Comme d'habitude

Plusieurs collèges de la Nièvre ont participé au « Parlement des invisibles des jeunes ». Ce texte a été écrit avec l’aide de la professeur de français de Cécilia, Lise Duwa.


Je sursaute. Je m’empresse d’éteindre mon réveil pour deux raisons : ne pas déranger mon entourage et le bonheur de mes oreilles. Il est 6 h 40 du matin, je me redresse légèrement pour regarder dehors. Le soleil et la lune ne sont pas au rendez-vous, les arbres de la forêt et ceux du jardin sont noirs sur un ciel bleu foncé. J’entends un bruit de voiture : mon voisin emmène sa fille à la gare, c’est signe pour moi de m’habiller. Cinq minutes se sont déjà écoulées. Je m’habille, baisse le chauffage et prends mon cahier d’allemand (j’avais révisé hier soir), ma montre, mes boucles d’oreilles, quelques euros. J’ouvre ma porte et la referme pour que les chats (surtout une) ne se fassent pas les griffes sur le tapis. Je descends l’escalier et, une fois en bas, j’enfile mes chaussures. J’aperçois Peluche, mon gros chat, attendant devant la porte alors je le fais rentrer et lui donne ses croquettes. Je me dirige vers la salle de bain, me brosse les cheveux avant d’aller dans la cuisine où, une fois assise, je mange mon croissant et bois mon verre de jus d’orange. Ensuite je range mon cahier d’allemand dans mon sac. Au même moment, ma mère et mon frère descendent l’escalier. Après tout ce petit remue-ménage, je traverse le couloir et entre dans la « chambre » des chats. Je fais un bisou à ma vieille Guismo avec laquelle je partage quinze années de souvenirs, à ma trouillarde de Katie et à la petite dernière, Luna, la plus gentille des quatre. Je leur donne à toutes leurs croquettes et un sachet de pâté. J’enfile mon manteau et mon écharpe et nous quittons la maison avec mon frère et ma mère pour rejoindre l’arrêt de bus. Avant, nous faisons un détour pour aller chercher Mélanie, ma copine, qui vit à un pâté de maisons plus loin pour l’emmener à l’arrêt de bus, comme toutes les semaines. Elle monte à l’arrière de la voiture, à côté de moi et elle nous parle de son petit chat qui a passé désespérément la nuit dehors.

Arrivés à l’arrêt de bus situé juste derrière le champ de mon cheval, nous attendons dans la voiture. Pendant que je cherche ma carte de car, les autres guettent l’arrivée du bus car d’où nous sommes, on le voit arriver de loin. Quand nous l’apercevons, je fais un bisou à ma maman et nous sortons de la voiture. Il est 7 h 34. Nous marchons sur quelques mètres et attendons dans le froid. À cette époque et cette heure-ci, nous sentons la brume sur notre visage. Le bus arrive et s’arrête devant Mélanie. Nous montons un par un. Je présente ma carte et dis bonjour au chauffeur puis je m’assieds à ma place habituelle, posant mon sac à côté de moi et rangeant ma carte tout en m’attachant. Mélanie s’installe derrière moi, comme tous les matins. Je regarde le château de Passy-lès-Tours depuis la fenêtre du bus. J’adore me promener en vélo et rentrer dans ce vieux château que beaucoup de monde pense inaccessible. Le chauffeur roula jusqu’à l’arrêt de Rébecca qui attend toute seule. Elle monte, et s’assied derrière Mélanie. Il reprend la route en direction de Sourde. Moi, pendant ce temps-là, je révise mon vocabulaire d’allemand que je connais déjà très bien. Beaucoup de personnes montent, dont Shéryline. Je lui rappelle qu’aujourd’hui, c’est l’anniversaire de notre déléguée Alexia. Elle se place derrière moi, donc à côté de Mélanie. Après les trois prochains et derniers arrêts, la musique et les cris commencent à monter dans le car et mes oreilles n’en peuvent plus ! Heureusement qu’ils sont dans les derniers à monter ! Après quelques minutes, nous arrivons devant le collège et descendons du véhicule. Avec mes copines, nous nous dirigeons vers les casiers. La sonnerie retentit. Nous allons nous ranger en S1 pour deux heures de physique-chimie. En première heure, nous faisons un contrôle et je suis sûre d’avoir au moins la moitié des points. Puis nous avons le droit à cinq minutes de pause qui me semblent bien courtes ! En deuxième heure, nous corrigeons les exercices à faire pour aujourd’hui et en faisons de nouveaux. La sonnerie retentit de nouveau. Cette fois-ci, elle annonce la récréation et je sors mes soixante centimes pour aller m’acheter un croissant ; j’en donne un petit morceau à Camille puis il est l’heure d’aller en français. Aujourd’hui, on travaille sur les valeurs des temps et nous enchaînons plusieurs exercices. Vu que je suis à la même table que Camille, on s’entraide, comme tout le temps en français. À un moment, je suis interrogée pour lire un texte et conjuguer les verbes entre parenthèses au bon temps et je reconnais que je suis assez fière de moi après avoir terminé.

J’attends sur un banc avec Camille et Shéryline, vu que les 3e mangent à 40. Nous parlons de ce qui s’est passé ce matin, des devoirs, des photos de classe. Puis nous descendons pour aller manger toutes les trois. Quelques minutes passent et nous pouvons enfin manger. D’un seul coup, tout le monde chante en chœur dans le self pour souhaiter l’anniversaire d’Alexia. Je joins ma voix à la leur avec plaisir. On sert en plat principal des brocolis et du bœuf bourguignon. En dessert, je prends du flan. Après avoir mangé, nous nous installons sur un banc et avec Shéryline, nous récitons notre allemand. Je surveille l’heure à ma montre et nous allons chercher notre sac. La récré terminée, il est temps de faire de l’allemand. Nous continuons l’activité sur les métiers puis, nous enchaînons avec deux heures de maths pour finir la journée. Comme c’est l’anniversaire d’Alexia, c’est elle qui doit aller au tableau pour corriger les exercices. Pendant ce temps, les autres et moi-même rendons les coupons pour la rencontre parents-professeurs à M. G. J’ai fait quelques erreurs mais globalement, mon travail est réussi. Nous copions beaucoup de leçons et faisons des exercices sur les fonctions. Le cours de maths terminé, je vais chercher mon manteau dans mon casier et cherche mes copines. Nous parlons du lendemain. Un car approche mais ce n’est pas le nôtre, puis le 513 arrive. Je dis au revoir à Camille et monte dans le bus. Pour partir, il faut qu’on soit tous attachés. Je pose mon manteau sur mon sac à côté de moi. Je regarde par la fenêtre ce paysage que je connais par coeur. Les arrêts s’enchaînent, les « au revoir » s’échangent. C’est maintenant à moi de partir. Maman est là. Nous rentrons directement à la maison.

En arrivant, je pose mon sac, échange mes chaussures contre mes patins, suspends manteau et écharpe. Je me prépare des muffins, du jus d’orange et mange dans un calme apaisant après le brouhaha du car. Une fois que j’ai fini de manger, je prépare mes affaires pour le lendemain et je commence mes devoirs. Je finis d’abord un petit exercice d’anglais qu’on avait déjà commencé en classe, je continue par l’histoire des arts puis par l’allemand où il faut apprendre du vocabulaire. Pour conclure, je révise mon cours d’histoire car un contrôle sur la première guerre mondiale est prévu. J’apprends avec ma maman, devant la cheminée et elle m’aide très bien. Pour me reposer un petit peu de cette journée, je me dirige vers la télé et regarde mon émission : « Une saison au zoo ». Ensuite, je prends ma douche. Mon papa rentre du travail et nous mangeons en nous racontant ce qu’on a fait aujourd’hui. Puis je me brosse les dents, prends mon classeur d’histoire et mon cahier d’allemand, je vais dans ma chambre et monte le chauffage. Je regarde la météo pour savoir comment je m’habillerai demain. Ma maman arrive et me fait réciter mes leçons. Elle m’explique ce que je ne comprends pas. Je me couche et mets la couette sur moi. Je regarde si j’ai reçu un message. Il y en a deux : un de Shéryline qui viendra demain et un de Léa P. qui sera là aussi. Je tourne la page de mon calendrier perpétuel, mets mon réveil à sonner pour le lendemain puis, je m’endors dans les bras de Morphée.