Quand nous sommes arrivé (...)

Les élèves nouvellement arrivés en France du collège Jean Zay à Lens, avec l’aide de Nadège Riocreux leur professeur de classe d’accueil, écrivent leur enfance, leur arrivée et leurs rêves d’avenir.


Adela

Je vivais à Oradia, une ville en Roumanie, dans une grande maison bleue avec mes parents, mes trois frères et mes deux sœurs. À 7 heures, je me lavais puis je mangeais du pain et de la confiture de fraises faite par maman avant de partir à l’école à pied avec mon frère : on marchait 25 minutes sur la route. On était 35 élèves dans la classe, à apprendre à lire et écrire. À la récréation, je jouais à la marelle. À 14 heures je rentrais à la maison manger des pommes de terre avec de la viande. Après, je sortais avec mes copines jouer au ballon, puis je regardais la télé.
Je buvais de la soupe à 20 heures, discutais avec mes sœurs et allais me coucher.
Quand je serai grande, je ferai durer l’amour pour toujours.

Ahmed

En Libye, on vivait dans une grande maison blanche avec mes parents et mes deux frères. À 7 heures, je me lavais le visage, puis je mangeais des croissants et buvais du lait. Le bus pour l’école partait à 7 h 30. De 8 à 14 heures, j’étais en classe. J’allais acheter un sandwich à l’omelette dans l’école et je le mangeais en marchant dans la cour. Je rentrais chez moi à 14 h 30. L’après-midi, je jouais au foot dans la rue avec mon frère et mes copains avant de jouer à la console chez moi.

Quand je suis arrivé en France je trouvais les gens bizarres parce qu’ils parlaient en français, ils portaient des habits différents par rapport à la Libye : les femmes montrent leurs bras. Quand je serai grand, je jouerai au rugby en volant dans le ciel.

Aimedy

Mon pays s’appelle la République Démocratique du Congo. J’y vivais avec mes parents, mes trois sœurs et mon frère. À 7 heures, je prenais le petit déjeuner : des céréales avec du jus d’orange. À 8 heures, les cours commençaient à l’école « Complexe scolaire Monseigneur Moke ». Ma matière préférée, c’était l’histoire-géo. À 17 heures, je rentrais manger chez moi. Mon moment préféré c’était quand je me baladais avec mes meilleures amies, je me sentais légère. C’était le meilleur moment de ma vie. J’adorerais les voir encore une fois, mais c’est impossible, ce n’est pas grave parce qu’elles resteront toujours dans mon cœur.

Lors de mes premiers jours en France, je suis arrivé à Metz en Moselle. J’ai été surprise par le collège et les façons de se comporter des gens autour de moi.
Quand je serai grande, je rendrai ma famille heureuse.

Abdul-Hak

Je vivais au Soudan avec mes parents, mes cinq sœurs et mes quatre frères. À 6 heures, j’allais traire le chameau, la chèvre et la vache pour avoir du lait, que je buvais après. Puis je sortais m’occuper des animaux : je les amenais au lac pour boire de l’eau. Celui qui était malade, on le soignait. À 18 heures, je rentrais car il faisait nuit, je préparais du feu pour avoir de la lumière pour lire. Je mangeais de la boule de mil avec de la sauce à la viande autour du feu préparé par les femmes. Puis mon père m’apprenait à lire le Coran avec mes frères. On allait se coucher à 19 heures dans notre tente car nous étions nomades.

Quand je suis arrivé en France j’étais content et triste. Triste parce que ma famille me manquait. Content parce que je vais à l’école et apprendre une nouvelle langue que je ne savais pas parler. Quand je serai grand, je mettrai une grande maison dans le ciel pour toute ma famille.

Ali

Je viens de Sabaha, en Libye. Je vivais avec mes parents, mes oncles et tantes et mes cousins dans une belle et grande maison en terre. À 7 heures, je me lavais puis petit-déjeunais : une omelette avec du pain et du jus d’orange et partais à la medersa, l’école coranique à pied. J’apprenais à lire le coran. À midi, je mangeais du riz avec de la sauce à la viande avec mes parents avant de partir avec mon père à la mosquée. En rentrant, on regardait des séries turques à la télé. De 16 à 18 heures, je jouais au foot dehors. Après, je rentrais prier et dîner (souvent du couscous) et allais me coucher à 21 heures. Mon arrivée en France, c’était difficile, j’étais déçu et en colère. Quand je serai grand, je serai metteur en scène.

Fabian

Quand j’étais petit, j’habitais dans le sud-est de la Roumanie dans une grande maison en pierres, en terre et en paille avec mes parents, ma sœur, mes grands-parents et mon cousin Ricardo. Je me réveillais à 6 heures, me, m’habillais et prenais mon petit déjeuner : des céréales au chocolat et du jus d’orange. Ensuite je partais à l’école à pied avec mon cousin, en classe je faisais des exercices. À 14 heures je mangeais de la soupe à la maison avec ma famille. L’après-midi, je restais chez moi et j’allais pêcher avec mon grand-père et mon cousin.
Quand je suis arrivé en France j’étais content parce que je suis allé à l’école, j’apprenais une autre langue, je me suis fait des copains, les profs étaient gentils... Tout était différent : comment les gens parlent, les villes, les maisons plus grandes, il n’y a pas de trous dans la route, on peut chercher du travail. Aujourd’hui je suis content. Quand je serai grand, je donnerai du chocolat à tous les enfants.

Florin

Je suis né en Roumanie à Oradia. Notre maison était en pierres. Je me réveillais à 10 heures, je me lavais le visage puis buvais du café. Ensuite j’allais me promener avec mes copains : on jouait au foot. À midi je mangeais des sarmale avec de la viande (du chou farci). Puis j’allais en forêt et aidais mon père à couper des branches. On dînait à 18 heures, souvent de la soupe avec de la salade de bœuf.
Après, j’allais regarder la télé et j’allais me coucher.
Je suis arrivé en France en voiture. Quand je suis arrivé au camp, j’étais triste parce qu’il y avait des souris. Ensuite je suis allé à l’école, je n’aimais pas ça parce que je devais y rester jusqu’à 17 h 30, et j’étais triste parce que je ne comprenais pas le français. Après, je suis rentré chez moi, je ne suis pas retourné à école. 

Hajar

Avec mes parents et mes sœurs, on vivait dans une grande maison en Espagne.
À 8 heures, je me lavais mangeais des céréales et buvais un jus d’orange. Ensuite on devait marcher cinq minutes avec ma sœur pour aller à l’école María Fortuny. En classe on était vingt élèves, on apprenait l’espagnol, l’anglais les mathématiques… Après je mangeais chez moi de la pizza (mon plat préféré) ou de la paella. Il fallait revenir à l’école à 15 heures, à 16h30 je rentrais. Je faisais mes devoirs avant de sortir au parc, au fast-food parfois. C’était mon moment préféré de la journée parce qu’on jouait, on rigolait, on prenait plein de photos et on achetait des bonbons et des chips. Je me sentais tellement bien.

Quand je suis arrivée en France j’étais surprise par les grands magasins comme par exemple les supermarchés. Ce sont de très, très grands magasins par rapport à l’Espagne. Je trouvais bizarre aussi le règlement du collège car en Espagne, il n’y a pas de carnet de correspondance, et tous les élèves ont le même emploi de temps (de 8 heures à 15 heures). Je n’ai pas aimé les rues parce qu’elles sont très moches, pas belles. Par contre, j’ai bien aimé Paris, la capitale de la France. C’est une très belle ville avec la tour Eiffel.

Quand je serai grande, j’irai au bord de l’eau, je sentirai la mer.

Hasna

Je vivais en Espagne à Pontevedra (en Galice) dans une grande maison blanche avec mes parents et mon petit frère. À 7 heures, je me lavais le visage et les dents ; me coiffais ; puis prenais mon petit déjeuner : du lait tiède, du pain et de la confiture. À l’école j’apprenais le castillan, le galicien et l’anglais.

Quand je suis arrivée en France j’étais surprise de la grande école que je fréquente. Le premier jour en France, je suis allée dans un grand magasin et l’après-midi j’ai rendu visite à mon cousin à Lens avec mon frère et mes parents.

Quand je serai grande, je visiterai tous les pays et j’apprendrai toutes les langues du monde. Je laisserai mon âme courir.

Isaac

J’habitais au Tchad à Abéché dans une maison en branches avec mon grand-père et mon grand-frère. Chaque matin, à 6 heures, je me lavais avec l’eau cherchée au lac puis buvais du lait de chèvre. Ensuite, je gardais les moutons et les chèvres sur mon cheval. À midi je mangeais une boule de mil avec de la sauce. L’après-midi, je chantais en gardant les animaux. À 19 heures, je mangeais souvent un plat de riz chaud. Après, j’allais me coucher vers 22 heures.

Mes premiers jours en France, quand je suis arrivé à Paris, j’étais content mais aussi triste parce que je ne savais pas parler français, et aussi parce que je ne connaissais personne, donc je suis resté seul. J’ai demandé si quelqu’un parlait arabe. Au début personne ne m’a aidé et j’ai cherché seul une gare pour aller à Saint Omer. Mes premiers jours à Saint Omer j’étais très très content parce que j’ai rencontré des gens comme moi, je me sentais chez moi.

Quand je serai grand, je serai président du Tchad, mettrai tous les enfants à l’école et je ferai la liberté et l’égalité.

Ismaël

Notre maison était à Barcelone, on y était six (mes parents, mon frère et mes deux sœurs). À 8 heures, je prenais une douche puis mon petit-déjeuner : du lait avec des céréales. Ensuite j’allais à l’école. À midi je mangeais du couscous à la maison avec ma famille. L’après-midi, je retournais à l’école. Le dîner était à 20 heures en famille : nous mangions souvent du marmita. Après, je regardais la télé et j’allais me coucher vers 21 heures.

Quand je serai grand, je remplirai tous les stades.

Karim

J’habitais à Rabat avec mes parents et mes deux sœurs. À 7 heures, j’étais bien en forme. Je prenais une douche puis mon petit déjeuner : du thé, des gâteaux et des crêpes. J’allais à l’école « al wahda » à 8 heures. Je partais à pied avec mes meilleurs amis. En classe, on était 45 élèves, on apprenait l’arabe, le français et les mathématiques tous les matins. À midi, je rentrais à la maison pour manger du tajine qu’avait préparé ma mère : il est toujours très bon. L’après-midi, je sortais pour jouer au foot et aux jeux vidéo. Je rentrais chez moi pour faire mes devoirs et à 22 heures, je dormais.

Quand je suis arrivé en France j’ai eu une autre vie qu’au Maroc avec les marchés, les gens, les écoles... Plein de choses, la façon dont parlent les gens, ils parlent en français. Les professeurs ne crient pas comme au Maroc, ils ne te frappent pas. Mais en France j’ai dit bonjour à des gens mais ils ne me répondaient pas.

Quand je serai grand, je regarderai le cosmos.

Khadijat

Je viens de Grozny, en Tchétchénie. Je vivais dans une grande maison avec mes parents et mes frères. À 6h30, je me lavais les dents puis je buvais du thé. J’étais en classe de 8 heures à midi, déjeunais chez moi, l’après-midi je faisais mes devoirs, aidais ma mère à faire le ménage et sortais avec mes copines. À 20 heures, on mangeait des « mantesh » (des pâtés à la viande) : c’est notre plat préféré ! Mon père et mes frères partaient regarder la télé et ma mère et moi on faisait le ménage et on allait dormir.

Quand je suis arrivée en France j’étais contente de voir la tour Eiffel, Paris, d’aller à l’hôtel, de rencontrer des gens, mais je ne parlais pas français, c’était difficile mais j’étais bien. Tous les jours avec des copines, je prenais le bus, le train, des escaliers, c’était difficile d’apprendre le français mais j’ai réussi quand même. Bon ce n’était pas le paradis mais pour moi, c’était bien, j’étais surprise de tout.

Quand je serai grande, je mangerai tous les Haribo du monde pour que la vie soit plus belle. Je remplirai le monde avec les sourires et la joie. Je sentirai le vent frais, je laisserai mon âme partir, heureuse

Loridana

Quand j’étais petite, j’habitais en Roumanie dans la ville d’Oradia avec ma famille dans une grande maison avec mes parents et mes frères et sœurs. À 9 heures, je me lavais dans une bassine, mangeais des petits pains au chocolat avec du lait. Ensuite, j’aidais ma mère à faire le ménage et à préparer le repas. Je mangeais des pommes de terre avec de la viande, regardais la télé et allais danser avec mes copines. Le soir, je dinais à 20h avec ma famille et allais me coucher vers 23 heures.

Quand je suis arrivée en France à Paris, je suis allée dans un camp avec ma famille. Il y avait beaucoup de caravanes, quand j’ai vu ça je n’étais pas contente. Je suis restée un an, après j’avais l’habitude. J’ai appris à parler français, je suis allée à l’école trois mois : c’était bien !

Mamadou

Je viens de Bamako, au Mali. On vivait dans une grande maison blanche avec mes parents, ma sœur et mon frère. À 7 heures, je me lavais puis mangeais du pain trempé dans du café. Avec mes amis, on allait à l’école à pied. On était plus de 60 élèves en classe, on apprenait le français et les mathématiques. L’après-midi je rentrais chez moi, je mangeais des frites avant de retourner à l’école à 15h 30. À 17 heures, je faisais mes devoirs avec mon maître. Une heure après, chez moi, je regardais à la télé des clips d’Oumou Sangaré. Au dîner, vers 20 heures, on mangeait souvent du couscous ou du riz avec du poisson : du thiebou. C’était mon moment préféré de la journée.

Mon premier jour en France, j’étais content parce que je parle un peu français, ça m’a beaucoup aidé. J’étais accompagné par un monsieur qui m’a laissé tout seul à l’aéroport pendant six heures. Après j’ai vu un autre monsieur, il est noir mais ne parle pas banbara ni soninke – que français. Vraiment, je remercie beaucoup mon maître Aboulai Traoré parce que c’est lui qui m’a appris à parler en français.
Quand je suis arrivé à Paris, ce qui m’a surpris c’est le métro avec le train parce que je n’étais jamais rentré dans le métro avant ni dans le train. En fait je suis très très content d’être entré dans le métro et le train, je suis content et triste parce que ma famille me manque beaucoup avec mes amis. Quand je serai grand, je travaillerai pour ma famille.

Mohamed

J’habitais à Tripoli en Libye dans une grande maison toute blanche. À 8 heures, je me douchais et prenais mon petit déjeuner : du lait froid avec de bons croissants.
J’allais attendre le bus pour aller à l’école où on apprenait l’arabe et l’anglais. À 14 heures je mangeais de la pizza et des hamburgers dans la cour et je rentrais chez moi vers 14h30. Je regardais la télé et à 16 heures j’allais jouer au foot dans un terrain avec mes amis et j’étais très excité. Je rentrais chez moi vers 18 heures, prenais mon repas et regardais la télé avec ma famille, puis j’allais dormir vers 22 heures. Mon moment préféré c’était quand j’avais fini les cours parce que j’allais jouer au foot avec mes amis.

Quand je suis arrivé en France, j’étais très content et triste aussi parce que je quittais mon pays, mes amis, mon collège. Et content parce que je vais à l’école et que j’apprends de nouvelles langues. Le premier jour d’école, c’était bizarre, les cours ne sont pas comme avant et à la cantine je ne mange pas la même chose. Le premier jour au collège, la chose que je n’arrivais pas à comprendre c’est que quand ça sonne, on change de salle à chaque fois, et je ne comprenais pas non plus le carnet parce qu’en Libye on n’a pas ça. Et en France quand on n’a pas cours on va en étude au CDI, ça me surprend.

Quand je serai grand, j’habiterai dans une maison volante.

Nino

Quand j’étais petit, j’habitais à Pristina au Kosovo dans une maison avec mon frère et mes parents. Le matin, je me réveillais à 9 heures, me lavais le visage et les dents, puis je prenais mon petit déjeuner : une tartine de pain avec du chocolat, et du jus d’orange. Ensuite je jouais au foot avec mon frère et mon copain. À midi je mangeais de la viande et buvais de la soupe à la maison avant de regarder des films à la télé. À 20 heures, nous mangions souvent du poulet avec de la salade en regardant la télé. Vers 22 heures, j’allais me coucher.

Quand je suis arrivé en France, je suis venu avec ma famille. J’étais content quand je suis arrivé à Calais parce que c’est une grande ville, les gens sont gentils, ils disent bonjour. J’ai cherché quelqu’un qui parle serbe : j’ai trouvé une gentille dame, je lui ai demandé comment demander l’asile elle m’a dit « Viens avec moi. »

Quand je serai grand, je serai pilote.

Oumaima

Avant j’habitais à Burgos en Espagne avec ma mère et mon frère dans un appartement très grand. Après la douche, c’était des churros et du chocolat chaud au menu. Je partais à l’école à pied, en classe on était six élèves. À 13 heures, je mangeais à la maison – parfois de la paella ou du tagine préparé par maman. Puis l’école de 15 à 17 heures, le goûter à la maison, les devoirs et la télé. Souvent on se retrouvait à la Plaza Mayor avec mes amis, on jouait, on se promenait et on écoutait de la musique.

Quand je suis arrivée en France j’étais surprise parce qu’une amie nous a conduits dans un centre commercial et c’était très grand, le supermarché et aussi les autres magasins, les parcs aussi sont très grands. J’étais surprise parce qu’il y avait du monde, des magasins de vêtements de mariage, des cafés, des boucheries, des fruits... Il y a tout et même des jouets pour les petits enfants. Et moi je pense que c’est très bien : « Viva la France », j’aime bien la ville, ça va, je suis très heureuse.

Quand je serai grande, je serai une sirène pour nager dans tous les océans.
J’irai au parc, je sentirai le vent et l’amour.

Rafiq

Quand j’étais petit j’habitais au Bangladesh, à Dakka avec ma famille.
Le matin, je me réveillais à 7 heures, je prenais mon petit déjeuner, je mettais mon uniforme et j’allais à l’école.

Quand je serai grand, je volerai dans le ciel. J’irai voir le Taj Mahal.

Saba

Avant, j’habitais à Islamabad au Pakistan dans une petite maison avec mon frère, ma sœur et mes parents. Le matin, je prenais mon petit-déjeuner, j’enfilais mon uniforme et je partais à l’école toute la journée.

Quand je suis arrivée en France j’ai habité deux mois avec ma famille. J’étais contente parce que la France est un bon pays et à Paris toutes les personnes étaient gentilles. Je parle un petit peu français, ma famille aussi.
Ici, j’habite près de Lens, dans la ville de Sallaumines. Je suis très très contente d’aller au collège. Je parle bien français parce que j’apprends le français au collège Jean Zay.

Quand je serai grande, je serai professeur et j’effacerai toutes les leçons difficiles.

Salah

Je suis né au Soudan à Nyala. Je vivais dans une maison en branches avec mon grand-frère, sa femme, leur fille et leur garçon. À 6 heures, je me lavais dans une bassine avec l’eau cherchée au puits. Je mangeais une galette trempée dans du lait de chameau. Ensuite, je partais à l’école à pied. À l’école, on mangeait des fèves et du fromage de chèvre. Après, j’allais à l’école coranique et je jouais au foot. À 21 heures, on mangeait souvent du poulet au riz. Après, je regardais la télé et j’allais me coucher vers 23 heures.

Quand je suis arrivé en France, à Paris, avec un train venant d’Italie je cherchais quelqu’un qui parlait arabe pour demander mon chemin mais personne ne savait le parler. J’avais un peu peur. Dans la gare j’ai demandé à un monsieur noir où était le train pour Calais, il m’a expliqué.

Quand je serai grand, je partirai en Amérique, au Canada.

Salomia

Je vivais dans une grande maison avec mes parents et mes frères et sœurs à Oradia, en Roumanie. À 9 heures, je me lavais dans une bassine, prenais mon petit-déjeuner (du lait avec des petits pains au chocolat), aidais ma mère à préparer mes petites sœurs pour aller à l’école et les accompagnais. À midi je mangeais des pommes de terre avec de la viande en famille. Après, j’allais voir mes copines et mes cousins pour jouer, on dansait tous ensemble, on rigolait bien. On dînait à 20 heures, je me lavais et allais me coucher à 23 heures.

Quand je suis arrivée en France je suis allée dans un camp à Paris. La seule chose qui m’a étonnée c’est les rats : il y en avait beaucoup, et les gens qui faisaient la manche. On avait une cabane dans un camp où il y avait d’autres gens, c’était à Bobigny. Après on a mangé parce qu’on avait faim, puis on est partis à l’église, et après on est arrivés à la maison : on était fatigués, on a mangé et on est partis se coucher. J’étais contente parce que j’ai vu ma famille : mon oncle Daniel.

Quand je serai grande, j’effacerai les mauvaises choses.

Yazid

J’habitais à Batna en Algérie dans une très grande et belle maison avec mes parents et mes trois sœurs. À 6h50, je me lavais le visage, mangeais du pain avec du café et partais pour l’école à pied. Le directeur me donnait le drapeau que je devais hisser pendant que les autres élèves se rangeaient pour chanter l’hymne national. Après, on montait en classe, la maîtresse nous lisait un petit texte tout de suite et on commençait à travailler avec le livre d’arabe, puis les maths, puis le français. À 11h 30, on allait à la cantine où il y avait souvent des spaghettis (c’est mon plat préféré) avec du fromage. On partait chez nous à midi. Je jouais au foot avec mon cousin et mon voisin avant de retourner à l’école où on ne faisait pas grand-chose : du sport, du dessin et des petites chansons jusqu’à 17h30. Puis je rentrais chez moi et regardais la télévision.

Quand je suis arrivé en France j’étais très content parce que c’était la première fois que je montais dans des escaliers électriques, et attraper les valises c’est très amusant. L’aéroport est géant, il y a du monde qui fait la queue et beaucoup de policiers partout. Mon oncle est venu en taxi et quand il est entré dans l’aéroport on ne l’a pas reconnu parce qu’on ne l’avait pas vu depuis dix ans. Il était en train de parler au téléphone : on l’a entendu parler en berbère, c’est comme ça qu’on l’a reconnu, on lui a fait la bise. On est monté dans le taxi, et tous les quarts d’heure je disais à mon oncle : « On arrive quand chez toi ? ». Je regardais par la vitre, je voyais que les arbres étaient sans fruits et je ne comprenais rien parce qu’en Algérie, on plante les arbres pour les fruits, mais en France on plante les arbres pour faire beau. Je voyais aussi des gens qui s’embrassent, ils n’ont pas honte ? C’est pas comme en Algérie où on ne fait pas ça. Et quand je suis arrivé chez mes grands-parents, j’ai été étonné par l’interphone : on tape le numéro et il y a quelqu’un qui répond, le plus génial c’est l’ascenseur qui monte et qui descend, mais quand il bloque c’est nul.

Quand je serai grand, je boirai toute l’eau de la mer pour que les gens puissent aller là où ils veulent.

Ziad

Je vivais en Syrie à Al Raqqa dans une maison fleurie avec mes parents, mes deux frères et ma sœur. À 7 heures, je me douchais, mettais mon uniforme puis mangeais
du fromage de brebis, du pain, des fallafels, du concombre et une tomate. Ensuite je partais à l’école à pied, c’était à côté. Je rentrais manger du riz aux champignons avec ma mère à la maison. L’après-midi, je jouais au foot avec mes amis.
On dînait à 21 heures : souvent des œufs avec du pain, des tomates, de la salade et du fromage en buvant du thé. Après je regardais la télé avec ma famille et j’allais me coucher vers minuit.

Mes premiers jours en France, quand je suis arrivé à Paris, je suis parti à l’hôtel. Ce qui m’a surpris, c’est la tour Eiffel parce qu’elle est très grande, c’était très beau.
J’’allais me promener dans la rue, j’écoutais comment les gens parlaient, mais je ne comprenais rien. Je me suis dit : « Je vais travailler pour parler français avec les jolies filles. »

 Quand je serai grand, J’arrêterai la guerre en Syrie, j’effacerai tous les moments difficiles, je remplirai à nouveau l’Euphrate. J’irai à Paris, je sentirai le parfum de mon amoureuse.