Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Une enfance franco- allemande -
par Sabine Aussenac

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Publication : 5 février 2014

Durée de lecture : 9 mn

Nombre de mots : 1990

Les escargots et le pain noir, le Midi ou l’outre-Rhin, Sabine a grandi entre deux cultures, deux pays, avec l’héritage de la 2ème guerre mondiale.

Mon bilinguisme n’était pas qu’affectif et linguistique. Mes grands-mères se disputaient aussi mon âme : Mutti me lisait sa Bible des familles, me racontant les frondes des protestants, mamie me faisait réciter le Notre-Père à genoux


8 commentaires :

  • Votre récit m’a beaucoup touché , vos grand parents que vous décrivez avec beaucoup d’affection, les liens entre les générations, votre place de petite fille puis de mère dans cette chronologie, le lien entre oralité et lecture...
    Et le poids de cette histoire " officielle" on va dire, qui tait les souffrances des vies ordinaires
    Ce récit m’a touché car si les génération des enfants ou petits enfants ne prenaient pas la parole, nous n’en saurions pratiquement rien.
    Bien à vous


  • Merci à tous ceux qui ont lu et aimé ce petit récit♥
    Oui, Clotilde, nous avons tous nos histoires, transgénérationnelles et colorées...


  • J’ai beaucoup aimé votre histoire, votre style. Je m’y suis un peu identifiée.
    J’ai une arrière grand-mère qui est arrivée de Bavière vers les années 1870 et j’ai eu un grand-père qui parlait anglais et allemand ce qui m’a fascinée depuis que je suis toute petite. Ca a été mon modèle. Maintenant, je suis trilingue et j’aimerais créer une association pour faire des échanges franco-allemand entre familles, ou entre seniors puisque nos enfants sont grands maintenant. Tout cela existe pour les enfants et ados, mais pas pour les gens plus agés.
    Si vous voulez vous joindre à moi...


  • Bab :

    Quel beau récit ! Il m’a énormément plu...J’ai étudié l’allemand en seconde langue, j’ai participé à plusieurs échanges et j’en ai gardé de merveilleux souvenirs. Mon fils avait commencé l’italien en primaire et a choisi la section bi langue anglais allemand au collège puis la section européenne allemand en 4ème, peut-être parce qu’il m’avait entendu raconter l’Allemagne...Il est vrai que lorsque que vous annoncez avoir adoré l’allemand, vous passez pour une excentrique !!!! Malheureusement je ne le parle plus ou seulement quelques rudiments. Mais j’aime toujours l’entendre et je me réjouie de la venue des correspondants de mon fils. L’an passé nous avons reçu Vincente qui venait d’ Andernach. Il adorait la cuisine française et nous avons fait un petit tour des régions : tartiflette savoyarde, galettes bretonnes, tielles sétoises, foi gras, et même des escargots !!! Il était ravi :" merci pour le bon mange" disait-il. Comme quoi... on rit souvent de nos différences de culture culinaire mais les rencontres réservent bien des surprise !
    A l’amitié franco-allemande !
    Grüss
    Béatrice


  • Quand j’étais enfant je rêvais d’épouser une femme d’une autre culture que la miennes, une autre religion, une autre gastronomie, un autre continent... Avoir des enfants bi-culturel. J’ai épousé ma voisine, on était à 4 ans, en maternelle, déjà amoureux et on voulait se marier ensemble. Elle est hôtesse de l’air, ce n’est pas une vocation juste une stratégie pour visiter le monde, aller voir ailleurs, découvrir les autres à moindre frais. Moi, j’ai "choisi" un métier alibi, toujours pour voyager. Et puis je suis passionné de Géo-politique, alors, forcement, ma bibliothèque croule de livres sur la première guerre mondiale, puis la seconde, des lettres de poilus ou des premiers reporters de guerre en 24X36 et puis bien sur la Shoa, je ressens très bien cette notion de judéophilie et je la partage, la guerre froide, partir seul en 4l le 9 novembre 1989 à Berlin, pas d’ami pour m’accompagner, "qu’est-ce-que tu vas aller faire à Berlin ? C’est pas ton histoire ! "


  • Part 2. Ma tante, une des soeurs de ma mère né en 1942 a épousé Joseph Strauss, un allemand ( Les méchants ! ) mais lui il était "gentil" m’a t-on expliqué dans mon petit cerveau d’enfant qui avait vu "Nacht und nebel" à 7ans. Une épreuve pour mes grand-parents maternelle, une provocation presque. J’ai donc quatre cousins/cousines franco-allemand. Chacun d’eux a réagis différement, Une cousine a épousé un allemand et est bilingue, les trois autres on fait un blocage total, un véritable refus de cette chance d’être bi-culturelle. Mon cousin Igor, en pleine crise d’adolescence a traité son père de "sale nazi"... Dur comme héritage...


  • Merci, Bab, pour vos savoureux commentaires gourmands et si humains !!
    Paul-Antoine, magnifique histoire que celle de votre couple construit depuis l’enfance-mon fils de 15 ans en rêve, et de vos voyages.
    Moi qui ne prend le train que pour aller bosser, je vous envie !

    J’ai rêvé la chute du Mur, l’oreille collée contre un transistor-le cheminot cégétiste (voir mon autre comm :) ) ne voulait pas de télé...Enceinte jusqu’aux dents, j’ai loupé ce moment, comme j’avais déjà loupé 68, trop petite... :)

    Sachez enfin que je ne parle jamais allemand avec ma mère... :)


  • bravo pour ce récit, nos liens familiaux sont vraiment la base !



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