Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Skander Kali

Enseignant (à Paris, en collège ZEP), auteur ("Abreuvons nos sillons", Le Rouergue, 2008) et doctorant en littérature française du XIXème siècle (à Paris IV-Sorbonne ; sur Jules Vallès). Pour l’instant, je découvre les lieux et vos textes...


Récit

J’aime faire cours malgré tout  

Enseigner le français dans des établissements classés ZEP.

Apprendre un nouveau mot, comprendre un vers, repérer une figure de style, corriger une phrase, lever le doigt, proposer une interprétation : entre deux voitures en flammes, entre deux bagarres, entre deux menaces, entre deux embrouilles, un espace fragile de silence et de bonne volonté subsistait.

Publication : 25 septembre 2014

Durée de lecture : 13 mn

Nombre de mots : 2790

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Ses derniers commentaires

  • @ tmb : Merci pour votre commentaire !
    Oui, je crois avoir brièvement évoqué un aspect de notre métier qui demeure peu connu : sa résistance à la difficulté quotidienne (on dirait aujourd’hui "sa résilience"). Les collèges sensibles apparaissent comme des lieux difficiles et ils le sont véritablement : pourtant on oublie de souligner qu’on y fait cours... la plupart du temps. Et pas qu’un peu. Du coup, c’est un plaisir d’apprendre que des collègues se "reconnaissent dans cette expérience" !

  • @ Pierre Clausse. J’ai lu "Au lycée". Sacrée histoire ! Et douloureuse ! Votre récit est trop précis et particulier pour en tirer une conclusion générale, hormis, bien sûr, les dangers de l’institution, les risques de conflits personnels et les règlements de comptes...
    Mais je suis plus particulièrement d’accord avec vous sur la jalousie des instits à l’égard des profs du secondaire : je l’ai souvent constatée, même si elle apparaît toujours étonnante, voire incompréhensible. Pourtant elle est réelle, et il y a peut-être là un début d’explication de votre difficile histoire...

  • @ Pierre Clausse : Oui, il faut mieux se tenir à l’écart des différents enjeux ou groupes qui gravitent autour du métier. Ce qui est dommage dans la mesure où cela freine certaines énergies et certaines innovations. Mais bon, pour ma part, comme je l’ai précisé dans le texte, je ne m’’implique ni dans les théories ni dans les différentes coteries. Du coup, je "souffre" moins : je m’occupe de mes classes et c’est déjà amplement suffisant.

  • @ Kahina : Euh... j’ai aussi reçu quelques boulettes. Mais bon j’ai mis quelques punitions : ça équilibre ! ;-)
    Plus sérieusement, en ce qui concerne les "qualités", il faut signaler que le temps est le facteur principal : en un mot, la patience est primordiale. Tout le reste suit. Mais bon, encore faut-il parvenir à durer...

  • Assez dur ce témoignage. Les conséquence physiques et professionnelles d’une situation critique. Comment se blinder face à ce monde du travail qui a tout moment peut se transformer en mafia malfaisante ? Enfin vous avez votre conscience pour vous...

  • "Papa, ta mort m’a enseigné plein de choses. Le chemin fut extrêmement
    douloureux. J’ai douté. J’ai beaucoup pleuré. Tu me manques énormément mais
    j’ai trouvé une autre manière de communiquer avec toi. Je me suis pardonnée.
    Je t’ai pardonné. Nous sommes en paix."
    Je pense que nous sommes très nombreux à rêver d’être capable de dire la même chose à nos défunts. Leur mort serait une renaissance pour nous. Et l’acceptation de notre propre mort. Merci pour ce témoignage intime très pudique qui va droit au cœur de ceux qui ont vécu ou vivent la même situation...

  • C’est sobre, plein de retenue et en même temps très émouvant : une très jeune fille qui devient mère, en quelque sorte. Mère et responsable d’un proche en souffrance. Un témoignage fort pour une réalité presque quotidienne (l’hospitalisation psychiatrique)...

  • Texte bien écrit et précis qui nous introduit dans le quotidien de la communauté Emmaüs. Plein de petits détails vrais qui rendent le récit captivant.

  • Je confirme. Beau texte avec une belle chute, à teneur existentielle. L’ensemble laisse songeur.