JOURNAL D’UN SCHIZOPHRÈN (...)

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En 2013, je rencontre Anne au Secours Catholique. Elle me téléphone le 14 juillet pour aller voir le feu d’artifice. Moi qui ai l’habitude de resté reclus chez moi, je refuse. Elle me téléphone à nouveau pour aller écouter de la musique jazz manouche dans un parc, je refuse encore. La semaine suivante elle m’appelle une troisième fois pour du jazz plus classique, cette fois j’accepte. De concert en concerts nous fessons plus ample connaissance. Elle me plaît et un soir lors d’un concert moins bien que les autres, je lui propose d’aller s’asseoir sur un banc au bord de l’eau dans un coin plus calme. Elle accepte, nous discutons et en une phrase (que je ne citerais pas ici pour garder un coin de mon intimité), elle fond et notre histoire commence.
Avocate à l’origine elle vit seule, elle a mon âge et a 3 fils dont un non désiré sur le tard + 1 décédé très tôt.
Une femme formidable forte moralement au caractère bien forgé, intelligente, naturelle, non influencée par ce que je nome plus haut ma perception de la société. Elle est aussi venue vers moi. Me croyant simplement dépressif elle a cherché à en savoir plus sur moi. Elle a accepté ma maladie.
Victime d’usurpation de d’identité par sa mère, spoliée de son héritage, et atteinte 2 de maladies génétiques dégénératives. Maintenant en impasse thérapeutique. Elle a eu l’intelligence d’avoir un entretien avec moi pour me dire quelle n’allait pas devenir une vielle dame et que pouvais refaire ma vie.
Il y a matière à écrire un livre sur ses malheurs passés et présents.
Sexuellement elle n’avait connue qu’un homme dans sa vie. Son ex-mari qui n’a été intéressé que par une chose « faire des enfant ». En gros je pose ma graine et je me barre en voir une autre. J’avais tout à lui apprendre sur le sujet.

En 2017, je sue énormément et anormalement depuis des années et décide après un long combat avec ma généraliste et de ma psychiatre de faire une exploration hormonale. Ils fessaient la sourde oreille jusqu’au jour où ma psychiatre accepte de me faire une ordonnance pour une exploration thyroïdienne qui ne décèle rien d’anormal.
Suite à cela je consulte un endocrinologue qui m’ausculte de la tête aux pieds et me fait faire une prise de sang et une analyse d’urine sans oublier de me préciser que mon testicule restant est atrophié, je vois a son air qu’il a le plus grand mal pour trouver la petite boule qui reste. Cette remarque va certainement améliorer mes relations avec le sexe opposé. Je mets un moment à intégrer cette observation sans grande surprise étant donné que j’étais très anxieux à l’idée de cette visite médicale.
Je n’ai pas encore les résultats des analyses mais je m’attends au pire.
Donner moi maintenant une bonne raison de sortir de chez moi hors mis les obligations. Si je ne tiens pas compte de l’évolution industrielle, scientifique et autre de l’homme, je me considère comme un sapiens sapiens. Hors :
— je n’ai pas besoins d’aller à la chasse pour manger
— je n’ai pas d’envies sexuelles pour la reproduction puisque je risque d’engendrer un enfant handicapé. Dans le même domaine la jouissance me procure au mieux une déception, au pire des douleurs dans tout l’appareil génital.
— je ne travaille pas pour gagner ma vie et mes revenus ne me permettent pas d’assouvir des envies matérielles et de loisirs.
— J’ai parfois une peur panique en société.

5 –

Voilà ma vie, mon passé. Je me suis construit sur des moments de douleurs et ils ne veulent pas s’effacer de mon esprit. Il me faut vivre avec maintenant.
Les médecins me disent que ces événements n’ont pas contribué à ma schizophrénie, pas contribué ! Eux qui ne sont pas capable d’expliquer l’origine de ce trouble psychiatrique.
Bien sûr je ne connais pas la vie des autres comme je connais la mienne, mais je vous assure que les quelques personnes dont je connais la vie troublée sont également des cas psychiatriques sans qu’ils en soient conscients pour certains d’entre eux. Moi je progresse d’années en années avec des phases fluctuantes et je me tiens debout grâce à mon traitement et à mon suivi en consultations.

6 – Pensées

Puits sans fond
Exercice d’écriture automatique

Pris dans l’inertie de la vie,
les tourbillons m’emportent vers une abîme sans fond.
Mes pieds touchent un sol spongieux à la couleur infidèle,
ils s’enfoncent jusqu’à la cheville.
Mes entrailles me crient dans une atmosphère humide
— « sombre, vas plus bas ».
Les parois sont lisses comme une peau de bébé.
Ont pourrais presque s’y sentir bien, bien au fond,
là où personne ne s’aperçoit de sa détresse ; comme dans un cocon.
Je lutte en fessant passer mon poids d’un pied sur l’autre.
Qu’attendre de cette vie tant que mes entrailles crient.
Tant que je les entends me dire de fuir, de haire, de ne plus me donner le droit d’aimer.
Ma bouche reste perpétuellement ouverte
pour y recevoir tout ce qui peut y passer pour combler le vide ;
celui qui attend, celui qui prétend par son absence vouloir me combler.
Et que dire de se ventre tendu devant moi ?
Se tend-il vers le futur à la couleur de l’encre de seiche.
Mes yeux restent secs à la vue du grand tout.
Tout ce que je vois, tout ce que j’ai vu, toute la misère et la décrépitude.
Mes oreilles restent sourdes aux coups de pieds qui me sont lancés ;
elles ne veulent pas entendre les suppliques des sages qui restent dans l’utopie.
Les nerfs de mon corps tout entier n’ont de cesse d’être inondés d’impulsions putrides ;
ils réagissent mollement à des coups assomment.
Sortir de ce trous ; mais pour aller où ;
dans un trou plus grand aux bords rutilants ;
là où les êtres vives restant chacun sourds et aveugles aux autres et se servant de leur bouche pour parler.
Quel profond désarroi que celui d’être moi et de ne pas être ça.

Les tabous :

J’ai des envies de transgression mais après réflexion, je me dis que les tabous ont été inventés par les hommes pour se protéger d’eux même. Ils ont donc une utilité n’en déplaise aux hordes de braillards qui crient à tu tête « à bas les tabous ».

Le vide :

La matière est constituée d’atomes. Un atome c’est Un noyau, autour duquel se trouve un “nuage” d’électrons.
Entre les 2 riens, du vide.
Le noyau d’un atome est de l’ordre de 10^-15m de diamètre.
Le nuage d’électron est lui de l’ordre de 10^-10m de diamètre.
En bref, les électrons sont éloignés de l’ordre de 100.000 fois plus loin du centre du noyau que la “surface” du noyau lui-même.
A une dimension planétaire pour se faire une idée.
— Le soleil a un diamètre de 1 392 000 km.
— Un objet 100.000 fois plus éloigné du centre du soleil que la surface du soleil se trouve à 70.000.000.000 km du centre du soleil.
— Pluton est à 6.000.000.000 km du soleil, soit environ 10 fois moins.
En gros, la planète électron se situe 10 fois plus loin du soleil que Pluton qui est aux confins du système solaire.
Rien entre les 2 !
Alors que voyons-nous ? Lorsque l’on regarde quoi que ce soit de l’élément le plus dense (d’une montage à une plume) à celui le moins dense (un gaz, de l’air …), ont vois la lumière du soleil notre source de lumière naturelle ou toute autre source de lumière artificielle (par réfraction / réflexion / absorption / émission) sur ces éléments dans un spectre visible par l’homme qui est assez limité
Seulement voilà, les objets, les formes et les couleurs sont créées par les différents agencements d’atomes et de molécules.
Alors quelle est la réalité puisque nous voyons une lumière dans un spectre limité qui interagit avec une matière constituée majoritairement de vide.
Si l’on ajoute à ça les notions :
— de temps (la vitesse de la lumière est-elle interféré par sa rencontre avec un atome ? l’échelle de temps est-elle modifiée lorsqu’elle pénètre la matière ?),
— de changement d’état de la matière qui est excité ou non,
— de dimensions, puisque nous fessons partie intégrante de celle-ci au niveau atomique,
Et que sais-je encore.
Quelle est la réalité qui nous entourent, dont nous sommes également constitués ainsi que l’univers ?
Nous somment bien loin de le percevoir.
Bien sûr je ne suis qu’un petit scribouillant amateur de SF alors je laisse les scientifiques s’occuper de tout ça. Seulement voilà, la science est un puits sans fond en perpétuelle évolution.
Pendant ce temps-là j’imagine que la dimension d’une galaxie n’est pas celle qui est acquise, qu’un rocher n’est pas obligatoirement une chose inanimée, ne ressentant rien et ne contenant aucune forme d’ « intelligence », si je puis-dire. Moi pendant ce temps-là j’imagine.
Et comme nous vivons dans un monde dominé par les images : Ont parlent souvent de l’instant T sensé définir un instant immuable et définit dans le temps, mais sommes-nous capables de le voir ?
Si l’on tient compte :
— de la vitesse de la lumière et de ses longueurs d’ondes,
— de la fréquence de changement d’état de la matière impliqué par la réception de cette lumière ainsi que des variations de température,
— du temps de réaction du corps humain et/ou d’un appareil pour enregistrer l’image qu’il perçoit réduit à un spectre limité,
— et bien sur des mondes imaginaires qui peuplent la matière au niveau atomique et/ou cosmique.
Que ce passe-t-il à cet instant T ?
Sortez votre appareil photo de son étui, viser, faites le point….. clic.
Moi pendant ce temps-là j’imagine.
Pour conclure je ne parle là que de la vue, nos 4 autres sens sont tout aussi limités, je peux donc encore imaginer.
Je suppose que ce n’est pas avec cet état d’esprit que je peux appréhender l’autre comme un homme égal à moi-même et digne d’attention puisque je considère que tout ce qui m’entoure ainsi que moi-même n’est qu’une perception visuelle éphémère et que mon corps fait partie de ce tout.
Le vers de terre :
Je suis assis dans le jardin lorsque j’aperçois à quelques pas de moi un verre de terre en piteux état, apporté par un oiseau ou quelqu’un ayant marché dessus. Il gît sur le goudron, recouvert de terre et je dois l’observer longuement pour percevoir un mouvement signifiant qu’il est encore en vie.
Je me dis alors « une forme de vie supérieure et imperceptible existe t-elle ? » « dieux existe-t-il ? »
J’ai en effet le pouvoir de vie et de mort sur cet animal sans qu’il n’en soit conscient. J’ai également le pouvoir non pas de guérir (vu son état) cet individu mais de faire évoluer son espèce génétiquement dans le sens que je désire.
Tout est relatif comme disait l’autre.