Open space Opéra

Quand on arrive dans l’open space le matin, on ne sait pas s’il faut dire bonjour à la cantonade, au risque de déranger les gens déjà au travail, ou bien s’il faut faire comme si on ne voyait personne, ce que certains n’apprécient pas. Donc on dit bonjour du bout des lèvres. Ceux qui ont envie de lever la tête lèvent la tête, mais on les a dérangés. Du point de vue des relations humaines, ce n’est pas convaincant.
C’est un plateau où travaillent des centaines de personnes. Il y a des cloisons vitrées, mais l’impression d’ambiance est que tout est ouvert. En tant que manageur, responsable d’une équipe de 6 personnes, je suis partagé. J’apprécie d’être au niveau de mon équipe. Nous nous voyons, ça fait un peu comme une famille. Et en même temps, je ressens l’open space comme une forme d’aménagement des bureaux qui entretient l’agitation et le stress. On entend quand il y a des gens qui se fâchent, même si on essaie d’en faire abstraction. On s’interpelle d’un bureau à l’autre, je trouve que ça donne un coté agressif aux échanges. Quand j’ai besoin de discuter en particulier avec quelqu’un de mon équipe, je vais à son poste pour éviter de lui parler fort devant tous les autres. Sauf que je dois circuler entres les bureaux, ce qui attire l’attention, et la personne me voit arriver de loin : "Excuse-moi, je voulais te demander si...". Le dérangement est permanent pour tous.

La suite de ce récit est à découvrir dans le livre "Vous faites quoi dans la vie ?", aux Éditions de l’atelier.
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