Portraits mémoire

Vingt-cinq élèves du lycée professionnel agricole de Mugron dans les Landes ont recueilli les témoignages de cinq personnes âgées d’un EHPAD autour de leurs albums photos. Le photographe Pascal de Lavergne a créé un diptyque de chaque résident, reliant cliché ancien et portrait actuel. Puis cinq membres du personnel ont raconté leur parcours aux lycéens qui les ont, à leur tour, photographiés.


Les résidents

Alfred

Alfred
Témoignage recueilli par : Emma, Léa, Lola, Nancy et Salomé

Je m’appelle Alfred L., je suis né en 1926, j’ai aujourd’hui 88 ans. Je me suis marié avec Ida, alias Yvette, en 1958, nous habitions Nerbis.
Quand j’avais 14 ans, pendant la seconde guerre mondiale où mon père était parti, j’ai dû travailler pour les Allemands. J’ai fait carrière dans les travaux publics à Mugron et Nerbis et également dans les communes proches.

J’ai rencontré ma femme par hasard quand je travaillais à la carrière, à cinquante mètres de chez elle, avec cinq de mes associés. Elle avait six sœurs et un frère. Un jour, j’ai croisé sa mère qui m’a proposé, par plaisanterie, d’épouser l’une de ses filles si je n’étais pas marié, et j’ai accepté.

J’ai fait mon service militaire pendant un an à Courbevoie, près de Paris, de 1946 à 1947. La photo de mon service date d’août1946. Elle a été prise pendant nos trois semaines de vacances exceptionnelles, passées à Saint-Jean-de-Mont en Vendée. C’était une récompense pour mon régiment, car nous nous étions illustrés comme les meilleurs au défilé du 14 juillet à Paris.

Je suis à l’EHPAD depuis trois ans et demi, mon médecin me l’a imposé à la suite de mon AVC. J’y ai rejoint ma femme, qui s’y trouvait déjà à cause de sa maladie d’Alzheimer.

On a passé une vie agréable, quand même.


Christine

Christine
Témoignage recueilli par : Bénédicte, Bilel, Clémence, Lancelot et Tanya.

Je m’appelle Christine M., j’ai 87 ans. Je vivais à Toulouzette. Je suis fille unique et, malgré cela, ma mère ne me laissait pas beaucoup de liberté. Elle était très protectrice. Mon mari est l’aîné de six enfants.

Lorsque je passe mes journées à l’EHPAD, j’aime bien lire le journal Sud-Ouest et regarder « Plus belle la vie », ma série préférée.
Mes enfants ont changé ma vie. J’en ai eu deux, dont un décédé du cancer des os à l’âge de 45 ans. Sept ans plus tôt, j’avais moi-même eu un cancer du sein. J’avais oublié cette maladie, jusqu’à ce que j’apprenne que mon fils en était atteint à son tour et qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre. Cela m’a aplatie.
Mon autre fils habite à quatre heures d’ici, il vient me voir généralement une fois par mois et m’appelle tous les dimanches soirs. Il a deux enfants.

Sur cette photo qui date d’une quarantaine d’années, je suis avec un couple d’amis et mon mari. Ces amis venaient me voir chaque été, ils habitaient dans le Nord de la France, dans l’Aisne. Mes amis sont décédés depuis. Lui dans un accident de voiture et son épouse de l’arthrose, et même leur fils, atteint de l’Alzheimer à l’âge de 30 ans. Nous avons pris cette photo lors d’une balade au bord de l’Adour, nous étions fin juillet-début août, il y avait un vent abominable. Aussi, nous n’avons pas pu rester longtemps à cause du temps ; vous le voyez sur la photo : nous sommes décoiffés.


Colette

Colette
Témoignage recueilli par Elise, Emmanuelle, Lauréna et Pauline.

Je m’appelle Colette L., j’ai 85 ans, je suis née en 1930 et j’ai passé mon enfance à Hauriet. J’exerçais comme profession la coiffure. J’ai rencontré Robert L., un homme charmant. Deux ans après, il m’a emmenée à Dax pour que je choisisse ma bague de fiançailles et nous nous sommes fiancés. Nous avons mis beaucoup de temps à préparer cette union. Confectionnée par ma cousine, ma robe était en dentelle. Je portais un voile et une calotte en fleurs d’oranger. Mon bouquet était composé d’œillets. Ma coiffure avait été réalisée par ma patronne. Cette photo de moi a été prise par Monsieur Richard, devant chez mon voisin.
C’était un très grand mariage, qui a duré trois jours.
Le premier jour, nous sommes allés à la mairie et le soir, nous avons mangé au restaurant à Mugron. C’était le 22 octobre 1950.
Le deuxième jour, j’ai mis ma robe et on m’a conduite à l’église dans une belle voiture et le soir nous avons célébré notre mariage autour d’un repas. Le dernier jour, nous avons encore festoyé le midi et le soir.
Durant ces trois jours, nous avons mangé du foie gras, du jambon, des ris de veau, de la galantine de poule, du canard sauvage et du salmis de palombe.

Quelque temps après, mon mari et moi sommes partis à Cauterets avec des amis, dans une belle Renault décapotable. C’était un peu comme notre voyage de noces.
Grâce à ce mariage, je suis devenue boulangère dans le moulin familial de mon mari à Larbey. Sept ans plus tard, ma fille Geneviève est née.


Irène

Irène
Témoignage recueilli par : Emy, Fanny, Lisa, Maëlys et Sarah.

Je m’appelle Irène N., je suis née le 8 avril 1923, j’ai 92 ans. J’étais institutrice, d’abord à Capbreton puis à Doazit où je vivais avec mon mari, jusqu’au jour où ma belle-mère est tombée malade, alors nous sommes allés nous installer dans son village d’enfance, Saint-Aubin.

La photo a été prise en été, pendant les fêtes de Saint-Aubin. J’allais aider au bar de ma belle-mère, on travaillait beaucoup. Le bar était situé en face des arènes où se déroulaient les courses landaises. Le photographe de Mugron, Monsieur Meyrans, s’installait dans la cour de l’école qui était vaste et ombragée, et proposait de faire des portraits-souvenirs à qui voulait. Les photos étaient payantes. Je me suis fait prendre en photo pendant un moment de pause au café, mais je ne me souviens plus en quelle année c’était.

J’ai un fils, Jean-Michel, qui a 60 ans et une fille adoptive qui venait de la DDASS. Elle s’appelle Christine, elle a 50 ans et elle est mariée à Xavier. J’ai un frère qui s’appelle Roger, il a deux ans de moins que moi ; une sœur, Odette, née en 1928, elle est handicapée et alitée chez elle à Maylis.

Mon mari est né en 1915, il s’appelait Paul. Il travaillait à EDF. Nous nous sommes mariés en 1946, j’avais 23 ans et lui 31.
Cela fait bientôt deux ans que je suis ici retraitée.
Le soir, j’ai le cafard, je me rends compte que je ne peux plus me coucher seule, ni faire ma toilette seule. Mais je vois le présent avec insouciance, parce que je sais que je vis la fin de ma vie. Je sais qu’il faut mourir.


Mariette

Mariette
Témoignage recueilli par : Alison, Calysta, Cécile, Laurianne et Manon.

Je m’appelle Marie-Thérèse S., je suis née en 1925 à Tartas. Depuis deux ans, je suis à l’EHPAD de Mugron. Avant, j’habitais à Saint-Aubin.
Quand j’étais enfant, mes camarades et ma famille m’avaient surnommée Mariette.
Pour mon mariage, c’est ma sœur, qui avait du goût, et sa patronne, femme de service au moulin de mon père, qui ont confectionné ma robe et brodé des roses à la main. Les roses étaient cousues sur le corset, soit en boutons, soit à fil tiré, c’est-à-dire qu’en tirant délicatement sur l’un des fils du bouton de rose, la fleur s’éclatait sur le tissu. Pour finir, ma sœur avait brodé les initiales AD, celles de son nom : Angèle Dupouy. Qu’elle était belle ma robe, tout le monde en était stupéfait !
La patronne de ma sœur était devenue boiteuse à la suite d’un accident, c’est pour cela qu’elle s’était mise à la couture, ne pouvant plus porter les sacs de farine au moulin.
La photo que vous voyez, c’est mon cousin, qui était bijoutier à Tartas et très astucieux, qui l’a prise chez moi, au moulin historique du Clavé.


Le personnel


Anne

Anne psychomotricienne
Témoignage recueilli par : Bénédicte, Bilel, Calysta, Clémence, Maëlys et Tanya.

Je m’appelle Anne L., je suis psychomotricienne à l’EHPAD de Mugron.
Depuis la classe de CP, j’avais en tête de devenir kinésithérapeute. Jusqu’à ce que, au cours de mes études, je me rende compte que le métier qui correspondait le plus à mes attentes était celui de psychomotricienne.

Je pratique cette passion depuis juillet 2014. Après un bac S suivi de l’obtention du concours d’entrée à l’école, j’ai effectué la formation durant 3 années, avant d’obtenir mon diplôme d’Etat. La première année, j’ai appris à m’occuper d’enfants en bonne santé, la deuxième année, j’ai étudié les pathologies infantiles, et enfin en dernière année j’ai découvert la prise en charge des personnes âgées. Au cours de mes études, j’ai effectué un stage à l’EHPAD de Mugron. Comme un poste de psychomotricienne s’y est ouvert, on me l’a proposé. Le secteur gériatrique recrute beaucoup, on n’a pas de mal à trouver un emploi.

Je n’ai pas vraiment de journée-type. Quand j’arrive, je prends les transmissions, puis je commence les séances de massage des résidents, en me consacrant en priorité à ceux qui en ont le plus besoin. Chacune dure de 45 mn à une heure. Je note l’évolution des résidents et je fais pour chacun des bilans individuels réguliers de 3 heures, dans lesquels j’analyse la praxie et le schéma corporel de la personne. C’est la même technique qu’avec des enfants, mais il faut tenir compte de la dégradation.

J’aime ce métier que j’ai choisi, même si tout le monde ne le comprend pas et qu’il y a parfois des moments difficiles à vivre. Lors des attentats à Charlie Hebdo, j’ai remarqué que les résidents étaient très affectés. Ils disaient que cela leur rappelait la guerre et craignaient que nous, les jeunes, ayons à la vivre aussi. J’ai été touchée par les émotions qu’ils exprimaient. Pendant ma formation, j’ai reçu des cours de psychologie, qui m’ont appris à garder la distance professionnelle et à travailler sur la maîtrise de soi. J’ai aussi appris à recevoir les émotions sans les faire miennes. Cependant, pour me ressourcer, j’ai dû pratiquer depuis le début de mon emploi des activités comme le yoga, la danse et la musique.
J’aime écouter les personnes âgées, le contact avec chacun d’eux et je ne souhaite pas changer de métier. Mais j’irai sans doute un jour l’exercer auprès d’enfants ou de personnes handicapées.


Eric

Eric Agent d’entretien
Témoignage recueilli par : Alison, Cécile, Manon et Nancy.

Moi, c’est Eric L., j’ai 52 ans, je suis agent d’entretien.
Je suis allé au collège jusqu’en 5e, avant de préparer un CAP de monteur-installateur sanitaire pendant 3 ans. À mes 17 ans, j’ai commencé à travailler dans une entreprise pour laquelle j’ai donné 7 ans de ma vie, avant que celle-ci ne dépose le bilan. Je me suis alors réorienté dans le domaine agricole et je suis devenu castreur dans un élevage de canards pendant 3 ans. En 1990, j’ai intégré l’EHPAD de Mugron par l’intermédiaire d’une amie.

À mes débuts, j’étais impressionné par les personnes âgées, je me posais des questions, j’appréhendais. Pourtant, avant, il y avait moins de personnes dépendantes qu’aujourd’hui. Avec le temps, je me suis fait à ce monde.
Ce que j’aime dans mon métier, c’est la diversité des tâches. Quand j’arrive le matin, je découvre ce que j’ai à faire dans le carnet d’entretien. Chaque jour c’est différent et on touche à tous les corps de métier : peinture, plomberie, jardinage, informatique… J’ai toujours eu la passion du bricolage.
J’ai des horaires de collégien : 8 h 30 à 16 h 30 du lundi au vendredi et 8h à12h le mercredi. Un peu comme mon épouse, qui est enseignante. Comme elle aussi, j’évolue dans un environnement professionnel féminin, ce n’est pas toujours évident, mais il y a une bonne ambiance de travail et on côtoie des personnes de tous âges.

J’aurais aimé faire un bac professionnel plus jeune, si j’en avais eu l’opportunité. Maintenant, je souhaite me perfectionner en électronique dans le cadre de mon métier. Pour réparer un lit médicalisé, il faut ces compétences-là.
Dans les relations avec les résidents, je mets de la distance professionnelle, bien sûr, mais j’aime bien les taquiner. J’ai aussi des relations plus proches avec un petit groupe d’entre eux que j’ai accompagné une semaine en vacances dans la maison d’une amie. C’est un très bon souvenir, comme également les animations brocante que je mettais en place pour l’établissement.
Les mauvais moments, c’est quand on s’attache à un résident et qu’il décède. Mais certaines personnes âgées sont là depuis que je suis arrivé, il y a 25 ans. C’est un pas à franchir, de la jeunesse à la vieillesse. Le plus dur, c’est de se retrouver seul.


Laurence

Laurence infirmière
Témoignage recueilli par : Emma, Emy, Fanny et Léa.

Je m’appelle Laurence, j’ai 36 ans et, depuis 15 ans, je travaille à l’EHPAD de Mugron où je suis entrée en tant qu’aide-soignante. Auparavant, j’avais passé un BEP Sanitaire et Social, puis un bac SMS. J’ai repris mes études en 2010, avant de revenir ici comme infirmière en juillet 2013. C’est un rêve de gamine, depuis que j’ai 10 ans, je veux travailler auprès des personnes âgées.
J’ai été embauchée en CDI et je travaille au sein d’une équipe de 4 infirmières et 1 infirmier.

Dans ce métier, il faut aimer la relation avec les personnes et leur famille. Les horaires de travail peuvent paraître une contrainte, mais sont parfois aussi un avantage. Comme le fait d’être autonome, de pouvoir prendre des initiatives, de se remettre en question quotidiennement et de manager une équipe.
Pendant la journée, je participe à l’accompagnement des résidents et de leur famille. Mais j’accomplis aussi des actes techniques. Je réalise des bilans sanguins, des injections d’insuline et d’antibiotiques, des pansements, des poses de sondes urinaires, de l’administration médicamenteuse.

À 21 ans, j’ai vécu mon premier décès à l’EHPAD, qui m’a d’autant plus touchée que c’est moi qui en ai fait la découverte.
On rencontre certaines situations difficiles, mais le contact humain reste mon moteur. Evidemment, il y a la distance professionnelle, mais on est humain d’abord.
Il y a quelques années, j’ai reçu une lettre de la famille d’un résident qui venait de nous quitter, pour me remercier de mon attention envers lui entre son entrée à l’EHPAD et son décès. Depuis, cette lettre est dans mon sac à main, toujours près de moi.


Ludovic

Ludovic Cuisinier
Témoignage recueilli par : Elise, Emmanuelle, Lauréna, Lola, Pauline et Salomé.

Je m’appelle Ludovic P., j’ai 42 ans. J’ai toujours voulu être cuisinier et je le suis devenu à 17 ans. Cela fait 25 ans et je n’ai pas l’intention de changer de métier.
Après mon CAP et mon BEP Hôtellerie, j’ai fait des petits jobs d’été, puis j’ai été cuistot dans un centre de rééducation avant d’entrer à l’EHPAD de Mugron, il y a un an.

J’évolue depuis avec un public différent de celui que je connaissais.
J’ai un emploi du temps alterné, puisque nous sommes 4 cuisiniers et que nous travaillons soit le matin de 6 h 30 à 14 heures, soit le soir de 12 h 15 à 19 h 45.
Je suis seul en cuisine et, pour le repas de midi, tout est planifié. Mais le soir, je suis en autonomie totale pour la composition du menu et c’est ce que j’apprécie. Si j’ai envie de préparer un fondant au chocolat, je peux, à condition cependant de respecter le régime alimentaire de chaque résident (allergie, diabète, cholestérol, etc.)

J’ai un cadre de travail agréable, même si j’ai très peu de relations avec les personnes âgées. Je les vois s’installer à table, mais certains prennent un plateau-repas dans leur chambre. Dans ce métier, il faut être organisé et avoir la passion de la cuisine, le relationnel vient après.
La routine peut être l’inconvénient de mon emploi. Cependant, ma satisfaction est que les collègues me rapportent que les résidents apprécient ma cuisine.


Nathalie

Nathalie Animatrice
Témoignage recueilli par : Caroline, Lancelot, Laurianne et Sarah.

Je m’appelle Nathalie C. et je suis animatrice à l’EHPAD de Mugron depuis 9 ans.
Avant d’avoir la vocation de l’aide à la personne, j’ai travaillé pendant 15 ans dans une usine de bois, puis j’ai demandé à être licenciée. J’ai alors préparé un BEP Sanitaire et Social que je n’ai pas obtenu, en revanche j’ai réussi le concours d’aide-soignante. C’est à ce titre que je suis entrée à l’EHPAD de Mugron. Pendant 3-4 ans, j’exerçais cette fonction le week-end et je m’occupais des activités d’animation en semaine, avant qu’on me propose de devenir animatrice à temps plein, ce que j’ai accepté pour passer plus de temps avec les résidents.
Je travaille du lundi au vendredi de 9 h 45 à 17 h 15. J’ai besoin de m’appuyer sur une équipe avec laquelle j’ai de très bonnes relations et une bonne communication, pour avoir des avis sur les activités que je propose et pour valider les sorties que je mets en place.

À l’arrivée d’un nouveau résident, j’attends 3 semaines avant de lui proposer de participer aux animations, le temps de communiquer avec lui, qu’il partage avec moi ses envies et goûts, mais aussi de l’intégrer à un groupe d’autres personnes âgées et de le mettre en confiance dans sa nouvelle maison. Je dois prendre en compte aussi toutes sortes de maladies ou de déficiences.
Je m’enrichis énormément au contact des résidents pour créer mes animations. Je privilégie aussi l’ouverture sur l’extérieur, notamment par des partenariats réguliers avec l’école primaire, le lycée agricole et le club Intergénérations. J’ai participé à de nombreuses formations pour pouvoir progresser professionnellement et proposer des activités au plus près des besoins des résidents. J’aime mon métier, car j’ai le goût de l’échange.

J’aide les personnes à maintenir le lien social, je les incite à ne pas s’isoler, à participer à la vie de la maison. J’essaie de leur proposer des moments de communication partagée. Mais il faut aussi savoir laisser les résidents seuls avec leur famille.