérer pour arrêter le broyeur de vies.... Un jour peut-être, qui sait ?


  • Salut, je me suis bien retrouvé dans votre texte : moi aussi j’ai cru bon de quitter un emploi (que je pratiquais depuis 23 ans !) dans...l’insertion professionnelle des jeunes ; pressions de l’Etat sur le public, sur les professionnels...les objectifs quantitatifs au détriment du quantitatif ! Avec 2 diplômes de cadre (dont master RH) passés en cours j’ai voulu me ré-orienter, grave erreur (mais c’était ça ou la maladie). Je me heurte à 2 facteurs très français qui gangrènent le travail : la consanguinité professionnelle, et l’impossibilité à viser un premier rôle de cadre (sans expérience d’encadrement). Non seulement cette attitude de repli et de fermeture condamne les chômeurs que nous sommes mais elle est nuisible, à mon sens, pour les employeurs et les entreprises. Face à cette attitude, on observe qu’aucune mesure, aucun dispositif (du type stage pratique d’adaptation préalable à l’emploi) n’est mis en place ; en ce qui me concerne rien non plus qui encouragerait les entreprises à employer les chômeurs de + de 50ans (j’ai 54 ans) à qui demander une expérience (de cadre en l’occurrence) revient à nier l’expérience existante, parfois riche et dense, et la capacité à transmettre quoi que ce soit aux jeunes. Un peu comme si finalement, la société du travail, aujourd’hui n’avait plus rien à apprendre de ses pères, ni rien à transmettre à ses jeunes !
    Fraternellement et amicalement
    Pierre


  • Bonjour , merci pour vos témoignages qui montrent à quel point il existe une inadéquation entre les formations , les diplômes , les discours officiels (reconversion !) et le marché du travail , avec tout ce gaspillage d’énergie humaine que cela engendre (qui entraine mal être , stress , voire maladie ) . Ces entretiens d’embauche truqués car le demandeur d’emploi n’a pas accès aux codes de communication libérale et formatée . Plus possible d’être vrai , sincère .
    Alors dans ce contexte déprimant , j’ai choisi de dire non , non à ce monde " pôle emploi " , à ces dysfonctionnements , à ces absurdités , à ce bateau qui fait naufrage . Comment ? En créant de la résistance , en me disant " je ne subis pas , je choisis de ne pas travailler dans ces conditions , je vais m’investir , être utile ailleurs , dans des associations par exemple , comme bénévole en gardant évidemment les indemnités de chômage ou avec d’autres personnes pour qui le travail est reconnu comme échange , partage et non comme marché avec ses lois de maximisation du profit au détriment du travail .


  • Merci pour tous vos messages et encouragements ! Je signe et persiste : un jour, moi aussi j’aurai un travail… qui m’intéresse, me plaît et surtout qui a du sens !!!


  • Je comprends tout à fait ce que vous vivez. Merci pour ce témoignage concis et qui balaie tous les sujets que traversent les personnes dans cette situation. Continuez d’aller au ciné sans culpabiliser, je n’ai jamais vu autant d’expos et de films que depuis que je suis au chômage.



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