Dans l'ombre des élus

Le parcours professionnel d’un « collaborateur d’élus », qui fait la lumière sur ce métier .


J’ai eu longtemps des difficultés, y compris avec mes plus proches amis et parents, à expliquer ce que je faisais de mes journées de travail. Que vous soyez médecin, femme de ménage, juge ou plombier, tout le monde peut s’imaginer – à tort ou à raison – ce à quoi peuvent ressembler vos activités quotidiennes. Dans mon cas, après avoir indiqué que je suis « collaborateur d’élu », la plupart des gens éprouve le besoin de me poser la question : « Ça consiste en quoi au juste ? »
Soucieux de ne pas laisser mes interlocuteurs sans réponses (et peut être aussi par peur qu’ils s’imaginent que je ne fais pas grand-chose), je me prête bien volontiers à une tentative de définition. Il n’est cependant pas rare que la personne à qui je m’adresse perde vite le fil de la conversation. Deux cas typiques se posent alors à moi : soit mettre un terme à mon explication face au silence perplexe de mon interlocuteur, soit rebondir vers une digression sur le dernier évènement politique national (évènement naturellement très éloigné de mon quotidien), porte de sortie idéale à la conversation.

Face à la difficulté de saisir ce qu’est un collaborateur d’élu, j’ai déployé mon énergie à tenter de faire connaître mon métier. Cela m’apparaît d’autant plus important que, moi-même, avant de débuter ma carrière, je n’avais pas véritablement d’idée sur le quotidien de ce métier. Ainsi, j’ai même développé un site Internet, histoire de mettre en lumière ce travail de l’ombre qui concerne, dit-on, peu ou prou 20 000 personnes dans notre pays.

S’il est difficile d’expliquer ce que sont nos métiers, c’est aussi bien parce qu’ils sont peu connus, que parce qu’ils revêtent des réalités bien différentes. Entre le collaborateur parlementaire qui travaille auprès d’un député au Palais Bourbon ou, un collaborateur de cabinet qui, comme moi, officie dans une collectivité territoriale, il y a parfois un monde qui nous sépare. Pour autant, dans les mécanismes et les fonctionnements de nos activités, des similitudes évidentes se font jour.
Alors, après sept années au service de trois élus différents (un député-président de conseil général, un président de conseil général et un maire), je poursuis l’objectif de mieux faire connaître mon métier, à travers le projet « Raconter la vie ».
Pour commencer, je vais donc employer une petite formule que j’ai fini par trouver (la plus pédagogique, quand bien même je ne trouve pas qu’il s’agisse de la plus valorisante) celle de la « voiture de fonction ».
Il convient de préciser cette métaphore. Tout le monde sait ce qu’est une voiture, n’est-ce pas ? Et chacun comprendra ce qu’est une voiture de fonction, c’est-à-dire une voiture qu’on a donnée à quelqu’un dans le cadre de ses fonctions… Eh bien moi, collaborateur, je suis un peu comme la voiture de fonction de l’élu : je suis un moyen à sa disposition, rémunéré par l’institution dont il est le chef, pour faciliter son travail au quotidien.

Auparavant, lorsque j’essayais de développer les différents aspects de mon métier, et notamment les plus passionnants, il n’était pas rare que mon interlocuteur décroche au bout de… deux ou trois minutes d’une attention pourtant soutenue au départ. Depuis que je me présente comme une automobile, mes interlocuteurs sont désormais beaucoup plus à l’écoute, ma tentative de définition est beaucoup plus courte, et généralement, les gens me disent : « ah, oui, je vois bien »… Je n’en suis pas toujours certain, mais admettons que c’est la meilleure réponse que j’aie pu entendre. Donc, je garde l’image, et je vous propose d’en détailler la variété des couleurs dans ce qui va suivre…
Voilà, donc, je me présente, je m’appelle Jérémie, je suis collaborateur d’élu, et pour me faire comprendre, il faut que je raconte que je suis une voiture. Comment, diable, fait-on pour en arriver là ? Je crois tout simplement que tout a commencé par un échec…

On ne naît pas collaborateur d’élu, on le devient

Il arrive que je prenne du temps pour faire quelques recherches sur mon propre métier. Dans une des rares études sur les collaborateurs d’élus que j’ai pu trouver sur la toile, j’ai découvert celle de Sébastien Michon, du CNRS, intitulée « Devenir professionnel de la politique », publiée en 2009. L’auteur indique qu’un poste de collaborateur constitue « un moyen de surmonter des déceptions scolaires ». A cet égard, je crois bien pouvoir affirmer que telle fut la logique qui présida à mon entrée dans la vie active, en 2007, lorsque je signai mon premier contrat de collaborateur d’élu.
Entré à l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble en 2002, j’y suis un étudiant discret, dans la moyenne, dont les résultats sont à peine troublés par de légères déconvenues comme d’agréables surprises. Affilié à la section « service public », et en pleine réforme « LMD », nous sommes fortement incités à poursuivre un « Master 2 », qui s’apparente à une 5e année (le cursus de l’IEP n’en compte que quatre à l’époque). Sans véritables projections professionnelles, comme quelques-uns de mes compagnons de « promo », je suis accueilli en préparation aux concours de l’ENA. Erreur d’orientation fatale.

N’ambitionnant que les concours les plus côtés – l’ENA, donc, et les Affaires étrangères – je regarde mes camarades s’échiner à préparer les concours de la fonction publique territoriale, jugés plus accessibles (et pourtant ô combien difficiles). En quelques semaines, tout bascule. Les concours qui étaient à ma portée ne présentant absolument aucun intérêt pour moi, je prends conscience pour autant de la difficulté, voire – disons-le clairement – de l’impossibilité pour moi d’accéder à l’ENA : pas tout à fait décidé à m’engager dans ce marathon, j’ai en plus une aversion pour le bachotage, dimension essentielle de la préparation. Mes premiers oraux sont dramatiques. Je prends rapidement conscience que je ne passerai jamais les mailles du filet tendu par ce concours. Faisant preuve de résilience, je réfléchis à une nouvelle orientation. Sans grande conviction, je passe quelques écrits de concours d’école de commerce et de journalisme. Les oraux, là encore, confinent à une épreuve de tauromachie.

L’été 2007 arrive, et avec lui, la fin de la préparation aux concours administratifs. J’ai le souvenir de la campagne présidentielle, que je suis à distance en compagnie de mes camarades transformés en « bêtes de concours ». Progressivement, il faut me rendre à l’évidence, j’échoue aux épreuves d’entrée des masters qui pourraient m’intéresser, et mes moyens financiers sont réduits à la portion congrue. J’ai besoin d’action. Je me pose alors la question de ce que peut faire un diplômé d’IEP, sorti de section service public. L’émulation politique du moment m’amène alors à une idée, un peu refoulée, mais que je gardais à l’esprit depuis un moment : devenir « assistant parlementaire ». Une nouvelle législature vient de débuter, je n’aurai pas besoin de Master 2, je pourrai disposer au plus vite d’un salaire… La libération !
Après quelques réflexions utiles, je me donne les moyens de cet objectif : tout ce que comptent le Sénat et l’Assemblée nationale de parlementaires assimilés à ma sensibilité politique reçoit une candidature de ma part. Ajoutées à cela pas mal de tentatives infructueuses dans le milieu des ONG, j’aurai envoyé 652 courriers. Un chiffre que je ne saurais oublier, même frappé par la maladie d’Alzheimer.
Ils seront deux à accepter de me recevoir en entretien. Et encore. Un et demi. La première réponse émane d’un député. Enfin… De son collaborateur parlementaire. Celui-ci est sur le départ, et a pour mission de trouver son propre remplaçant. Je comprends rapidement que c’est d’ailleurs lui qui m’a répondu, et non le député en question, que je ne verrai jamais… Cette première tentative n’aboutira pas.
Quelques semaines plus tard, après avoir essuyé de nombreuses lettres négatives (quoi que sympathiques au demeurant), une deuxième réponse arrive. Il s’agit à nouveau d’un député, cumulant avec un mandat de président du Conseil général. Je suis reçu en octobre. Cependant, l’idée serait de me recruter non pas pour être « assistant parlementaire », mais pour m’intégrer à son cabinet… Je suis perplexe mais feint l’air entendu. Pourtant, je me pose instantanément la question « mais, c’est quoi son cabinet ? ». Je comprends tout de même rapidement ce que je n’avais tout simplement pas soupçonné au départ, parce qu’on ne me l’avait jamais dit. Les maires, présidents de Conseils généraux et régionaux, disposent eux-mêmes d’une équipe… Des « assistants parlementaires », mais dans les collectivités locales.
Dans l’immédiat, j’ai assez peu de latitude pour refuser. Je me découvre alors un véritable enthousiasme dès mon entrée en fonction. Il faut dire que l’élu – fût-il local – exerce un pouvoir d’attraction presque magnétique. Avec quelques apparitions de mon nouveau patron dans les médias nationaux, et un coup de fil de ma grand-mère pour m’indiquer qu’elle a « vu sa photo dans VSD », j’ai le sentiment d’œuvrer pour quelque chose – quelqu’un – d’important. Ça donne du sens. Surtout quand on est arrivé là un peu par hasard.

Mon « tournant de la rigueur » s’opère ensuite assez rapidement. Après quelques mois, entre décembre 2007 et mars 2008, je trouve quelques limites à mon appétit d’action. Dans un grand cabinet, je reste confiné au rang de « nouveau », subalterne de collaborateurs autrement plus expérimentés et retors. Je profite alors des élections cantonales et municipales de 2008 pour prendre de nouvelles orientations : ce sera soit Paris, soit ma région d’origine.
Fort de ma première expérience professionnelle, j’envoie à nouveau des lettres de motivation, beaucoup plus ciblées. Et cela fonctionne. Plusieurs propositions me sont offertes. Je fais le choix de ma région natale. En fait, c’est à ce moment-là que commence véritablement ma carrière de collaborateur d’élu. Je resterai quatre ans et demi en poste dans ce nouveau Conseil général, avant de signer un troisième contrat, dans une mairie cette fois. J’ai aussi dans l’idée, modeste mais déterminé, de m’engager en politique, en tant qu’élu. J’ai là des attaches, et le fait d’être du « cru », avec un bon parcours universitaire, encourage mon nouveau patron et son équipe à m’accueillir.

Ainsi repensai-je au fameux adage de Nietzsche : « Deviens ce que tu es ». En effet, je n’aurais pas soupçonné un seul instant vivre tout ce que j’ai connu depuis les débuts de carrière professionnelle. Clairement, une fois nommé collaborateur d’élu, il faut ensuite le devenir, parce qu’au-delà des compétences techniques dont on dispose (et selon les parcours : sciences politiques, droit public, communication, etc.), beaucoup de choses s’apprennent sur le tas – et pas nécessairement dans les conditions les plus « douces ». Sans guide et dans la pénombre, il m’a donc fallu devenir ce que j’étais théoriquement par « arrêté de l’autorité territoriale » : un collaborateur d’élu. Et tout cela n’allait pas de soi.

Soldats de l’ombre

Si la politique est un combat, le collaborateur d’élu y est assurément un soldat d’élite. Et j’ai d’abord dû faire mes classes…
Disons tout d’abord que partant d’une automobile standard, j’ai acquis un certain nombre « d’options ». Ce qui fait d’ailleurs tout le charme du métier. Car, si l’on arrive là avec quelques compétences-clefs, la réalité de notre quotidien de soldat de l’ombre dépend de notre élu-employeur et des missions qu’il nous confie. En d’autres termes, on ne fait pas la même chose partout avec tout le monde.
En premier lieu, le travail de collaborateur d’élu s’avère d’abord un travail de collecte, de synthèse et d’analyse de l’information. Face à la complexité du monde, de la société, de la vie collective, et parce que les élus sont appelés à gérer, en définitive, à peu près tout en un temps record, notre travail consiste tout d’abord en un pré-mâchage en règle de toutes les informations intéressant ou pouvant intéresser l’élu en question.

Faire la revue de la presse quotidienne régionale, rédiger des synthèses de l’actualité nationale, sur des sujets plus ou moins précis en fonction des centres d’intérêts de l’élu-employeur, compulser et compiler les notes et rapports institutionnels… Disons-le simplement, tout y passe ! L’idée est ensuite de porter un regard politique sur toutes les questions traitées, faire quelques rapprochements avec les cadres juridique, économique, social, les spécificités du territoire et de ses habitants, etc. Sens de l’analyse, formation généraliste et bonne plume sont donc des atouts indispensables pour débuter, car de cette vaste littérature, il faudra sortir des argumentaires qui permettront ensuite de rédiger des discours pour les interventions publiques de l’élu, de préparer ses points presse ou encore les séances publiques des assemblées délibérantes (conseils municipaux, séance du Conseil général ou régional, etc.). Associés à ces réunions, nous sommes également occupés, en amont, à réaliser une veille sur l’activité politique des autres élus, des autres formations politiques…
Au-delà de ces missions fastidieuses mais passionnantes, je passe un temps assez conséquent à traiter les sollicitations de citoyens infortunés, par courrier ou en les recevant dans mon bureau. Ce sera d’autant plus le cas lorsque je travaillerai pour un maire. Elu de proximité, c’est un peu la personne à qui parler en cas de pépin. Et souvent, ma tâche est de trouver des solutions – ce qui peut souvent s’apparenter à la résolution d’équations insolubles.

Je m’arrête un instant sur cette mission particulière. « Emploi, logement, naturalisation ou carte de séjour », plus rarement « Voirie, contentieux judiciaire » (principalement avec le voisin, parfois avec l’Administration elle-même), « Insécurité », « Dérogation à la carte scolaire », ponctuellement « Demande d’annulation de procès-verbal ». Voilà, en gros ce qui fait le lot quotidien du collaborateur de cabinet recevant dans son bureau, pour le compte du maire, les administrés en détresse qui fleurissent dans un territoire marqué plus que d’autres par la crise.
En réalité, nous recevons tout ce qui ne rentre pas directement dans les clous des services « sociaux », tout ce qui n’entre pas dans les procédures, et tout ce que ne font pas les urgences hospitalières, la police nationale et les associations humanitaires... Du coup, ça nous laisse, à nous aussi, le loisir d’observer les mutations de la société. Les histoires sont souvent touchantes ou rocambolesques, prêtent à sourire ou donnent à pleurer – il y en a quelques-unes qui sont parfois effrayantes ; ceux qui aiment les sensations fortes y trouvent résolument leur compte.
Il arrive aussi qu’on soit obligé de dire « non », et c’est à nous de le dire, parce que l’élu ne doit pas être positionné en première ligne. Question d’image. De fait, à l’ombre de la lumière, on prend l’averse avec le parapluie à la main, mais celui-ci se trouve au-dessus de la tête de l’élu. Etre collaborateur, c’est aussi avoir l’abnégation d’être le seul à prendre la douche par « gros temps ».
Ensuite, il s’agit pour moi d’expérimenter des missions de gestion. La gestion des activités politiques, telles que l’agenda avec tout ce que cela comporte, les séances publiques des assemblées délibérantes (et tout le cheminement de la décision), parfois aussi le parti politique et les militants… Ces missions figurent sans doute parmi les plus complexes à illustrer.

Sur l’agenda, c’est assez simple, du moins quand ça fonctionne bien. On se retrouve autour de la table une fois par semaine, on brosse les deux ou trois semaines qui arrivent, on fixe les tâches de chacun : les préparations d’interventions, les temps de trajets, les invitations aux participants, parfois quelques coups de fil pour avoir une note d’ambiance sur l’état dans lequel l’élu va trouver la salle en arrivant. Pour les séances publiques, c’est un peu la même chose, sauf que là tout est bien rodé, et c’est surtout l’Administration de la collectivité qui gère les contenus, rapports et délibérations. Au cabinet, on est plus attentif aux humeurs, on prépare les argumentaires liés à l’actualité locale pour que le patron ou sa majorité ne manque pas de billes en cas d’attaque en règle de l’opposition. Souvent, ce qu’on a préparé passe à l’as, la minorité arrive toujours là où on ne l’attend pas. Du coup on « googlise » frénétiquement derrière notre PC des bribes de réponses. Le moteur de recherche nous sauve, dans ces moments-là, du grand moment de solitude.
En lien avec ces affaires de gestion du quotidien, nous sommes souvent appelés à suivre des « dossiers », qui sont répartis de manière thématique entre les membres de l’équipe. Il s’agit surtout de s’assurer de l’avancée de certaines politiques publiques menées, et qui sont plus particulièrement chère aux yeux de notre patron. Le suivi de dossier est un des exercices les plus sportifs. Parce que, souvent, il s’agit de le courser dans les méandres de l’Administration, des partenaires institutionnels, des associations de citoyens « en colère »… A la longue, on comprend les mécanismes, et on dispose des « personnes-ressources » qui répondront à nos coups de fils. Obtenir l’information – si possible avant tout le monde, voilà la tâche principale du collaborateur rompu à l’art de ses fonctions.

Enfin, de temps à autres, si on a de la chance, l’élu a des responsabilités à Paris, même sans être parlementaire. Lorsque j’ai l’occasion de m’y rendre – véritables évènements que je m’efforcerais toujours de provoquer – j’ai parfois le sentiment d’être le page d’un baron provincial venu là pour une sous-commission des Etats généraux. Les auditions au Palais Bourbon ou au siège d’une formation politique me renvoient parfois à cette condition. J’ai souvent l’impression que nos entretiens sont sympathiques, mais pas déterminants pour ceux qui nous écoutent. Toujours heureux du dépaysement, jamais vraiment sûr de l’intérêt professionnel de mon séjour, je rentre en province, et entame la 2e partie des 8 heures de train que je me farcirai dans la journée pour rejoindre les confins des frontières de l’Est. Pour le collaborateur que je suis, Paris est un souffle d’air chaud qui étouffe si on s’y attarde.
En dernier lieu, je découvrirai – plus tardivement cependant - les missions de conseil politique : l’analyse politique, qu’elle se fonde sur les revues de presse, l’analyse électorale ou les discussions avec les « visiteurs du soir », constitue sans doute la partie la plus recherchée des missions des collaborateurs d’élus. Associés à cette démarche d’analyse, on met ensuite sa patte sur les plans de communication de l’élu et de la communication institutionnelle, on participe à la définition de stratégies politiques quand l’élu s’engage dans une poursuite de carrière... Le conseil politique est une mission qui requiert l’habileté du joueur de billard et les capacités d’anticipation d’un joueur d’échec…

Au cours de ces années, j’ai donc réussi à appréhender un véritable « métier », assez hybride bien entendu, et que j’ai appris à aimer. J’ai découvert des pratiques et des univers inconnus au départ, et il faut bien le dire, insoupçonnés pour bon nombre de mes contemporains. « Le meilleur soldat n’est pas tant celui qui se bat que celui qui marche », aurait dit Napoléon, je crois que cela vaut aussi pour les soldats qui « marchent à l’ombre ». A la suite des élus, on passe beaucoup plus de temps à marcher – ou à courir – qu’au combat.

Cachez ce collaborateur que je ne saurais voir

J’ose paraphraser Tartuffe, tant j’ai le sentiment, partagé avec les collègues, que nous devons nourrir parfois nos élus au sein, mais que l’élu est soucieux de dissimuler ce sein dont il se nourrit.
De fait, en bons travailleurs de l’ombre, les collaborateurs d’élus y sont parfois confinés contre leur gré. Il est évident, tout d’abord, que les collaborateurs ont mauvaise presse : sans avoir ni statut, ni rang, nous sommes toujours là, à côté de notre élu, en réalité souvent plus proches de lui que les autres élus de sa majorité, ou que les fonctionnaires qui mettent en place les politiques publiques.
J’ai d’ailleurs compris assez rapidement, dès les débuts de ma carrière de collaborateur d’élu, que j’exerçais un métier ô combien agaçant pour le plus grand nombre des personnes avec qui j’aurais à traiter.
En y réfléchissant, je me dis que nous sommes pour une part les « enfants illégitimes » de la démocratie représentative locale. Car si la démocratie représentative implique que les citoyens délèguent leur pouvoir à des représentants, il n’est pas inscrit dans le contrat « social », que les représentants s’attachent les services de collaborateurs pour les aider.

C’est sans doute pour cette raison que l’exercice de l’activité de collaborateur peut paraître parfois comme un jeu d’équilibriste perpétuel. En effet, il s’agit pour nous d’être au « service » d’un élu, tout en évitant que trop de personnes se rendent compte de notre existence. Il y a là un double enjeu. Les oppositions, quelles qu’elles soient, ont toujours beau jeu d’expliquer qu’un cabinet trop pléthorique (les effectifs sont pourtant strictement plafonnés) constitue un gâchis d’argent public. D’autre part, les élus eux-mêmes n’apprécient guère que leurs collaborateurs soient trop exposés aux feux de la rampe. Le travail des collaborateurs doit uniquement permettre de mettre en valeur ou, disons-le clairement, de faire le travail de l’élu.
De cette manière, nous constituons le plus souvent une sorte de « tabou », un service qu’on ne doit pas voir ni même apercevoir.

L’absence de statut des collaborateurs d’élus constitue sans doute un des principaux instruments de cette logique. Sans véritable protection sociale – quoiqu’à relativiser dans les collectivités – sans véritable reconnaissance dans l’organigramme de l’institution, sans véritables fiches de poste, mais avec la possibilité, à tout moment d’être remercié, du jour au lendemain, les collaborateurs d’élus, et de cabinet en particulier, forment ce que notre pays compte de salariés les plus précaires. Au plus proche des élus qui incarnent et font vivre l’Etat-providence et l’Etat de droit, nous sommes donc paradoxalement restés dans l’antichambre du progrès social, au stade fœtal du droit du travail.

Il y aurait là comme une parabole du « Chat de Schrödinger » initialement appliquée à la physique quantique… Les collaborateurs sont à la fois présents et absents. Présents dans les réunions, dans les conseils municipaux, dans les visites de terrain, dans leurs bureaux… et absents des statuts de la fonction publique, de l’organigramme des institutions, absents des procédures administratives internes, absents des plans de tables de réunion… Il y a là un manque de considération et de reconnaissance de l’élu envers son sherpa, qui vu de l’extérieur, peut paraître bien futile quand on connaît cette gratification suprême d’être le compagnon de route de l’élu. Mais cette gratification symbolique – volatile au demeurant – ne suffit cependant pas toujours.

L’exemple typique de la fin de contrat a le mérite d’illustrer la fragilité et la dureté du job. Ainsi, l’élu peut vous « débarquer » quand il le souhaite. Généralement, il est légèrement inhibé par le fait que vous savez tout sur ses choix, ses orientations et sa part d’ombre : il prendra alors le soin de vous « virer » en douceur. Cette inhibition peut cependant, dans certains cas, s’avérer toute relative. Car il n’y a pas de règles, dans tous les sens du terme. Certains élus sont connus pour assurer une gestion chaotique de leurs ressources humaines, d’autres au contraire, plus sensibles à la morale, ont leur l’idée de « service rendu » et s’assurent d’accompagner le collaborateur en fin de mission vers un « point de chute » satisfaisant.
La gestion des ressources humaines en politique semble de ce point de vue toucher à la quintessence du libéralisme économique : il y a « l’esprit PME », entreprise familiale et patron paternaliste, et puis, de l’autre côté, il y a les « grands groupes » où les collaborateurs doivent faire la preuve de leur rentabilité, au risque d’être remerciés purement et simplement.

De fait, la relation aux élus est particulièrement ambivalente. Un travail de collaboration réussi avec un élu est d’abord marqué par une empathie avec celui-ci. J’ai toujours en tête l’exemple d’un de mes collègues, qui a d’ailleurs réussi à percer, qui en était à un tel stade d’empathie qu’il semblait la copie conforme de l’élu, ajoutant au dévouement sincère un mimétisme perturbant. Par la proximité du collaborateur avec son employeur, le premier devient le confident, le gardien des secrets et des tourments du second. La relation est presque charnelle, empreinte de dévouement et de don de soi.

Toutefois, être le collaborateur d’un maire ou d’un président d’exécutif, c’est être aussi le collaborateur du chef d’une majorité. S’entendre avec son employeur est une chose, s’entendre avec les membres de sa majorité est une autre exigence. Avec les autres élus, la situation est parfois plus complexe. Il y a, grosso modo, trois types d’élus dans une majorité : ceux qui ne savent pas vraiment que vous existez ; ceux qui vous considèrent comme membre d’une même équipe (souvent parce que des liens ont pu aussi être tissés d’un point de vue militant) ; et puis, il y a ceux qui vous considèrent enfin comme des adversaires, voire des ennemis.

Quelques précisions sur cette dernière « espèce ». Il y a plusieurs raisons pour qu’un élu de la majorité vous déteste. D’abord, s’il n’est pas d’accord avec les décisions de votre élu, il aura, naturellement, tendance à vous assimiler tout entier aux orientations prises par votre patron (même si parfois, c’est très loin d’être le cas). Ensuite, il y a ceux que votre proximité avec le patron gêne clairement, parce que leurs choix ou leurs idées pourraient être mis sous cloche par votre intervention auprès de l’élu. Il y a ceux, enfin, qui vous considèrent comme un concurrent en puissance, faisant d’eux-mêmes l’amalgame entre le statut de l’élu et le statut du collaborateur de cabinet. Trop d’élus considèrent en effet le métier de collaborateur d’élu comme un tremplin vers un poste d’élu. Si cela peut être le cas, j’ai davantage rencontré, au cours de ma vie de collaborateur, des collègues plutôt rétifs que convaincus à l’idée de devenir élus eux-mêmes.

Cette situation vis-à-vis des élus est assez similaire à celle qu’il est parfois possible de connaître avec l’Administration. Le cabinet est un service « à part » de la collectivité. Si on souhaite théoriser un peu, on pourrait dire qu’il s’agit du service « politique », quand la direction générale anime les services des « politiques publiques ». Cependant entre « action politique » et « politiques publiques » la frontière est parfois mince. Et les querelles de frontières peuvent être nombreuses. L’originalité du cabinet, pour les agents publics qui n’en sont pas, tient spécifiquement dans sa proximité avec le pouvoir, source de bien des fantasmes et de clichés qui ont la peau dure. Aussi, j’ai connu à plusieurs reprises ces moments un peu fâcheux où tout le monde se tait lorsqu’on rejoint le « coin fumeur ». Dans l’obscurité, les soldats de l’ombre fument seuls… A contrario, la révérence pleine de superlatifs dont d’autres se font les spécialistes est tout aussi difficile à accepter.

Enfin, dans l’espace du parti politique, les fantasmes ne sont pas moins nombreux, voire pire encore. Au cours d’une de mes expériences professionnelles, les militants du parti politique (enfin, certains) nous appelaient, mes collègues et moi, non pas par nos prénoms, ni par nos noms, ni par le terme « le cabinet », mais par un chiffre : « le 4e »… « Le 4e », c’était le nom de l’étage auquel le cabinet était installé au siège de la collectivité. J’ai toujours trouvé cela assez cocasse : le « 4e », un chiffre tout simplement.

Ça m’évoquait l’idée de la « 5e colonne », comme si nous étions une sorte d’intrus, tout en diffusant une seconde idée : celle qu’on n’existe pas en tant qu’individu. Chacune de nos individualités se ramassait en un chiffre, pas mieux qu’un objet, qu’une voiture… Par l’utilisation du chiffre, on niait un peu notre existence d’être humain, une espèce de masse informe, tentaculaire, censée régir les destinées de l’humanité, déconnectée du terrain…
Il en résulte ainsi que, nous, collaborateurs d’élus, étions aussi, même dans une moindre mesure, exposés à la brutalité des échanges en milieu politique. Ramifications de l’élu, nous obtenons le droit d’être attaqués au même titre que lui, surtout lorsque « l’assaillant » se trouve un peu trop lâche pour s’opposer à notre patron frontalement. Cachés derrière la porte de l’armoire électrique, nous jouons un rôle de fusible. Un rôle qui n’est pas que « de composition ».

La tentation de la lumière

Evoquer la vie des collaborateurs d’élus sans parler de la vie politique, du militantisme, des idées politiques et de la tentation de devenir soi-même élu, serait faire l’impasse sur l’une des problématiques majeures de la profession. Oui, il y a des fois, où le matin, en se levant, et pas qu’en se rasant, on rêve de ne plus exécuter les ordres mais de les donner.
Aussi, puisque j’aborde ce dernier chapitre avant de conclure, je me propose de commencer celui-ci par la fin. La fin, c’est-à-dire, la fin de la carrière de collaborateur d’élu.
Il y a de ce que j’ai pu en observer trois manières de mettre fin à un parcours de collaborateur d’élu :

Arrivé en 2008 à mon 2e poste de collaborateur, carte du parti en poche, je dois attendre 2009, à la faveur de quelques changements dans l’organisation de notre formation politique, pour devenir, en parallèle de mes activités professionnelles, responsable départemental chargé de la formation des militants.
Ces premières approches avec le management du parti politique resteront un agréable souvenir. Je crée alors « l’université permanente », en organisant en quelques mois trois rendez-vous, l’un sur le logement, l’autre sur l’éducation et le troisième, enfin, sur les personnes âgées. Au niveau de la section locale, de la ville chef-lieu du département, je deviens l’un des animateurs les plus actifs, dirigeant un groupe de travail sur les questions sociales et sociétales, puis produisant quelques argumentaires sur les questions de jeunesse. Concentré sur mes projets, peu enclin à entrer dans les jeux de pouvoirs, faisant mienne l’idée que le travail paie toujours, j’avance lentement mais sûrement.

Ainsi, pendant deux ans, de 2009 à 2011, je m’emploie à donner à la fois du sens à mon engagement et, à trouver un moyen de dépasser les murs trop étroits de mon bureau. Et puis, par le hasard des circonstances, le patron de la section locale du parti déménage, et doit quitter ses fonctions. A ce moment-là, je me pose naturellement la question de lui succéder. Je lui en parle, je rassemble quelques militants autour de moi, surtout des jeunes, mais aussi ceux qui sont les plus impliqués. En dépit de mes 28 ans qui tranchent avec la moyenne d’âge, j’arrive finalement à m’imposer.
Je serai donc secrétaire de la section locale de juin 2011 jusqu’à la fin de l’année 2012, date de renouvellement général des instances du parti politique. Pendant un an et demi, toujours en parallèle de mes activités professionnelles, je m’engage alors pleinement en politique. Pour nombre de ceux qui m’ont accompagné ou observé à l’époque, il y avait comme une continuité, quelque chose de logique à travailler pour un élu, et devenir cadre du parti politique dont mon élu-employeur était « ressortissant ». La « fongibilité des trajectoires » n’allait pourtant pas de soi dans cette aventure singulière.

Au fil du temps, j’oublie progressivement mon « métier » pour faire passer avant toute chose mon engagement politique et il faut bien l’avouer, une ambition qui commence à naître et prendre forme. Mon patron est bienveillant à mon égard, avoir l’un des principaux responsables du parti dans son cabinet confère quelques avantages pour avancer ses billes sur le terrain de jeu politique.
Avec assez peu de moyens, je bâtis donc progressivement quelques outils militants, les effectifs s’accroissent… La campagne de l’élection présidentielle me donne rapidement la possibilité de démontrer ma capacité à gérer la section locale, à mobiliser et à m’engager au service de la « cause ».
Avec le recul, au cours de cette période d’un an et demi, j’ai surtout trouvé un lieu de dépassement de mes frustrations professionnelles. Je suis en effet confiné à un poste de collaborateur, sans espoirs d’élévation dans la hiérarchie du service. Le parti c’est autre chose. Je suis plus libre de mes mouvements. J’ai pu gérer une équipe d’une quarantaine de militants actifs, mettre en place de manière autonome une stratégie et des outils de communication politique…
…Jusqu’à l’épuisement total.

Au final, je me suis souvent retrouvé seul (ou du moins avec vraiment peu de personnes) pour ranger les salles d’après-meetings, envoyer les courriers aux militants – et ces longues heures du samedi matin lorsque, acharné, je mettais un point d’honneur à signer en main propre mes 200 courriers aux militants de la section, etc.

En définitive, j’ai compris surtout que la politique, en tant qu’élu ou militant, n’était pas un métier, et que pour s’y employer sereinement, il fallait d’abord se construire des bases solides, personnelles et professionnelles, loin du milieu politique. Sinon ? Le risque de tout mélanger sans doute, de confondre « amis » et « camarades », « rémunération », « indemnités » et « gratifications », puis « réunions de travail » et « soirée conviviales »…
La tête dans le guidon, j’ai fini par en avoir marre… J’avais surtout envie de changer de vie professionnelle, et le parti politique ne pouvait pas être une solution, ni pérenne en terme de carrière, ni, battons en brèche l’idée reçue, rémunératrice ! De devenir « élu moi-même », je me suis résolu à ce qu’il soit sans doute plus opportun de devenir d’abord « moi-même ». Ebloui par la nuit, le retour à l’option n°2 s’est alors imposé à moi comme une évidence : il fallait « faire autre chose ».

Stockholm et la possibilité d’une île

J’ai souvent pensé à « l’après collaborateur d’élu ». D’ailleurs, je pense que ces métiers sont passionnants et formateurs, mais particulièrement exposés aux phénomènes d’usure. Il fallait donc changer, c’était nécessaire. J’ai compris, ensuite, que j’étais un peu sous perfusion : perfusion de l’adrénaline du quotidien, perfusion des émotions procurées par les campagnes électorales, perfusion de la gratification symbolique de travailler pour un élu, d’accéder aux cercles et aux réseaux de pouvoir…

J’ai donc dû, à un moment, briser les chaînes. Si j’ai compris rapidement que j’étais victime d’une forme de syndrome de Stockholm, il m’a fallu beaucoup de temps pour imaginer un ailleurs, une île où sortir de l’ombre, où je pourrais enfin m’épanouir dans mon propre travail, mes propres projets, mes propres objectifs, et non à travers un élu ou une formation politique. Ce travail de désintoxication n’a pas été facile.
En accompagnant les élus au quotidien, en travaillant à la fois à la mise en œuvre des politiques publiques, à la relation avec les citoyens, à la construction du parcours politique de l’élu-employeur, en lui apportant les éléments de compréhension et un point de vue politique sur des décisions même d’apparence anodine, je crois que nous contribuons véritablement à rendre nos élus, les institutions publiques qu’ils incarnent et l’action publique qu’ils impulsent, plus efficaces.
En dépit des quelques déconvenues que l’on peut connaître, d’un statut boiteux et d’une considération en dents de scie, alors que nous sommes quelque fois assimilés à d’odieux produits d’un système institutionnel déviant, je crois profondément au rôle indispensable que nous jouons en tant que collaborateurs d’élus.
Si l’on veut que notre démocratie fonctionne, comme une belle machine, il faut des ingénieurs qui la fassent tourner, qui mettent de l’huile dans les rouages, qui jugulent les moments d’emballement. Ces ingénieurs, ce sont, en partie, les collaborateurs d’élus – et ils ne sont pas les seuls. En tout cas, c’est ce qui a guidé mon engagement, bien davantage que le parti pris politique : ce sentiment de participer au fonctionnement de cette merveilleuse machine, essentielle pour vivre collectivement, en société. C’est ce qui m’a plu dans mon métier.

Et puis, il faut encore dire qu’il y a ces instants fragiles, ces moments précieux, où tout à coup, ce que l’on fait se retrouve en accord complet avec nos idées et nos valeurs, où un intense sentiment du devoir accompli se fait jour. J’ai, une fois, eu cette expérience, qui a duré quelques heures, et m’a permis d’être au cœur d’une prise de décision de mon élu-employeur, qui allait changer définitivement la vie politique locale : un instant où la politique politicienne prend fin, et où l’élu choisit, à son détriment, de faire passer l’intérêt général. Nous étions trois ce jour-là dans le bureau de mon patron, conscients que ce que nous allions décider impliquerait beaucoup plus que nos simples petites existences.

Mais en définitive, j’ai eu envie d’exister pour moi-même, et donc d’arrêter. L’engagement au service de l’autre, fût-il un homme ou une femme politique, a quelque chose d’exigeant et même de beau, dans l’énergie qu’on y met, non pas à exister à travers, mais pour l’autre, et ce qu’il peut incarner. J’en ai tiré à plusieurs reprises une fierté et une satisfaction immense.

Voilà, j’ai quitté officiellement mes fonctions le vendredi 4 avril 2014, lorsqu’a débuté la séance d’installation du nouveau conseil municipal. Puisque la règle veut que notre contrat se termine à expiration du mandat de l’élu.
Avant cela, nous avons vécu d’étranges journées. Mon patron n’a pas été réélu. Ayant moi-même anticipé d’autres horizons, mes cartons étaient déjà faits, et mon esprit préparé à quitter les lieux.
Je ne soupçonnais pas, cependant, il y a encore quelques semaines en prenant ma décision, que je n’allais pas être le seul à quitter l’Hôtel de Ville après l’élection. Je n’avais encore jamais vécu ce moment de flottement, où un cabinet se vide, lentement, avant que d’autres arrivent pour le faire vivre : d’autres collaborateurs, d’autres élus, d’autres idées et d’autres histoires…
Sept années ont passé. J’ai maintenant envie de découvrir la « possibilité d’une île », loin de l’antichambre du pouvoir, des petits papiers et des « coups politiques ». A la manière d’un footballeur professionnel qui raccroche les crampons, sans quitter le « milieu » en devenant entraîneur, préparateur physique ou recruteur, pour continuer à vivre sa passion, je crois avoir trouvé (l’avenir le dira) ma manière de quitter la pelouse sans tout à fait quitter l’enceinte du stade.
Avant cela, quelques jours de repos s’imposent, et vous le croirez ou non, mais j’ai prévu de prendre quelques jours de vacances… À Stockholm.

Je profite de ce récit pour saluer mes comparses, assistant(e)s, collaborateurs, chefs et directeurs de cabinet des exécutifs territoriaux, collaborateurs parlementaires au Sénat, à l’Assemblée nationale et en circonscriptions, collaborateurs et secrétaires généraux de groupes politiques au Parlement et dans les collectivités, collaborateurs des parlementaires européens et collaborateurs, chefs et directeurs de cabinets ministériels, qui bien qu’assumant des missions différentes, ont en partage l’exercice de métiers qui, au-delà du service des idées et des personnalités, constituent à mon sens un rouage essentiel de la vitalité de notre démocratie.