La sonnerie retentit

Plusieurs collèges de la Nièvre ont participé au « Parlement des invisibles des jeunes ». Ce texte a été écrit avec l’aide de la professeur de français d’Adrian, Lise Duwa.


7 heures, un lundi d’octobre à La Charité sur Loire. Le réveil vient de sonner. La tête dans le brouillard, je peine à me lever. Il est 7 h 05 quand je sors du lit pour aller déjeuner. Je mets du lait dans mon bol, le fais chauffer, prends le Nesquik et les céréales. Je peux commencer à manger. Comme tous les matins, je prends la direction de la salle de bain à 7 h 15. Je m’habille, me lave les dents. Puis je peux aller jouer de la guitare en attendant qu’il soit 7 h 40, j’enfile mes pompes, ma veste et direction le garage. Ma mère ouvre le portail, met le contact et démarre. Nous parcourons notre itinéraire habituel : rue de la Mouchetterie, la vallée Bégat et enfin la ligne droite de l’avenue du Maréchal Leclerc pour arriver au rond-point devant le collège où quelques cars, comme chaque matin, bloquent la circulation. Nous sommes partis en avance et pourtant il est 7 h 53 sur l’horloge du tableau de bord de la voiture. Une fois arrivé, je rejoins mes potes, dis bonjour, discute de tout et de rien avant de rentrer pour huit heures de cours. La sonnerie retentit.

Direction la case E5 pour aller en histoire. La journée sera longue. On commence avec les feuilles d’exercice de géo, on répond à quelques questions puis on copie du cours. Le programme habituel quoi ! Je demande l’heure à Christopher qui me dit qu’il ne reste plus que deux minutes. Plus qu’anglais et EPS pour finir la matinée. On se rend en anglais. Comme d’habitude, Baptiste et moi, nous ne nous rappelons plus du numéro de salle, donc obligation de sortir le carnet : chaque jour une salle différente mais le Lundi, c’est B3. Le cours commence par un traditionnel « Hello » et c’est parti. L’heure passe assez vite car je suis à l’aise en anglais. On a vu du nouveau vocabulaire et des points de grammaire. La sonnerie retentit : c’est l’heure de la récré.

Passage au casier pour déposer le sac de cours et garder le sac de sport. On se réunit comme à notre habitude au soleil, dans la cour, car en septembre, « ça caille ». On discute actus, jeux vidéos, des parties qu’on a fait le week-end. Ça y est, il va falloir aller transpirer. Le prof arrive, compte le petit troupeau que notre classe forme et nous partons pour le gymnase. Une fois sur les lieux, les filles et les gars se dispersent pour aller chacun dans leur vestiaire habituel. Discussion, blague : tout y passe. Une fois changé, direction le terrain, muni d’un ballon. C’est parti pour cinq minutes d’échauffement puis on s’oriente sur des matchs. Les équipes se forment, on prie chacun de notre côté pour ne pas tomber sur un(e) boulet. Les matchs s’enchaînent comme les minutes et il est maintenant 11 h 50. On doit ranger le matériel, se changer et rentrer au collège. Pile au moment où l’on arrive, la sonnerie se déclenche. Je me rends à mon casier avec Baptiste et l’on dépose toutes nos affaires (sacs et vestes). Il est maintenant temps d’investir un banc en attendant 12 h 30 pour manger. Victor, Quentin, Thomas, Siméon et Benoît viennent nous rejoindre. Nous parlons du devoir commun de demain en espérant que l’on aura le temps de le finir celui-là, car celui de la semaine dernière était beaucoup trop long. Il est 12 h 30, notre groupe descend en voyant que c’est aux 6e qui devaient passer à 12 h 10. Comme d’habitude, on attend en bas, toujours en discutant, le moment où David criera « 3e 3/3e2 ! » Les fameux mots ont été prononcés, nous nous dirigeons vers le tableau, nous prenons nos cartes et nous nous orientons vers le self. Je prends du fromage et le plat, plus quelques morceaux de pain car comme d’habitude, le repas n’est vraiment pas un délice. On balaye le réfectoire du regard à la recherche d’une table, mange le très peu de choses que chacun a pris tout en discutant et nous reprenons notre chemin vers la sortie.

Il est 13 h 20. À quelques minutes de la sonnerie, Baptiste et moi, nous nous dirigeons vers les casiers pour prendre nos sacs de cours avant de nous ranger en B3 pour l’allemand. L’heure passe tellement lentement que j’ai l’impression que la trotteuse de l’horloge recule. Soulagé, j’entends la sonnerie et prends la direction du français à deux salles de l’allemand. La journée est presque finie, plus que deux heures. Nous commençons avec une correction d’exercices puis la rédaction d’une synthèse qui nous emmènera jusqu’à la fin du cours. Les dernières lignes écrites, la sonnerie me fait comprendre qu’il reste l’heure de math. Baptiste et moi, nous nous rendons au casier pour récupérer toutes nos affaires et prendre la direction de la case S5. Nous nous asseyons et restons dans le calme. La fatigue a pris le dessus sur nous. Les rangs se forment, les profs arrivent un à un et c’est parti pour la dernière heure. Les exos, les traces écrites pour la leçon sont les principales activités du cours, je me pose quand même une question : quel est l’imbécile qui a eu l’idée de mélanger les chiffres et les lettres ? Les minutes passent lentement pour quelqu’un comme moi qui déteste les maths. Encore deux minutes. Je note les devoirs pour demain et range mes affaires. Le prof donne l’accord pour sortir et dans un grand boucan, nous quittons la salle sans demander notre reste.

Je suis sorti du collège, me rends à la voiture pour rentrer à la maison. Là, je quitte mes chaussures, ouvre le tiroir à gâteaux, prends mon goûter, fais mes devoirs et reste sur l’ordinateur jusqu’à 18 h 45. Les parties de LOL (League of Legend, un jeu) s’enchaînent. Il est temps de déconnecter, d’aller se faire à manger, de se laver pour partir à mon cours de guitare et d’improvisation. Je joue les morceaux que j’ai travaillés tout au long de la semaine pour rectifier les défauts et pour être opérationnel pour la musique actuelle du vendredi. Mon cours se termine et tout de suite, toutes les personnes qui sont là pour l’improvisation rentrent ; c’est parti pour deux heures. L’impro vient de se terminer, il est 22 heures. Je rentre chez moi, me mets en pyjama, me couche pour attaquer une autre journée chargée demain.