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Publication : 3 mars 2014

Durée de lecture : 3 mn

Nombre de mots : 770


5 commentaires :

  • Je comprends votre sentiment envers l’agresseur. C’est très chouette de penser comme ça, d’être dans la compréhension plutôt que le rejet.
    Par rapport à votre réaction pendant l’agression, j’ai pu constater moi aussi que nos instincts dans ce genre de situations peuvent être très étranges. Une fois j’ai pris en flagrant délit un cambrioleur qui était sur le pas de la porte, prêt à partir avec ce qu’il avait pu trouver dans l’appartement. Il a fui, et après quelques secondes où je ne comprenais absolument pas ce qui se passait (après je me suis demandée comment j’avais pu être aussi longue à la détente !), je me suis mise à le poursuivre, croyant que c’était mon ordinateur qu’il avait sous le bras. Drôle de réaction, complètement inutile car il était déjà parti, et presque dangereuse car il aurait pu décider de stopper ma course de façon plus violente... En rassemblant les affaires qu’il était sur le point de nous prendre, j’ai plutôt eu un sentiment de pitié : il voulait embarquer la maigre garde-robe de mon copain, des babioles sans intérêt, et... un pistolet à billes. Rien de palpitant dans un appart d’étudiants (à part peut-être mon macbook vieux de 10 ans)... Alors je me suis dit que cette personne visiblement si peu expérimentée en matière de cambriolage devait être dans une certaine détresse pour prendre autant de risques pour un si maigre butin (qu’elle n’a même pas eu au final).


  • Bonjour Juliette,
    merci pour votre commentaire et votre lecture :)
    À dire vrai, je ne sais pas si c’est "chouette" ou non de penser comme je le fais ; c’est ainsi. C’est sans doute une question de tempérament et aussi d’éducation. Mes parents et mon entourage d’enfant m’ont inculqué un certain nombre de valeurs plutôt humanistes, valeurs que j’ai su faire vivre par la suite. Cela correspond aussi sûrement à l’agression en elle-même, la manière dont elle a eu lieu, le moment etc. Je ne dis pas que je réagirai de la même façon si quelqu’un agressait mes enfants ou quelqu’un de mon entourage proche. Chaque situation engendre des conséquences différentes. Mais c’est vrai que nul ne peut savoir comment il réagirait face à une situation exceptionnelle, une situation de danger. Une histoire de cerveau reptilien peut-être ? ;)
    Bonne journée.


  • Oui bien, sûr, c’est justement les valeurs humanistes que je trouve "chouettes". Après, bien sûr, quand les conséquences sont plus graves, c’est plus difficile...
    Bonne journée à vous


  • J’ai été très touchée par votre récit, et par la "hauteur de vue" si l’on peut employer un tel terme, que vous avez su garder pendant votre agression.
    Il doit y avoir effectivement quelque chose qui se passe dans le cerveau limibique dans ces instants cruciaux.
    En effet d’après les lectures que j’ai accumulées, c’est ce cerveau qui régit des couches les plus profondes du cerveau humain.
    L’organisation du cerveau émotionnel est bien plus simple que celle du néocortex.
    Mais il est plus rapide et plus adapté à des réactions essentielles à la survie.
    C’est le cerveau émotionnel qui a la charge de surveiller l’environnement, en arrière-plan. Lorsqu’il détecte un danger ou un opportunité exceptionnelle du point de vue de la survie (un partenaire possible, un territoire, un bien matériel utile), il déclenche immédiatement une alarme qui annule en quelques millisecondes toutes les opérations du cerveau cognitif et interrompt son activité.
    Cela permet au cerveau dans son ensemble de se concentrer instantanément que ce qui est essentiel à sa survie.
    .Le cerveau émotionnel décèle le danger, puis focalise notre attention jusqu’à ce que le danger soit passé.
    C’est ainsi que nous sommes parfois capables de réactions totalement inattendues de notre part. Et pour une bonne part inconsciente.

    Merci beaucoup pour votre témoignage.

    Bonne journée à vous


  • @ Marie Nirrti : Merci beaucoup pour votre commentaire, très intéressant. Comme vous le dites, je n’ai pas vraiment été dans le contrôle de mes pensées ni pendant ni juste après l’agression. C’était comme ça. Je suis assez heureuse de ne pas avoir vu surgir en moi quelque chose de laid, de haineux ; j’aurais sans doute eu du mal à y faire face. Je vous souhaite également une excellente journée.



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